La procrastination est une réalité bien connue du milieu universitaire. Entre tes travaux de session, tes examens, ta conciliation études-travail et tes responsabilités personnelles, il peut être tentant de repousser certaines tâches à plus tard. Bien qu'il s'agisse d'un comportement fréquent, la procrastination peut entraîner des conséquences importantes sur ta réussite académique, ta santé psychologique et ta qualité de vie.
La procrastination correspond au fait de reporter volontairement une tâche malgré la conscience des conséquences négatives possibles. Pour mieux la comprendre, il est utile de te demander : pourquoi est-ce que je repousse cette tâche à plus tard?
Les causes sont nombreuses :
- Le travail suscite de l'anxiété ou un sentiment d'incompétence.
- La tâche semble complexe ou difficile à réaliser.
- La tâche paraît peu stimulante comparativement à d'autres activités plus agréables.
- La fatigue ou la surcharge réduisent ta motivation et ta concentration.
- L'échéance semble suffisamment éloignée pour justifier un report.
À court terme, remettre une tâche procure souvent un soulagement temporaire. Toutefois, cette stratégie entraîne fréquemment davantage de stress à mesure que l'échéance approche. À long terme, la procrastination peut nuire à tes résultats scolaires, augmenter ta charge mentale, affecter ton sommeil et diminuer ton sentiment d'efficacité personnelle ainsi que ton estime de toi.
Passer à l'action : une étape essentielle
Une fois les raisons de ta procrastination identifiées, l'objectif est de mettre en place une stratégie concrète. Voici quelques exemples.
Si la tâche génère de l'anxiété ou une peur de l'échec
- Consulte ta professeure ou ton professeur, ou encore ta chargée de cours ou ton chargé de cours.
- Organise et/ou participe à un groupe d'étude ou étudie avec des ami(e)s.
- Utilise le service de tutorat par les pairs Nimbus.
- Utilise les services de soutien à l'apprentissage offerts par l'université.
- Divise le travail en étapes plus petites et plus faciles à réaliser dans de courts délais.
Si la tâche te semble ennuyante ou difficile à amorcer
- Commence par seulement 10 à 15 minutes de travail.
- Alterne les tâches exigeantes avec d'autres plus stimulantes.
- Fixe-toi un objectif précis et réaliste pour chaque séance d'étude.
- Prévois une récompense après l'accomplissement de l'objectif.
Reconnaître les causes de ta procrastination est important, mais le changement repose avant tout sur les actions que tu poses au quotidien.
Deux leviers pour réduire la procrastination
Développer ta tolérance à l'inconfort
Les études universitaires exigent parfois de réaliser des tâches complexes, longues ou exigeantes. Il est donc normal de ressentir occasionnellement de l'incertitude, de la frustration ou de l'ennui.
Développer ta tolérance à l'inconfort consiste à accepter qu'une tâche puisse être désagréable tout en décidant de l'accomplir quand même. L'objectif n'est pas d'éliminer l'inconfort, mais d'apprendre à agir malgré lui.
Par exemple, au lieu de penser : « Ce travail est trop difficile », essaie de reformuler ta pensée ainsi : « Ce travail est exigeant, mais je suis en mesure de l'accomplir. »
Avec la pratique, cette capacité renforce ta confiance en toi, ta persévérance et ton autodiscipline.
Résister aux gratifications immédiates
Les distractions sont omniprésentes dans l'environnement universitaire : réseaux sociaux, plateformes de diffusion en continu, jeux vidéo, notifications ou activités sociales. Ces sources de gratification immédiate procurent un plaisir rapide, mais peuvent te détourner de priorités plus importantes.
Avant de céder à une distraction, pose-toi les questions suivantes :
- Ce choix me rapproche-t-il ou m'éloigne-t-il de mes objectifs?
- Comment vais-je me sentir lorsque cette activité sera terminée?
- La satisfaction immédiate vaut-elle les conséquences possibles sur mon travail ou mes études?
Voici quelques stratégies efficaces :
- Applique la règle des dix minutes avant de céder à une tentation.
- Utilise un décompte (3-2-1 GO! ou 10-9-8-7…) pour amorcer rapidement une tâche.
- Réserve tes activités de loisir après une période de travail productive.
- Désactive les notifications ou éloigne ton téléphone pendant tes périodes d'étude.
- Garde en tête tes objectifs à long terme, qu'il s'agisse d'obtenir ton diplôme, d'accéder à un programme d'études supérieures ou d'intégrer le marché du travail dans ton domaine. Tu peux les écrire et les mettre en évidence à l'endroit de ton choix afin de les voir régulièrement (sur ton mur de chambre, dans ton agenda, sur ton frigo, etc.)
Cette capacité d'autocontrôle se développe graduellement grâce à des habitudes favorisant la concentration, comme l'activité physique, la méditation, les techniques de respiration ou l'adoption de routines d'étude structurées.
Sache aussi que de développer ces aptitudes te sera d'autant plus utile sur le marché du travail, où les tâches à accomplir ne seront pas toujours faciles ou particulièrement motivantes non plus!
Enfin, pratique la bienveillance envers toi-même! La procrastination est humaine; plus tu feras preuve d’autocompassion et que tu te pardonneras d’avoir procrastiné, plus tu pourras t’aider à briser le cycle de ta procrastination et tu contribueras à augmenter ton autodétermination à accomplir efficacement les choses.
À retenir
À l'université, la motivation n'est pas toujours présente au moment où tu dois commencer une tâche. Attendre de te sentir prêt ou inspiré risque souvent de prolonger la procrastination. Dans bien des cas, la motivation apparaît après avoir commencé. En posant de petites actions concrètes malgré l'inconfort, tu développeras progressivement ta confiance, ton autodiscipline et ta capacité à mener tes projets universitaires à terme.
Services à la vie étudiante - Équipe du soutien à l'apprentissage
E-3040 | soutien.apprentissage@etsmtl.ca
Références :
- Escudier, F., & Debas, K. (2020). Savoir apprendre pour réussir : les meilleures stratégies d'étude validées par la science. Pearson ERPI. [1]
- Steel, P. (2007). The nature of procrastination: A meta-analytic and theoretical review of quintessential self-regulatory failure. Psychological Bulletin, 133(1), 65–94.
Lien internet :
- Formation interactive (université Laval) : La procrastination: cessez de remettre à plus tard
- Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=arj7oStGLkU