Emma Alix et Solenn Ollivier, toutes deux étudiantes à l'ÉTS, ont été honorées au 93e Congrès de l'ACFAS lors de la remise des prix Relève et du Concours de vulgarisation de la recherche. Ces distinctions témoignent de l'excellence et de l'engagement de la relève scientifique, ainsi que de sa capacité à s'attaquer à des enjeux sociaux d'envergure.
Emma Alix : placer l'humain au cœur de la démarche d'ingénierie
Lauréate du prix Relève — Sciences naturelles, mathématiques et génie décerné par l'ACFAS, Emma Alix a forgé sa vision à la croisée de la conception centrée sur l'humain et de l'ingénierie. Dès ses études en France, elle comprend que la maîtrise technique ne peut être dissociée du respect des personnes qui produisent et utilisent les fruits de l'innovation. Un passage dans des ateliers de fabrication aéronautique viendra marquer durablement sa trajectoire : en observant des artisans accomplir des tâches complexes dans des conditions exigeantes, elle transforme profondément sa vision du métier d'ingénieure.
Aujourd'hui étudiante à la maîtrise en génie mécanique à l'ÉTS, elle mène ses recherches au sein d'une équipe pluridisciplinaire. Ses travaux portent sur l'optimisation du démontage des batteries lithium-ion issues de véhicules électriques, un secteur en pleine croissance où les risques ergonomiques et sanitaires pour les travailleurs restent encore mal documentés.
Animée par la volonté de conjuguer efficacité industrielle et bien-être humain, elle s'engage dans la conception d'une filière de démantèlement alliant rentabilité, sécurité et considération pour les individus. Son objectif : que ses recherches incitent l'industrie à adopter des pratiques alignées sur les principes de l'économie circulaire et de l'industrie 5.0.
Solenn Ollivier : choisir entre protection auditive et prothèse
Solenn Ollivier a quant à elle remporté un prix du Concours de vulgarisation de la recherche pour sa vidéo intitulée « Quand protéger ses oreilles devient un défi ».
Elle y aborde un dilemme auquel font face environ 13 % des Canadiens et Canadiennes qui travaillent dans le bruit : choisir entre protection auditive et prothèse. Les protections, conçues pour prévenir la perte d'audition, atténuent parfois des sons essentiels. Les prothèses, elles, n'ont pas été pensées pour les environnements bruyants et pourraient même aggraver la situation. La solution se trouve peut-être entre les deux : une prothèse « protégeante », surnommée ProPro.
Ingénieure de formation et titulaire d'une maîtrise en génie biomédical, Solenn Ollivier poursuit actuellement un doctorat à l'ÉTS au sein de la Chaire de recherche industrielle en technologies intra-auriculaires. Ses recherches visent à développer une protection auditive adaptée aux travailleurs évoluant en milieux bruyants. Passionnée par la capacité des sciences à améliorer le bien-être des communautés, elle s'investit également dans la diffusion du savoir scientifique, cherchant à rendre ses travaux accessibles et compréhensibles pour le plus grand nombre.