Dans un contexte géopolitique instable, la souveraineté du Canada repose sur des capacités concrètes : défendre le territoire, sécuriser les télécommunications, protéger les infrastructures critiques. C'est précisément la mission que se sont donnée les équipes de recherche de l'ÉTS.
Satellites intelligents analysant les données directement en orbite, protection du GPS contre les cyberattaques, réseaux sans fil résilients en situation de crise, cybersécurité autonome réagissant en temps réel : autant de technologies conçues pour rendre nos infrastructures plus fiables et plus autonomes, capables d'anticiper les menaces plutôt que de les subir.
Brouillage, interférences, mobilité intense : les réseaux sans fil modernes doivent tenir dans des conditions de plus en plus difficiles. Georges Kaddoum, professeur-chercheur au Département de génie électrique et directeur du ReMI, s'attaque à ce défi en développant des réseaux intelligents et résilients pour la défense, la sécurité publique et les interventions d'urgence. En combinant intelligence artificielle et apprentissage en périphérie (edge learning), ses travaux optimisent le spectre, le routage et la résilience des réseaux afin que les communications tiennent le coup même quand tout s'emballe.
Comment peut-on détecter les feux de forêt rapidement alors que les systèmes satellitaires actuels fournissent des données avec plusieurs heures ou jours de latence et reposent encore largement sur des traitements effectués au sol? Le professeur René Jr Landry explore le développement de plateformes satellitaires intelligentes capables de traiter les données directement en orbite afin de fournir des informations rapides, fiables et exploitables pour la gestion des risques et la protection des territoires.
Comment déployer rapidement des missions spatiales sans reconstruire un satellite à chaque fois ? Comment traiter les données directement en orbite pour réduire les délais opérationnels ? C'est à ces questions que répond le projet APEX, dirigé par René Jr Landry, professeur-chercheur et directeur du LASSENA, en développant une plateforme CubeSat modulaire dotée d'intelligence artificielle embarquée et de charges utiles interchangeables.
Nos systèmes GPS pourraient éventuellement être trompés ou paralysés. Le projet C-GUARD, dirigé par René Jr Landry, professeur-chercheur au Département de génie électrique et directeur du LASSENA, s'attaque précisément à ces menaces de brouillage (jamming) et de leurrage (spoofing), en développant des méthodes de détection avancées, des contre-mesures efficaces et une architecture nationale de surveillance des signaux GNSS.
Les recherches du professeur Chameseddine Talhi portent sur la cybersécurité auto-adaptative (self-healing cybersecurity). Elles visent à développer des systèmes capables de détecter et corriger automatiquement les cybermenaces en temps réel. L’approche combine intelligence artificielle, Infrastructure as Code et architectures infonuagiques natives. Ces travaux ciblent les environnements numériques complexes comme l'infonuagique et les infrastructures critiques. Son objectif? Rendre la cybersécurité plus proactive et résiliente.
Et si les systèmes critiques pouvaient analyser leurs données et décider en temps réel, sans dépendre d'infrastructures distantes ? Cette recherche, dirigée par Jesus David Gonzalez Llorente, professeur-chercheur au Département de génie aérospatial, explore une nouvelle génération de systèmes embarqués autonomes, plus rapides, plus résilients et adaptés aux environnements les plus contraints.
L’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) en génie aéronautique est plutôt récente. En 2020, le constructeur Airbus a lancé un tout premier appareil pouvant décoller complètement automatiquement en utilisant la vision par ordinateur. Georges Ghazi, professeur au Département de génie des systèmes et membre du LARCASE, œuvre aux avant-postes de la recherche dans ce domaine.
Des milliers de satellites tournent au-dessus de nos têtes pour nous connecter, nous localiser et nous protéger. Mais ce réseau invisible, devenu essentiel à notre quotidien, ouvre aussi la porte à de nouvelles formes de surveillance, d’ingérence et de conflits. Wael Jaafar, professeur au Département de génie logiciel et des technologies de l'information, s'intéresse à ces questions.