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Consultations prébudgétaires 2026 : les recommandations de l’ÉTS

L’École de technologie supérieure (ÉTS) a présenté un mémoire à Finances Canada dans le cadre des consultations prébudgétaires de 2026. Elle y formule cinq recommandations visant à mieux soutenir le passage des technologies développées au Canada de l’essai, de la validation et de la démonstration jusqu’à la commercialisation, à la mise à l’échelle et au déploiement opérationnel. L’ÉTS propose notamment d’assurer une meilleure continuité entre les infrastructures et capacités d’essai, de validation et de démonstration, les mécanismes de financement et le premier achat public.

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Recommandation 1 : Créer une continuité nationale entre l’essai, la validation, la démonstration et le premier achat public

Que le gouvernement du Canada établisse une continuité nationale entre les infrastructures et capacités d’essai, de validation et de démonstration en conditions réelles et les mécanismes de premier achat public, afin de permettre à l’État d’agir davantage comme premier client des technologies développées au Canada et d’accélérer leur adoption, leur commercialisation, leur mise à l’échelle et leur déploiement opérationnel.

Le Canada ne souffre pas d’un manque d’innovation, mais d’un déficit de conversion vers le marché. Malgré des investissements importants en recherche et en développement technologique, une rupture persiste entre le moment où une technologie est suffisamment mature pour être testée, validée et démontrée en conditions réelles et celui où elle accède à un premier marché. Même lorsqu’une innovation a démontré sa performance, l’absence de référence commerciale et de premier client peut retarder son adoption et sa commercialisation.

Cette rupture tient notamment au risque associé à l’adoption d’une technologie sans référence commerciale. Les acheteurs peuvent hésiter à adopter une solution qui n’a pas encore été utilisée, alors que l’entreprise a précisément besoin d’un premier acheteur pour établir cette référence. Les approches de validation peuvent en outre être fragmentées et leurs résultats ne sont pas toujours facilement comparables ou directement utilisables dans une décision d’achat. Une implication plus précoce des utilisateurs finaux et des acheteurs publics permettrait de mieux définir les besoins opérationnels et les critères de performance et de réduire le risque associé à l’adoption.

Le Canada possède déjà une partie importante des capacités nécessaires pour réduire cette rupture. Les universités, les centres de recherche et leurs partenaires industriels disposent d’infrastructures, d’équipements spécialisés et d’expertises permettant de tester, d’adapter et de démontrer des technologies dans des environnements représentatifs de leurs conditions d’utilisation. Ces capacités sont particulièrement importantes pour les PME. L’ÉTS et ses partenaires industriels disposent ainsi d’infrastructures utilisées par des PME pour tester, adapter et mettre à l’essai des technologies en contexte opérationnel.

Dans un contexte où le Canada cherche à renforcer sa productivité et à accroître l’adoption des technologies développées au pays, l’approvisionnement fédéral constitue un levier mobilisable pour mieux convertir les capacités technologiques existantes en premiers marchés. Le gouvernement fédéral est particulièrement bien placé pour créer cette continuité en arrimant davantage ses mécanismes d’approvisionnement aux capacités existantes d’essai, de validation et de démonstration et en permettant aux technologies ayant démontré leur performance d’accéder à des occasions de premier achat public. Il ne s’agit pas de garantir un débouché à toute technologie validée, mais de faire de la démonstration réussie une étape reconnue vers une décision d’achat lorsque la solution répond à un besoin public et aux exigences établies. Cette approche peut reposer sur une meilleure coordination des mécanismes existants plutôt que sur la création systématique de nouveaux programmes.

Les universités et les centres de recherche peuvent contribuer à ce continuum en produisant des preuves de performance crédibles et en préparant les technologies à leur utilisation en contexte opérationnel. Le gouvernement peut ainsi mieux mobiliser des actifs scientifiques et technologiques qu’il contribue déjà à financer.

Le premier achat public produit des effets qui dépassent la valeur du contrat initial. Il fournit une référence commerciale, démontre la solution en contexte opérationnel et réduit l’incertitude pour les acheteurs et investisseurs subséquents. En utilisant davantage son pouvoir d’achat comme instrument d’innovation, l’État peut convertir plus efficacement ses investissements en recherche, en infrastructures et en développement technologique en adoption, commercialisation, croissance des entreprises et gains de productivité.

À défaut d’un meilleur arrimage, le Canada risque de continuer à financer la recherche, le développement technologique et la validation sans en capter pleinement les retombées. Des technologies prometteuses pourront demeurer sans premier marché, des entreprises canadiennes être privées d’une référence déterminante et des infrastructures financées publiquement rester sous-utilisées comme leviers d’adoption et de commercialisation.

Recommandation 2 : Adapter les mécanismes de financement aux phases critiques de maturation technologique et de commercialisation

Que le gouvernement du Canada adapte et maximise l’arrimage des mécanismes de financement et de partage du risque afin de soutenir les phases critiques de maturation technologique — notamment le prototypage, les essais, la validation, la démonstration, le dérisquage et les projets pilotes — au moyen de mécanismes plus rapides, plus agiles et mieux adaptés au continuum d’innovation, afin d’accélérer le passage de la recherche à la commercialisation et à la mise à l’échelle.

Le Canada investit considérablement dans la recherche et l’innovation, mais la transformation de ces investissements en technologies commercialisées et mises à l’échelle dépend des étapes qui suivent la recherche initiale. Le prototypage, les essais, la validation, la démonstration et les projets pilotes permettent d’améliorer une technologie, d’en démontrer la performance et de réduire les risques qui freinent sa commercialisation.

Ces phases sont particulièrement difficiles à financer. Les besoins en ressources augmentent à mesure que les technologies doivent être éprouvées dans des environnements plus complexes et représentatifs, alors que les revenus commerciaux demeurent faibles ou inexistants et que le risque reste trop élevé pour être assumé entièrement par les entreprises ou les investisseurs privés. Des technologies prometteuses peuvent ainsi atteindre un certain niveau de maturité sans disposer des ressources nécessaires pour progresser vers le marché.

Cette difficulté est accentuée lorsque les programmes sont cloisonnés entre les différentes phases du continuum ou que leurs paramètres, échéanciers et processus décisionnels correspondent mal au rythme du développement technologique. Les entreprises et leurs partenaires doivent alors multiplier les démarches pour poursuivre un même projet. Une meilleure cohérence entre les instruments existants et des processus plus simples, rapides et flexibles permettraient de réduire ces discontinuités.

Les universités technologiques et les centres de recherche contribuent à cette maturation en donnant aux entreprises accès à des infrastructures et à des expertises permettant de développer des prototypes, d’éprouver les performances et d’adapter les technologies aux besoins des utilisateurs. L’ÉTS et ses partenaires industriels disposent notamment de capacités utilisées par des PME pour tester, adapter et mettre à l’essai des technologies dans des contextes se rapprochant de leurs conditions d’utilisation.

Le gouvernement fédéral devrait mieux arrimer ses instruments de financement et de partage du risque afin de permettre des transitions plus fluides entre les étapes de maturation. L’objectif n’est pas de multiplier les programmes, mais d’adapter le soutien au niveau de maturité, aux besoins et au profil de risque des projets, jusqu’au point où le secteur privé peut davantage prendre le relais. Chaque étape franchie produit de nouvelles preuves, réduit les incertitudes et améliore la capacité des entreprises à mobiliser des partenaires et des capitaux privés.

Alors que le Canada cherche à accroître sa productivité et à mieux convertir ses investissements en innovation en croissance économique, une meilleure adaptation de ces mécanismes permettrait de tirer davantage de valeur des investissements publics déjà réalisés. En aidant les technologies à franchir les étapes critiques de maturation, le gouvernement peut accélérer leur commercialisation, faciliter la mobilisation du capital nécessaire à leur croissance et accroître les retombées économiques au Canada.

À défaut d’une meilleure continuité du financement et du partage du risque, des technologies prometteuses pourront demeurer bloquées avant le marché et des entreprises retarder leur commercialisation ou leur mise à l’échelle faute d’avoir suffisamment réduit le risque pour mobiliser des partenaires et du capital privé. Le Canada risque alors d’assumer une part importante du coût de la recherche et du développement technologique sans capter pleinement les retombées de leur commercialisation et de leur croissance.

Recommandation 3 : Mobiliser les écosystèmes d’innovation afin d’accélérer l’adoption et la commercialisation des technologies stratégiques

Que le gouvernement du Canada mobilise et soutienne les écosystèmes intégrés d’innovation, en s’appuyant notamment sur les partenariats existants entre les universités, les centres de recherche et l’industrie, tout en facilitant l’accès des PME aux infrastructures d’essai, de validation, de démonstration et de prototypage, afin d’accélérer le développement, l’adoption, la commercialisation et le déploiement des technologies stratégiques et à double usage et d’en maximiser les retombées économiques et technologiques au Canada.

Le Canada dispose déjà d’atouts considérables pour développer et déployer des technologies stratégiques : universités, centres de recherche, entreprises innovantes, expertises spécialisées et infrastructures de recherche, de prototypage, d’essai et de validation. Le défi n’est donc pas uniquement d’accroître ces capacités, mais de mieux les mobiliser comme un ensemble cohérent afin de transformer plus rapidement les connaissances et les innovations en technologies adoptées et déployées.

Ces capacités sont réparties entre des acteurs qui détiennent chacun une partie des ressources nécessaires au développement technologique. Les universités contribuent à la recherche et au développement de technologies, les centres de recherche apportent des expertises et des équipements spécialisés et les entreprises connaissent les besoins industriels et assurent le déploiement. La progression des technologies dépend donc aussi de la capacité de ces acteurs à combiner leurs connaissances, leurs expertises et leurs infrastructures.

Cette fragmentation constitue un obstacle particulier pour les PME, qui ne disposent pas toujours des équipements, des environnements d’essai ou des expertises spécialisées dont elles ont besoin. De telles capacités existent dans les universités, les centres de recherche et certains environnements industriels, mais leur visibilité limitée ainsi que les coûts et les démarches associés à leur utilisation peuvent en restreindre l’accès. Faciliter leur utilisation permettrait aux PME de faire progresser leurs technologies sans devoir développer seules des infrastructures coûteuses ni conduire l’État à recréer des capacités déjà présentes.

L’ÉTS illustre concrètement le potentiel de ces écosystèmes. Ses infrastructures et celles de ses partenaires sont déjà utilisées par des PME pour tester, adapter et mettre à l’essai des technologies dans des contextes se rapprochant de leurs conditions d’utilisation. Les universités technologiques et les centres de recherche peuvent ainsi contribuer à relier les entreprises aux infrastructures, expertises et partenaires nécessaires à la progression de leurs technologies.

Le gouvernement fédéral devrait faciliter la mobilisation de ces écosystèmes autour de priorités stratégiques communes, renforcer les connexions entre leurs composantes et réduire les obstacles qui empêchent les entreprises d’accéder aux capacités dont elles ont besoin. Il ne s’agit pas nécessairement de créer de nouvelles structures, mais de mieux mobiliser les partenariats, les infrastructures et les mécanismes de collaboration déjà présents au Canada.

Alors que le Canada cherche à accroître sa productivité et à renforcer ses capacités technologiques et industrielles dans des secteurs stratégiques, mieux mobiliser les actifs existants permettrait de tirer davantage de valeur des investissements publics déjà réalisés en recherche, en infrastructures et en innovation. En rendant les capacités existantes plus accessibles aux entreprises et en renforçant les connexions entre recherche et industrie, le gouvernement peut accélérer le développement, l’adoption et le déploiement de technologies stratégiques au Canada.

À défaut d’une meilleure mobilisation, le Canada risque de disposer d’excellentes composantes sans en exploiter pleinement la valeur collective. Les PME continueront de rencontrer des obstacles pour accéder aux infrastructures et aux expertises dont elles ont besoin, des capacités existantes demeureront sous-utilisées et certaines technologies stratégiques progresseront plus lentement vers l’adoption et le déploiement. Le Canada tirerait alors un rendement moindre de ses actifs scientifiques et technologiques et de leur potentiel industriel, économique et stratégique.

Recommandation 4 : Adapter et pérenniser les infrastructures de recherche pour soutenir les projets stratégiques, de sécurité et de défense

Que le gouvernement du Canada mette en place des mécanismes de financement durables permettant l’adaptation, la modernisation, la sécurisation, l’exploitation et la mise à niveau des infrastructures universitaires et des centres de recherche nécessaires aux projets liés aux technologies critiques, à la sécurité nationale, à la défense et aux technologies à double usage, notamment les laboratoires spécialisés, les plateformes d’essai et de validation et les équipements répondant aux exigences de sécurité, de certification et d’expérimentation propres aux projets stratégiques.

Le Canada a réalisé des investissements importants dans les infrastructures et les équipements de recherche afin de soutenir sa capacité scientifique, technologique et industrielle. Leur valeur dépend toutefois de la capacité à les maintenir fonctionnels, à les moderniser au rythme de l’évolution technologique et à les adapter aux nouveaux besoins.

Or, les ressources consacrées à leur exploitation, à leur maintenance et à leur mise à niveau ne suivent pas toujours les investissements réalisés pour leur acquisition, ce qui peut entraîner une sous-utilisation des équipements, une dégradation des capacités de recherche et une accessibilité réduite pour les partenaires industriels.

Cet enjeu prend une importance accrue dans les domaines liés aux technologies critiques, à la sécurité nationale, à la défense et aux technologies à double usage. Les projets dans ces secteurs peuvent présenter des exigences particulières en matière d’expérimentation, de sécurité, de certification ou de validation auxquelles les infrastructures doivent pouvoir être adaptées. Des équipements existants peuvent ainsi nécessiter une modernisation, une sécurisation ou une mise à niveau pour répondre à de nouvelles exigences scientifiques, technologiques et stratégiques.

Les infrastructures universitaires et des centres de recherche constituent à cet égard des actifs stratégiques. Les laboratoires spécialisés, les plateformes technologiques et les infrastructures partagées permettent de développer des technologies, d’effectuer des essais, de valider des performances et de collaborer avec les entreprises. L’ÉTS et ses partenaires industriels disposent notamment d’infrastructures de validation et de démonstration utilisées par des PME pour tester, adapter et mettre à l’essai des technologies en contexte opérationnel. Cette capacité illustre l’intérêt de préserver et de faire évoluer les actifs déjà présents au Canada.

Le gouvernement fédéral devrait donc adopter une approche fondée sur le cycle de vie des infrastructures. Le financement de l’acquisition initiale devrait être complété par des mécanismes durables permettant leur exploitation, leur maintenance, leur modernisation et leur mise à niveau ainsi que, lorsque les projets l’exigent, leur adaptation et leur sécurisation. Ces mécanismes devraient également tenir compte des capacités techniques et professionnelles nécessaires pour opérer, entretenir et rendre accessibles les plateformes complexes dans la durée. Il s’agit de préserver la valeur des actifs déjà financés et de permettre leur mobilisation pour de nouvelles priorités plutôt que de recréer systématiquement des capacités existantes.

Dans le contexte des priorités fédérales en matière de technologies critiques, de sécurité et de défense, maintenir des infrastructures fonctionnelles, modernes et adaptables permettrait de tirer davantage de valeur des investissements publics déjà réalisés et de mieux mobiliser les capacités scientifiques existantes au service de ces priorités.

À défaut de mécanismes couvrant durablement le cycle de vie et l’adaptation de ces actifs, le Canada risque de voir se dégrader la valeur d’infrastructures qu’il a déjà contribué à financer. Des équipements peuvent être sous-utilisés, devenir moins adaptés aux besoins technologiques ou ne pas pouvoir répondre aux exigences de nouveaux projets. Il en résulterait un rendement moindre des investissements publics et une capacité réduite à mobiliser le potentiel scientifique et technologique du Canada au service de ses priorités stratégiques.

Recommandation 5 : Renforcer la résilience et la sécurité économique du Canada grâce à l’innovation appliquée

Que le gouvernement du Canada soutienne la recherche appliquée, les démonstrateurs technologiques et le déploiement de solutions renforçant la résilience des infrastructures critiques, la sécurité des chaînes d’approvisionnement, l’adaptation aux changements climatiques et la circularité des ressources stratégiques, en s’appuyant sur les capacités existantes des universités, des centres de recherche et des partenaires industriels afin de renforcer la sécurité économique, la productivité et la compétitivité du Canada.

La sécurité économique du Canada dépend de sa capacité à réduire les vulnérabilités qui touchent ses infrastructures, ses chaînes d’approvisionnement et son accès aux ressources. La dépendance à certaines matières premières et à certains intrants importés peut exposer les entreprises aux fluctuations de prix et aux ruptures d’approvisionnement, avec des conséquences sur leur productivité et leur compétitivité. Une utilisation plus efficace des ressources constitue ainsi non seulement un enjeu environnemental, mais également un levier de résilience économique.

L’innovation appliquée peut contribuer à réduire ces vulnérabilités en transformant les connaissances en solutions adaptées, démontrées et déployées dans les milieux qui les utiliseront. Dans le domaine de l’économie circulaire, cette progression peut notamment être freinée par les coûts initiaux d’adoption, le manque d’infrastructures de démonstration en conditions réelles et l’insuffisance des mécanismes de transfert entre la recherche et l’industrie. Lorsque les coûts, les risques et les bénéfices collectifs associés à ces solutions limitent leur développement ou leur adoption par les seuls acteurs privés, une intervention publique ciblée peut contribuer à franchir ces étapes et à accélérer leur déploiement.

La circularité des ressources offre à cet égard un levier tangible de sécurité économique. Le réemploi, la réparation, le reconditionnement, le recyclage et la valorisation peuvent réduire la dépendance aux intrants vierges, améliorer l’efficacité dans l’utilisation des ressources et diminuer l’exposition aux perturbations d’approvisionnement.

Le Canada peut s’appuyer sur des capacités de recherche appliquée et des partenariats industriels existants. Les universités et les centres de recherche peuvent développer et éprouver des solutions avec les entreprises en vue de leur adoption. À l’ÉTS, le Centre d’études et de recherches intersectorielles en économie circulaire (CERIEC) illustre cette capacité en développant et en déployant des solutions en collaboration avec les milieux industriels et d’autres parties prenantes.

Cette logique peut également s’appliquer à la résilience des infrastructures critiques et à l’adaptation aux changements climatiques. Le gouvernement fédéral devrait soutenir le développement, l’expérimentation et le déploiement de solutions répondant à des vulnérabilités concrètes en mobilisant les capacités pertinentes des universités, des centres de recherche et de leurs partenaires industriels, sans présumer que chaque établissement possède l’ensemble de ces capacités.

Il ne s’agit pas de créer systématiquement de nouvelles structures, mais d’orienter les capacités existantes vers des problèmes économiques et stratégiques clairement identifiés. Dans un contexte où la résilience des chaînes d’approvisionnement, des infrastructures et de l’accès aux ressources constitue un enjeu de sécurité économique, le gouvernement peut ainsi tirer davantage de valeur des investissements déjà réalisés en recherche, en infrastructures et en innovation.

Les retombées sont à la fois économiques et stratégiques : réduire la dépendance aux intrants et l’exposition aux ruptures d’approvisionnement, améliorer l’efficacité dans l’utilisation des ressources et renforcer les capacités technologiques et industrielles nécessaires à la résilience du pays. L’innovation appliquée permet ainsi de convertir des capacités scientifiques et technologiques existantes en solutions répondant directement à des vulnérabilités canadiennes.

À défaut d’une telle mobilisation, le Canada risque de demeurer davantage exposé aux fluctuations de prix, aux ruptures d’approvisionnement et aux pertes découlant d’une utilisation inefficace des ressources, tout en sous-utilisant les capacités de recherche et d’innovation qu’il finance déjà. Il risque également de perdre des occasions d’innovation et de développement industriel associées aux solutions renforçant sa résilience et sa sécurité économique.

Pour plus d’information :
Jean-Alexandre D’Etcheverry
Service des affaires publiques et des relations gouvernementales 
École de technologie supérieure