Traiter les contaminants agricoles à la source
Dans le secteur agroalimentaire, la grande variété de procédés complique grandement le traitement des eaux usées. Les pesticides et les résidus agricoles exercent une pression supplémentaire sur des infrastructures municipales déjà surchargées, en plus d’engendrer des frais pour les entreprises. Enfin, plusieurs d’entre elles doivent assumer les couts liés au traitement des eaux rejetées dans les infrastructures selon le principe du « pollueur-payeur ».
Une invention brevetée par l’École de technologie supérieure (ÉTS) et actuellement testée par deux entreprises québécoises pourrait résoudre ce défi. Son inventeur, Mathieu Lapointe, est un professeur à l’École de technologie supérieure. Il a mis au point un système de filtration par sable qui permet d’éliminer, grâce à un ingénieux procédé chimique, une vaste gamme de contaminants, tout en réduisant les coûts et la complexité des opérations.
Le procédé présente des taux de retrait allant de 60 à 70 % sur les contaminants les plus problématiques, avec une efficacité supérieure aux méthodes actuelles.
Cette innovation offre un avantage compétitif dans un contexte où les normes environnementales se renforcent et où les entreprises sont de plus en plus sensibles aux conséquences de leurs actions sur l’environnement.
Soleno et Hoola One testent la technologie
La technologie a retenu l’attention de Soleno, une entreprise québécoise spécialisée dans la production de canalisations d’assainissement pour les terres agricoles, et de Hoola One, une entreprise de Québec qui se consacre à la conception et à la fabrication de technologies novatrices pour le nettoyage des sols pollués par les plastiques et les microplastiques.
Avec Soleno, le professeur cherche à intégrer le système de filtration directement dans les infrastructures de drainage agricole, alors que le projet qu’il mène avec Hoola One permettrait aux entreprises du secteur agroalimentaire d’avoir leur propre unité de traitement des eaux et boues usées, et ce, pour un coût très compétitif. Ce projet prometteur a d’ailleurs bénéficié d’une généreuse subvention du MAPAQ.
Des filtres directement incorporés dans les infrastructures des terres agricoles
Les filtres intégrés aux infrastructures de drainage des champs agricoles sont actuellement testés en Montérégie, où une première unité de traitement a été installée. Deux autres unités seront déployées ce printemps dans des champs agricoles. Les projets pilotes permettront de valider la performance du système en conditions réelles et d’envisager son déploiement à plus grande échelle.