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Initier les étudiants au travail d’équipe et aux outils de collaboration

Abdelmoumène Toudeft a déjà formé des générations d’informaticiens

19 juillet 2022
Abdelmoumene Toudeft
Abdelmoumène Toudeft.

Au cours des 21 dernières années, Abdelmoumène Toudeft a suivi de façon méticuleuse les nombreuses et rapides évolutions qu’a connu le domaine de l’informatique. Et il s’est employé à les enseigner aux générations d’informaticiennes et d’informaticiens qui ont eu la chance de l’avoir comme professeur, principalement au Collège de Rosemont mais aussi dans d’autres cégeps dont Bois-de-Boulogne et Ahuntsic.

Il y a longtemps que le nouveau maître d’enseignement en informatique de l’ÉTS affectionne les mathématiques et l’informatique. Déjà, au lycée qu’il fréquente dans son Algérie natale dans les années 1980, il est littéralement accro aux maths, tellement que même pendant les vacances d’été, il s’amuse à résoudre des équations. «Je me souviens avoir mis deux à trois jours pour calculer la courbe d’une équation mystérieuse publiée dans la revue Science et Vie qui s’est révélée, à la fin des calculs, être l’équation d’un œuf, relate celui qu’on appelle couramment Moumène. Je faisais les calculs à la main et j’ai finalement trouvé!».

Lorsqu’il effectue son baccalauréat français, il approfondit ses connaissances en mathématiques et en informatique et quand vient l’heure de faire un choix pour aller à l’université, il opte pour le tronc commun technologique orienté vers l’informatique. Ce programme est alors très en demande : des 800 étudiants qui entrent en première année, seulement 80 sont sélectionnés pour poursuivre en informatique… Et Moumène fait partie de ce groupe.

De l’Algérie au Québec, en passant par la France

Une fois son diplôme d’ingénieur d’État en poche, il part pour la France pour poursuivre ses études. «J’avais un objectif en tête et c’était celui d’obtenir un doctorat pour enseigner dans le futur, raconte-t-il. Mais à l’époque en Algérie, il y avait peu d’options pour poursuivre des études de troisième cycle : dans le domaine de l’informatique, peu de professeurs possédaient un doctorat.»

Abdelmoumène Toudeft débarque donc en 1990 à l’université de Paris-Sud – Paris XI (laquelle été intégrée à l’Université Paris-Sarclay en 2020) et décroche, l’année suivante, son diplôme d’études approfondies. Outre le fait qu’il joue beaucoup au soccer au cours de cette année, il enseigne aussi la programmation et les bases de données à l’École supérieure d’informatique et de gestion à Paris.

L’assiduité dont il fait preuve dans ses études lui valent d’obtenir une bourse pour amorcer un doctorat à l’Université Pierre et Marie Curie (Paris 6) en collaboration avec le Centre national du machinisme agricole du génie rural, des eaux et des forêts (CEMAGREF), à Montpellier.

« Mon expertise d’alors portait sur les méthodes d’apprentissage connexionnistes – ou réseaux de neurones. Je faisais partie d’une équipe de pionniers dans ce domaine en France, indique-t-il. C’était le début de l’époque de la recherche en intelligence artificielle.»

Il vivait ainsi passionnément ses études doctorales entre Paris et Montpellier. Toutefois, son épouse vit en Algérie et le contexte socioéconomique en France n’est pas favorable à ce qu’elle vienne le rejoindre. De la bouche de deux amis, M. Toudeft entend parler de la possibilité d’immigrer au Canada avec sa conjointe; ils arrivent tous deux à Montréal en 1997.

Profession : professeur!

Dès septembre de la même année, le doctorant qui doit rédiger sa thèse offre ses services au Collège de Rosemont qui l’embauche comme chargé de cours à la formation continue. Seize mois plus tard, Abdelmoumène Toudeft retourne en France pour défendre sa thèse et il revient avec son doctorat en informatique de l’Université Pierre et Marie Curie - Paris 6. De retour à Montréal en janvier 1999, le Collège de Rosemont lui offre un poste de professeur. Il y a travaillé jusqu’à son arrivée récente à l’ÉTS.

« Cette première année a été particulière, car elle correspondait avec l’anticipation du fameux ‘’bogue de l’an 2000’’, qui s’est avéré un non-événement», rigole-t-il. Tout en assumant des charges de cours dans d’autres institutions d’enseignement, M. Toudeft contribue activement à l’évolution du département d’informatique du Collège de Rosemont, notamment au sein du comité du programme de DEC en techniques de l’informatique, du comité de sélection pour l’embauche de nouveaux enseignants, ainsi que des comités de révision et d’évaluation du programme de DEC. Il participe ainsi aux améliorations du programme de DEC introduites en 2008, et à la révision complète du programme en 2017-2018. 

De plus, il coordonne le programme collégial Sciences, informatique et mathématiques (SIM) et prend part à l’élaboration des quatre compétences informatiques de ce programme.

Parmi ses réalisations dont il est particulièrement fier, il en est une qu’il a accomplie à titre de consultant pour le compte du Centre Interuniversitaire de Recherche en analyse des organisations (CIRANO).

« En 2016-2017, j’ai participé au développement de la nouvelle version de l’application de simulations boursières Bourstad, qui avait initialement été créée à des fins pédagogiques par un professeur du Collège de Rosemont dans les années 1980, explique-t-il. Je chapeautais alors les développeurs de l’application et celle-ci connaît depuis un énorme succès : elle compte maintenant des dizaines de milliers d’abonnés de partout sur la planète, contribuant ainsi à l’éducation financière à grande échelle.»

Favoriser le travail en équipe

S’il a aidé des centaines d’étudiantes et d’étudiants à réussir leur cégep pour poursuivre leurs études ou intégrer le marché de travail, Abdelmoumène Toudeft entend créer des relations de confiance et d’entraide entre ses étudiants et lui afin qu’ils surmontent les difficultés et développent leur autonomie.

Le maître d’enseignement en informatique, qui s’est maintenu à jour et s’est perfectionné tout au long de sa carrière, veut aller au-delà de l’enseignement de la théorie et de la réussite individuelle. 

« En informatique, la pratique est primordiale car la compréhension des concepts seule ne suffit pas. Il faut l’accompagner de cas concrets et, également, insuffler la collaboration, conclut Moumène. En informatique comme dans plusieurs autres domaines, rares sont les projets qui sont réalisés par une seule personne : il faut donc initier nos futurs diplômés et diplômées au travail d’équipe et aux outils de collaboration.»

Chantal Crevier

Service des communications et du recrutement étudiant

514 396-8800, poste 7893

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