L’événement Des quanta aux qualia du 19 mars dernier a offert un éclairage conceptuel sur les fondements de la mécanique quantique, sur les notions d’agentivité et d’expérience, ainsi que sur l’importance de la recherche fondamentale pour l’avancement de la science et de la société. Animé par Charles Alexandre Bédard, le panel réunissait plusieurs experts, dont Gilles Brassard, récemment récipiendaire du prix Turing, la plus haute distinction mondiale en informatique.
Le niveau d’attention du public était particulièrement frappant : aucun téléphone, aucun ordinateur, aucun murmure. Pendant des heures, l’audience est demeurée pleinement engagée.
Parmi les moments marquants, Jacob Biamonte, directeur de l’Institut en sciences et en génie quantique et professeur à l’ÉTS, a proposé une lecture nuancée du célèbre paradoxe du chat de Schrödinger, qu’il a qualifié de « grand mensonge ». Selon lui, l’enjeu n’est pas de déclarer le chat à la fois mort et vivant, mais de formuler une question dont la structure impose cette inférence conjointe, sans quoi un « démon » classique pourrait toujours expliquer le résultat.
Cette intervention a suscité une réponse de Gilles Brassard, qui a insisté sur la nécessité de pousser jusqu’au bout la logique du scénario du chat Schrödinger : lorsque M. Schrödinger ouvre la boîte, sa fonction d’onde s’intrique avec celle du chat et celle des systèmes environnants. Il se retrouve alors lui aussi en superposition : un Schrödinger se réjouit de voir son chat vivant, tandis qu’un autre s’attriste de sa mort. Le paradoxe se dissipe dès lors qu’on remarque qu’aucun Schrödinger n’observe un chat à la fois mort et vivant.
En somme, la discussion a montré à quel point les questions fondamentales en science demeurent essentielles au progrès des connaissances. Comme l’a rappelé Gilles Brassard, la recherche guidée par la curiosité reste l’un des plus puissants moteurs du progrès.