Centre d’études et de recherche intersectorielles en économie circulaire 

Conjuguer économie et environnement? Oui, c’est possible! 

30 septembre 2020
economie circulaire modele
Schéma de l'économie circulaire.

La relance économique soulève de nombreuses préoccupations environnementales : d’un côté, il y a les défenseurs de la croissance à tout prix et de l’autre, ceux qui pensent que notre salut repose sur une nouvelle approche économique. L’équipe du nouveau Centre d’études et de recherche intersectorielles en économie circulaire (CÉRIÉC), qui vient tout juste d’être créé à l’École de technologie supérieure (ÉTS), croit qu’il est possible de rallier les deux visions par l’adoption d’un nouveau modèle : l’économie circulaire. 

Daniel Normandin, directeur du CÉRIÉC, un expert reconnu en économie circulaire, croit fermement aux vertus potentielles de ce modèle qui aurait le mérite d’accroître le produit intérieur brut (PIB), de créer des emplois, tout en réduisant les impacts globaux sur l’environnement,  dont les émissions de gaz à effets de serre (GES) . 

L’économie circulaire est un modèle économique qui recherche des compromis viables entre le développement économique et la protection de nos ressources et de l’environnement. Il tient compte de la finitude des ressources et des limites planétaires. 

Pour ce faire, l’économie circulaire vise à optimiser la productivité des ressources déjà présentes sur le marché de manière à réduire le recours aux ressources vierges. Cela passe par une analyse des flux de matières à l’échelle des chaînes de valeur et des territoires ainsi que de leur potentiel de « circularisation », c’est-à-dire la capacité de réinsérer les matières dans le système économique afin que leur finalité ne soit pas une sous-utilisation ou les sites d’enfouissement.  

Mieux connu en Europe et dans certains pays asiatiques, ce modèle commence lentement à prendre son essor sur le territoire nord-américain. Un enjeu auquel compte s’attaquer le CÉRIÉC en mobilisant davantage de chercheurs, d’entreprises et de gouvernements à la valeur de ce modèle économique doté d’une perspective de développement durable. Cela dit, il faudra être patient puisque la transition vers l’économie circulaire n’en est qu’à ses balbutiements. Les spécialistes croient que 15 à 20 ans seront nécessaires avant que ce modèle ne devienne prédominant et se substitue au modèle linéaire actuel, qui consiste à extraire, consommer et jeter. 

D’ici là, Daniel Normandin et son bras droit, Benjamin Laplatte, directeur adjoint, auront bien du pain sur la planche. Ils souhaitent réunir des professeurs-chercheurs de plusieurs universités et spécialités afin d’accélérer le développement des connaissances et des compétences nécessaires à la transition vers l’économie circulaire.   

Pour y parvenir, ils organiseront des ateliers de travail avec les professeurs-chercheurs de l’ÉTS et d’autres universités en vue d’élaborer une programmation de recherche interdisciplinaire. Ils souhaitent aussi poursuivre la sensibilisation des entreprises et des gouvernements à l’économie circulaire, tout en regroupant les autres acteurs du terrain autour de ce projet commun.  Un webinaire est d’ailleurs prévu cet automne. Il sera annoncé sur les plateformes numériques de l’ÉTS. 

Plusieurs living labs  seront aussi organisés au cours des 5 prochaines années, grâce à un don de 2 millions de dollars de Desjardins. Ces derniers permettront de réunir autour d’une même table les principaux acteurs d’une même chaîne de valeur en vue d’en accélérer la « circularisation » et de constituer des « boucles de valeur ». Ainsi, les manufacturiers, les distributeurs, les citoyens-consommateurs, les villes et les chercheurs, pour ne nommer que ceux-ci, pourraient développer ensemble des solutions s’appuyant sur l’économie circulaire. Au nombre des secteurs qui seront abordés par ces living labs, on retrouve notamment les résidus de construction, de rénovation et de démolition (CRD), les déchets plastiques et la foresterie. 

Pour les chercheurs et les étudiants en génie de l’ÉTS, l’économie circulaire représente un beau carré de sable du point de vue des innovations technologiques. « Par exemple, de nombreuses carcasses d’avions finissent entassées dans des déserts, comme celui de l’Arizona, parce qu’on ne sait pas encore comment valoriser les alliages métalliques qui entrent dans leur composition. C’est aussi vrai pour de nombreux biens de consommation courants, tels que nos cellulaires, par exemple. Si une équipe d’ingénieurs parvenait à concevoir une technologie permettant de retrouver les métaux initiaux qui entrent dans la composition de ces alliages, nous pourrions reconstituer de véritables gisements de matières premières », illustre le directeur du CÉRIÉC. 

Les changements climatiques que nous vivons actuellement ont des répercussions sur les ressources naturelles, tout comme l’accroissement de la population mondiale qui, elle, a des répercussions sur la demande. Nous ne pouvons plus miser sur le modèle économique linéaire actuel. L’économie circulaire pourrait être notre planche de salut. 

« Plus de 90 % des ressources extraites terminent leur vie dans des sites d’enfouissement, sont dissipés sous forme de pollution dans l’environnement ou sont stockées de manière improductive dans le marché. Il faut que ça change », conclut le directeur, qui rappelle au passage que nous extrayons annuellement plus de 100 milliards de tonnes de ressources naturelles dans le monde, et que ce chiffre est encore appelé à croître si les choses ne changent pas.

daniel normandin ceriec
Daniel Normandin.

 À propos de Daniel Normandin, directeur  

Daniel Normandin est un expert reconnu en économie circulaire et un spécialiste dans le montage d’unités de recherche à interface industrielle incluant notamment le Centre international de référence sur le cycle de vie des produits, procédés et services (CIRAIG), le Centre de recherche Biopro et la Chaire de recherche CRSNG en assainissement et gestion des sites contaminés de Polytechnique Montréal. Il est titulaire d’une maîtrise en administration des affaires (MBA) de HEC Montréal et d’une maîtrise ès sciences en sciences biologiques (biotechnologies environnementales) de l’Université Laval. Co-fondateur et directeur exécutif de l’Institut de l’environnement, du développement durable et de l’économie circulaire (IEDDEC) du Campus de l’Université de Montréal (2014-2019), il a auparavant participé à la mise sur pied et au déploiement de Quantis (2009 2014), une firme internationale de consultation spécialisée en analyse du cycle de vie. M. Normandin est membre du panel d’experts sur l’économie circulaire du Conseil des académies du Canada, de même que de la « Circular Economy Leadership Coalition ». Il est également co-fondateur et responsable du Pôle de concertation québécois sur l’économie circulaire depuis 2015, et co-fondateur et gestionnaire de la plateforme web quebeccirculaire.org depuis 2018.

benjamin laplatte ets
Benjamin Laplatte.

À propos de Benjamin Laplatte, directeur des opérations  

Benjamin Laplatte est un gestionnaire doté d’une solide expérience dans le domaine des relations publiques et gouvernementales liées au développement durable et à l’innovation, notamment dans les domaines de l’énergie, des changements climatiques, de la mobilité ainsi que de l’aménagement du territoire. Il est titulaire d’une maîtrise en administration des affaires (MBA) de l’École des sciences de la gestion (UQAM) et d’une maîtrise en océanographie (profil écotoxicologie) de l’Institut des sciences de la mer de Rimouski. Il compte près de 12 ans d’engagement au service d’organisations vouées à l’éducation et à la science (FEUQ-CNCS, ACFAS), au développement des pratiques du génie (RéseauIQ, Polytechnique) ou concernées par les grandes transformations industrielles et celles du marché du travail (Copticom, Conseil du patronat du Québec). 

Chantal Crevier

Service des communications

514 396-8800, poste 7893

Toutes les nouvelles