Professeur en génie aérospatial à l’ÉTS, Flavio Noca se spécialise en mécanique des fluides et en aéronautique. Il est titulaire ou cotitulaire de plusieurs brevets, inventeur d’une technologie ayant contribué à l’élaboration d’Ingenuity, le premier hélicoptère sur Mars, et cofondateur de WindShape, une entreprise pionnière dans la fabrication de souffleries modulaires.
Nouveau Département de génie aérospatial de l’ÉTS
En septembre 2025, tout juste débarqué de Suisse, Flavio Noca se joint au corps enseignant du nouveau Département de génie aérospatial de l’ÉTS. Ce programme vise à former des ingénieurs et ingénieures capables de concevoir des véhicules aérospatiaux et de coordonner l’assemblage final d’avions, de moteurs ou d’engins spatiaux. « À l'ÉTS, j'ai retrouvé le milieu que j'appréciais en Suisse : des gens qui peuvent jongler avec l’outil pratique et l’outil théorique », déclare le professeur Noca.
Enfance nomade aux couleurs africaines
Originaire d’Italie mais né en Afrique du Sud, Flavio Noca passe une bonne partie de son enfance en République démocratique du Congo. L’année où Flavio atteint ses quatre ans, les astronautes américains font leurs premiers pas sur la Lune et Boeing lance son 747. Ces exploits impressionnent le jeune Flavio, qui commence alors à dessiner des avions et des fusées. Cette fascination ne l’a jamais quitté. À 18 ans, détenteur de son diplôme de fin d’études du lycée français René Descartes de Kinshasa, il s’envole vers la Californie, berceau des fusées et des avions.
Flavio s’inscrit à Caltech (California Institute of Technology) à Pasadena, où tant de lauréats de prix Nobel ont laissé leur empreinte. Il décroche un baccalauréat en ingénierie et en sciences appliquées en 1988. Il obtient ensuite une maîtrise en génie aéronautique en 1989, avant de terminer un doctorat dans la même discipline et à la même université en 1997.
Après son parcours universitaire, Flavio Noca se rapproche de son rêve d’enfant : il entre à la NASA comme ingénieur et y reste durant sept années. En 2005, des raisons familiales le conduisent en Suisse. Flavio accepte un poste d’enseignant-chercheur au Laboratoire de mécanique des fluides à l’École polytechnique fédérale de Lausanne, puis de professeur agrégé en mécanique des fluides et en aérodynamique à la HES-SO Genève, où il dirigera le Centre Hydro et Aéro pendant près de vingt ans.
La soufflerie unique au monde
Depuis quelque temps déjà, l’ingénieur cherche à développer des véhicules autonomes capables de voler juste au-dessus de la surface de l’eau. « Plusieurs fleuves en Afrique ne sont pas navigables à cause de bancs de sable, de cataractes, ou d’autres obstacles naturels, ce qui isole les populations », raconte Flavio Noca. Ces autoroutes bleues pourraient être utilisées pour le transport de marchandises, de médicaments, ou même de personnes. Le hic, c’est que plus un véhicule est petit, plus il est soumis aux intempéries, surtout à basse altitude.
C’est en observant des goélands planer au-dessus des vagues, malgré un vent turbulent, que Flavio a l’idée de créer une soufflerie pour tester des engins volants. Mais pas n’importe laquelle, une soufflerie « pixelisée » qui serait munie de 1300 ventilateurs miniatures empilés et juxtaposés en forme d’alvéoles d’une ruche. Depuis 2017, cette structure, dont le premier exemplaire a été construit à Caltech, peut simuler une variété de phénomènes météorologiques susceptibles d’affecter les drones, et ainsi produire des conditions de vol réalistes pour tester leurs capacités.
L’ÉTS, un incubateur fertile
Pourquoi enseigner alors que Flavio Noca pourrait se consacrer à la recherche? Le professeur Noca a profondément été marqué par l’humanité de ses professeurs et par la longévité de leur carrière. Voulant suivre leurs traces, il a accepté avec enthousiasme de participer à la formation de la première cohorte en génie aérospatial de l’ÉTS.
Ce qui n’empêche pas le chercheur de poursuivre ses travaux sur les souffleries pixelisées afin de rendre les véhicules aériens plus sécuritaires. « Nous avons l’outil, nous avons l’inventeur et, maintenant, des étudiantes et étudiants prêts à se joindre à ce périple audacieux », résume Flavio Noca. Le goéland continue d’inspirer le petit garçon.