Une collaboration inédite entre la recherche, l’industrie, les municipalités et le gouvernement.
L’École de technologie supérieure (ÉTS) vient d'annoncer la création de la Chaire de recherche en traitement et gestion des eaux. Cette chaire, dirigée par le professeur-chercheur Mathieu Lapointe, est le fruit d’une collaboration avec Kemira, Industries Fournier, Soleno, le MAPAQ et le MELCCFP, la Ville de Longueuil et d’autres municipalités. Elle vise à réinventer les méthodes de traitement de l’eau grâce à une approche novatrice.
Grâce à un financement majeur de 3,7 M$ sur cinq ans, la chaire souhaite positionner le Québec et l’ÉTS parmi les chefs de file mondiaux de l’industrie de l’eau. Elle souhaite aussi fournir des orientations au gouvernement afin de guider ses investissements majeurs en gestion des eaux.
La recherche traditionnelle canadienne se concentre sur les contaminants courants et les procédés bien établis. Toutefois, cette alliance sans précédent entre les milieux universitaire, industriel, municipal et gouvernemental permettra d’aborder le problème sous un angle plus audacieux. Cette nouvelle chaire s’intéressera à la production de l’eau potable, au traitement des eaux usées municipales et industrielles, aux eaux de ruissellement urbaines, ainsi qu’aux eaux usées agroalimentaires et de drainage agricole. Elle mettra au point des solutions solides, adaptables, polyvalentes et économiquement viables.
Une chaire pour passer de la recherche au terrain
La nouvelle chaire de recherche s’engage à développer des technologies avant-gardistes permettant de détecter et d’éliminer simultanément les contaminants réglementés et ceux qui sont considérés comme émergents. Elle vise également à faciliter l’intégration pratique de ces technologies sur le terrain.
En combinant l’expertise universitaire, l’expérience industrielle de même que les connaissances et les besoins concrets des municipalités, la Chaire entend surmonter les obstacles entravant le passage du laboratoire à la mise en œuvre à grande échelle.
« Cette chaire, c'est la rencontre entre la rigueur scientifique et l'urgence du terrain. Notre priorité est de soutenir nos municipalités et les entreprises québécoises », affirme Mathieu Lapointe, titulaire de la chaire.
Des méthodes qui atteindront bientôt leurs limites.
L’accroissement de la densité urbaine et les transformations industrielles et environnementales des décennies passées ont entrainé de nouveaux défis que les méthodes traditionnelles de traitement des eaux ne sont pas en mesure de relever complètement. L’industrie des batteries, l’agriculture intensive, la propagation des microplastiques et des nanoplastiques, ainsi que la présence accrue de PFAS et de résidus pharmaceutiques ont engendré de nouveaux types de contaminants. Ces contaminants sont difficilement interceptables par les méthodes existantes. Il est donc nécessaire de revoir ces méthodes et de les améliorer pour qu’elles soient plus performantes et mieux adaptées aux besoins futurs.