Face à la rareté de main-d’œuvre et à la montée des exigences de productivité, les entreprises québécoises n’ont plus le luxe d’attendre. L’intelligence artificielle (IA) s’impose comme un atout stratégique, à condition de savoir l’intégrer judicieusement au sein des opérations. Tony Wong, professeur-chercheur au Département de génie des systèmes, explique comment les PME peuvent transformer ce défi technologique en avantage concurrentiel.
Comprendre ses besoins avant d’agir
L’IA peut certes doper la productivité, mais gare à la précipitation ! Avant d’y investir, il faut d’abord cerner ses véritables besoins opérationnels et comprendre les technologies disponibles. Autrement, les coûts peuvent grimper vite… pour des résultats décevants. Pour bien intégrer l’IA à leurs activités, les dirigeants doivent comprendre où elle crée le plus de valeur et comment l’arrimer à leurs objectifs d’affaires.
Une démarche structurée, croit Tony Wong, qui sépare les projets prometteurs des mirages technologiques. « Notre approche vise à accompagner les organisations dans une transition numérique progressive, mesurable et adaptée à leurs besoins réels », dit-il. La réussite d’un virage numérique dépendrait donc moins de la technologie choisie que de la compréhension fine des processus internes, des données et des objectifs d’affaires. « On veut d’abord comprendre votre core business. »
Rechercher des compétences complémentaires
L’expert recommande donc une approche graduelle, par petits pas, adaptée aux moyens financiers et à la maturité numérique des PME. Son équipe, composée d’étudiants aux cycles supérieurs, accompagne les entreprises sur le terrain pour bien comprendre leur vision. « Plusieurs organisations ont déjà posé les bases de leur transformation numérique, mais peinent à la mener à terme faute d’expertise », observe-t-il. D’où l’importance de s’associer à un partenaire de confiance capable d’apporter les compétences manquantes.
Les PME peuvent notamment collaborer avec des équipes de recherche comme celle de l’ÉTS pour développer des solutions concrètes. « Votre organisation contribue alors à la formation rémunérée de la prochaine génération d’experts, soit du personnel hautement qualifié. On assiste alors à l’osmose des connaissances : nos équipes vous offrent en retour des solutions innovantes; c’est gagnant-gagnant », dit-il.
S’ouvrir à un monde de possibilités
« Nous ne sommes pas des vendeurs de solutions », insiste Tony Wong. Cette indépendance garantit une approche objective, qui évite d’enfermer les entreprises dans un écosystème unique — une erreur fréquente chez les PME séduites par les grands fournisseurs technologiques. Mais attention : un projet de réingénierie numérique peut réserver bien des surprises. « C’est un peu comme des rénovations : on ouvre un mur et on découvre parfois l’inattendu », illustre-t-il.
D’où l’importance d’avancer avec patience et réalisme. « Évitez d’annoncer la finalité d’un projet avant même de l’avoir amorcé, afin de ne pas créer de pression inutile sur le personnel », conseille le chercheur. L’accompagnement, la formation et le soutien continu doivent aussi faire partie intégrante du processus. « Notre rôle est de bâtir des relations durables, pas seulement de livrer une technologie. »
Les PME demeurent le moteur de l’économie québécoise. Conscient de leur rôle clé, le gouvernement propose guides et subventions pour soutenir la recherche collaborative. Le Bureau des initiatives partenariales de l’ÉTS peut vous aider à trouver la formule adaptée à votre besoin.