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Génie aérospatial Recherche et innovation L’aéronautique et l’aérospatiale Les matériaux innovants et la fabrication avancée

Quand la nature inspire le génie…

Une fleur de lotus rose épanouie repose tranquillement sur un étang, entourée de feuilles verdoyantes, créant une scène sereine.

Que vient faire une feuille de lotus en ingénierie aérospatiale? « Pour moi, la nature est une source d’inspiration inépuisable », affirme Gelareh Momen, professeure en génie aérospatial de l’ÉTS. Elle évoque la feuille de lotus qui reste sèche, même sous une pluie torrentielle, la plante carnivore capable de piéger ses proies grâce à sa surface micro/nano huileuse ou encore la peau du requin, dont les microstructures réduisent la traînée. Si le génie ne peut surpasser la nature, il peut l’imiter.    

Experte en ingénierie de surface, la chercheuse adopte une approche biomimétique pour développer des matériaux antigivre, anticorrosion ou autoréparants, qui peuvent être utilisés, notamment dans l’industrie aérospatiale et énergétique. 

De la chimie à l’aviation

Originaire de Hamadan, l’une des plus anciennes cités iraniennes, la jeune Gelareh Momen suit un chemin tracé par ses parents, tous deux professeurs d’université. Elle choisit le génie chimique parce qu’elle y voit une grande possibilité d’innover. Gelareh obtient son baccalauréat en génie chimique à l’Université de technologie de Sharif à Téhéran en 1999, puis sa maîtrise en génie chimique à l’Université polytechnique de Téhéran en 2003. Elle poursuit ensuite un doctorat en génie des procédés à l’Université de Paris XIII, qu’elle termine en 2006.

Gelareh Momen désirait s’établir avec sa famille dans un pays francophone où son expertise pouvait être reconnue. Elle opte pour le Québec. Elle effectue son stage postdoctoral à l’Université de Chicoutimi (UQAC) et y accepte un poste de professeure-chercheuse durant quatre ans. Après une incursion chez Bombardier aéronautique de quelques années, elle réintègre le corps professoral de l’UQAC en 2016 et y fonde le Laboratoire des revêtements glaciophobes et d’ingénierie des surfaces (LaRGIS). De 2020 à 2025, elle est directrice scientifique du Laboratoire international des matériaux antigivre (LIMA) et met à profit son savoir-faire dans le cadre de partenariats industriels dans divers secteurs.

En 2023, elle est nommée titulaire de la Chaire institutionnelle sur les matériaux antigivre innovants (CIMAGI).

Dans un pays où les conditions hivernales, aggravées par le changement climatique, accélèrent la détérioration des infrastructures et des équipements, les avancées en matière de revêtements intelligents sont accueillies avec soulagement.

Collaboration avec de grandes entreprises québécoises

Bombardier, Pratt & Whitney, Bell, Hydro-Québec, Aéroport de Montréal et plusieurs autres entreprises manifestent un vif intérêt pour les recherches de Gelareh Momen. Le ministère de la Défense a récemment fait appel aux compétences de la chercheuse pour accélérer le dégivrage des hélicoptères déployés en urgence dans des zones éloignées. « Le revêtement photothermique que j’ai créé emmagasine de l’énergie et de la chaleur durant la journée, ce qui facilite le dégivrage des appareils », précise Mme Momen.

Femme confiante en veste blanche, les bras croisés, se tenant dans un environnement moderne et lumineux. Énergie positive et détermination.
Gelareh Momen, professeure à l’ÉTS

En 2024, elle remporte le prestigieux prix international Massoud Farzaneh pour ses réalisations remarquables en ingénierie des réseaux électriques aériens. Cette distinction met en évidence sa contribution dans un domaine où les femmes ont historiquement été sous-représentées. Elle fait maintenant partie des 2 % des scientifiques universitaires les plus cités dans le monde.

Recherche et enseignement, les inséparables

La professeure Momen a créé plusieurs cours à l’Université du Québec à Chicoutimi, dont celui en ingénierie nordique, ce qui lui a permis d’intégrer ses travaux de recherche. Plus d’une cinquantaine d’étudiants et étudiants au postdoctorat, au doctorat et à la maîtrise ont bénéficié de son encadrement.

En mai 2025, Gelareh Momen accepte un poste de professeure au Département de génie aérospatial de l’ÉTS. Ce nouveau département a accueilli sa première cohorte d’étudiantes et étudiants en septembre. Voilà le genre de défi qui plaît à Gelareh. 

Observer, constater, innover

Depuis quelques années, la scientifique consacre ses recherches aux matériaux autoréparants, tentant de reproduire le processus de cicatrisation biologique. « On incorpore des microcapsules dans le revêtement qui libèrent des agents réparateurs lorsqu’une fissure apparaît sur une surface polymérique », explique Mme Momen.

« Tout dans la nature peut devenir matière à enseignement, et moi, je suis une excellente élève », conclut Gelareh Momen.