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Evolution des bouchons de protection auditive - Entrevue avec Jérémie Voix

Donc, je vous souhaite la bienvenue, mon nom est Jeanne Choquette, je suis bénévole pour Audition Québec, on est en plein dans la Journée nationale de l'audition du Québec. Ça a très bien commencé ce matin, on a un super panel qui vous attend,on a d'autres conférence cet après-midi et ce soir. Donc, on a trois panélistes aujourd'hui,madame Adriana Lacerda de l'Université de Montréal, qui...je vous donnerai les titres au fur et à mesure; madame Sylvie Auger, audiologiste;et monsieur Jérémie Voix, de l'École de technologie supérieure. Donc, il y a trois thèmes, et c'est toujours... le thème de la JNA cetteannée, c'est la pollution sonore, l'affaire de tous, la santé de chacun.Donc, on a trois thématiques, c'est-à-dire les enfants, la musique,autant les musiciens que les spectateurs, et les solutions pour protéger son ouïe.Donc, on va commencer avec Adriana Lacerda, qui est PHD en science biomédicale, option audiologie,elle enseigne à l'École d'orthophonie et d'audiologie de l'Université de Montréal.Alors, Adriana, vous pouvez prendre la parole, je vous laisse la parole.ADRIANA : Merci. Merci, Jeanne, pour l'invitation, je suis très contente d'être iciavec vous dans la Journée nationale de l'audition, et surtout pour parler de la protection auditive chez les enfants.Donc, c'est une thématique qui me tient à coeur, et je pense qui mérite beaucoup d'attention. Donc, on sait déjà qu'il y adans le monde plusieurs jeunes enfants qui présentent un risquede perte d'audition due à l'écoute dangereuse. Donc, il y a à peu près 1 adolescent sur 5 quiprésente déjà une perte auditive liée à l'exposition sonore.Si on pense aux feux d'artifices, par exemple, aux salles de cinéma,aux spectacles et même à certains jouets, si on pense aux enfants plus petits, ce sont des sons qui génèrent souventdes pressions sonores élevées et qui peuvent endommager l'audition.Donc, surtout quand l'utilisation est proche des oreilles ou de façon prolongée,donc la perte d'audition due à des niveaux élevés est irréversible.On l'a entendu déjà aujourd'hui, et si elle n'est pas prise en charge,elle peut grandement affecter la capacité à communiquer, à recevoirune éducation ou à trouver ou conserver un emploi approprié, par exemple.Ce type de perte d'audition est... on peut le prévenir grâce à la sensibilisationou bien en utilisant des mesures de protection. Une des mesures de protection, c'est l'utilisation de la protection auditiveou des coquilles antibruit. Mais qu'est-ce que c'est, ça? C'est un équipement qui ressemble à des écouteurs, par exemple,et qui diminue les sons, donc qui... on recommande, les spécialistesrecommandent l'utilisation de la protection auditive chez les enfants depuis six mois, par exemple.Donc, à partir de six mois, un enfant peut utiliser la protection auditive quand il est exposé aux bruits.Par exemple, dans les spectacles, dans les activités bruyantes.On sait que les enfants sont plus vulnérables aux bruits forts, car ils ne peuvent pas... ils n'ont pas les réflexes de se protéger,donc l'utilisation de la protection est recommandée quand les niveauxde bruit est élevé dans l'environnement.Mais il faut faire attention aussi, on doit bien choisir la protection auditivepour les enfants, on... la protection doit être légère, confortable,elle ne doit pas frotter ou serrer la tête de l'enfant.Il est important aussi de sélectionner une protection auditive adaptée à l'enfant.Donc, il est conseillé de ne pas l'utiliser pour des périodes longues,il est important de cibler l'utilisation seulement quand l'enfant est exposéà du bruit élevé. Les mesures d'hygiène aussi doivent être mises en place,et donc, on doit bien hygiéniser la protection auditivepour ne pas avoir des effets sur la santé auditive non plus.Donc, on peut donner des exemples, j'ai quelques photos, mais je pourraispartager après des protections auditives pour les enfants.Vous pouvez en acheter, par exemple, à la pharmacie, ou dans les magasins pour enfants, c'est important de bienaller avec votre enfant et utiliser la protection pour voirsi elle est adaptée, si elle est confortable ou non. Donc, la protection auditive peut... il y a des atténuations différentes,donc les fabricants des produits, vous pouvez aller chercher l'atténuationde la protection auditive qui pourrait aller jusqu'à 20 décibels à peu près.Il y a d'autres types de protections auditives, qui sont les coquilles antibruit en salle de classe.Donc, qui... l'utilisation d'une coquille antibruit en salle de classe,c'est une recommandation encadrée et non une solution pour tous les élèves, donc il faut faire attention aussi.L'Ordre des orthophonistes et des audiologistes du Québec recommande que cette solution soit réservée seulement en cas particulier,soit une recommandation par un professionnel, et qu'elle s'inscrit dansle cadre d'un plan d'intervention individualisé pour les enfants. Donc, ce n'est pas tous les élèves qui vont utiliser les coquillesantibruit en salle de classe. On a... on doit bien évaluer les besoins des enfants;normalement, les enfants vont avoir un plan d'intervention par un orthophoniste, par un audiologiste ou d'autres professionnelsde la santé ou de l'éducation qui recommandent les coquilles antibruit en salle de classe.Et on a peu d'études qui démontrent la... les enjeux de l'utilisationde coquilles en salle de classe, mais on a... on a des... on voit de plus en plus qu'elles sont utilisées dans les écolespour diverses raisons. On peut nommer, par exemple, entre autres,pour faciliter la concentration. Normalement, les enfants qui ont des problèmes d'attentionou même la misophonie, l'hyperphonie, que le conférencier précédent a bien présenté,sont des enfants qui pourront bénéficier des coquilles en salle de classe,surtout quand l'environnement est bruyant. Donc, c'est... on pense toujours à éliminer les bruits dans l'environnementavant d'utiliser les... les bouchons ou les coquilles en salle de classe.Mais si on n'a pas le choix, on va les utiliser selon la recommandationdu professionnel. Donc, d'autres avantages, c'est dans la maison,si l'enfant n'a pas vraiment un espace calme où il pourrait faire ses devoirsou n'a pas une concentration adéquate dans la maison...avec tous les bruits qu'on a dans la vie de tous les jours, l'enfant aussi peut en utiliser, pour faire ses devoirs.L'important, c'est de limiter le temps d'utilisation des coquilles.Soit à la maison, soit à l'école, il faut toujours analyser le temps d'utilisationpour bien les utiliser et pour trouver la bonne utilisation pour ces enfants.Il y a des dangers aussi. Donc, les risques de cette pratique nesont pas beaucoup documentés, comme je vous disais tantôt. Il y a peu de recherches sur le sujet, mais il est connu qu'on peut développer,par exemple, l'hypersensibilité au son, comme le conférencier précédenta bien démontré. On peut aussi... pour les enfants qui présententune... une sensibilité déjà forte au bruit, par exemple,ils peuvent aussi réagir de manière plus importante quand les coquillessont retirées. Donc, il faut faire attention aussi avec l'utilisation,parce qu'on a des avantages, mais on a beaucoup de dangers sil'utilisation n'est pas adéquate. Donc, il faut dire aussi que quandl'enfant utilise les coquilles, ils perdent un peu la notion du ambiant,parce qu'il est dans sa bulle, donc... et ça, c'est un danger,parce qu'il ne comprend plus les consignes du professeur ou il ne peut pas entendre des bruits importants dans l'environnementIl est beaucoup conseillé par des experts, que l'enfant reste dans un ambiant calmesans les coquilles et qu'il puisse profiter de toutes les interactions, la participation en classe et que l'utilisation de la coquille soitvraiment utilisée pour, par exemple, passer un test ou faire un devoirqui exige plus d'attention, par exemple. Donc, voilà.Je pense aussi que c'est important de dire qu'on peut... on voit de plus en plus la participation des jeunes et des adolescentsdans les spectacles de musique, on voit l'utilisation des casques d'écoutepour ces enfants en bas âge aussi. Donc, on a des recommandations pourécouter sans risque, donc, par exemple, s'éloigner de la source du son,écouter moins longtemps, diminuer le temps d'écoute et protéger les oreillesavec la bonne protection et faire des bilans auditifs. Donc,on sait que l'importance de préserver l'audition est de plus en plus...il est devenu de plus en plus important afin de sensibiliser les enfants en bas âge, c'est aussi une... une priorité.Voilà, merci. Je passe la parole à Jeanne.JEANNE CHOQUETTE : Merci. Est-ce que tu veux nous montrer l'image que tu avais préparée? ADRIANA : Oui, bien sûr.JEANNE CHOQUETTE : Tu peux y aller. ADRIANA : Super...Est-ce que vous voyez mon écran? JEANNE CHOQUETTE : Oui. ADRIANA : Oui? Donc, je vais juste mettre le mode présentationJEANNE CHOQUETTE : Hum hum.Ici, ce sont des exemples pour la protection auditive chez les enfants. On voit plusieurs modèles. Vous pouvez choisir les bons modèleset la bonne façon d'adapter dans... chez les enfants.Donc, ici, par exemple, c'est pour les bébés à partir de 6 mois, les bébés peuvent utiliser la protection auditive. Même avant, dépendammentde l'exposition. Il y a des modèles pour les adolescents, pour les tout-petits,avec des... des jouets aussi. Et ça, c'est des coquilles antibruitsen salle de classe qui sont recommandées aussi. Donc, on a plusieurs modèles dans le... dans le marché et vous pouvez les choisir.J'ai mis aussi le lien de l'Ordre des orthophonistes etaudiologistes du Québec qui ont des affiches sur les... les coquilles,si vous avez intérêt, vous pouvez les chercher. Et voilà, ici,c'est juste des... pour bien se rappeler qu'il faut bien choisiret qu'on a des avantages et des dangers dans l'utilisation des coquilles antibruit en salle de classe. JEANNE CHOQUETTE : Merci beaucoup, Adriana.ADRIANA : Merci à vous. JEANNE CHOQUETTE : Merci. Alors, comme je disais, on va attendre à la fin de la réunion pour les questions.Si vous avez des questions déjà qui vous viennent à l'esprit, vous pouvez utiliser l'onglet Q&A ou Q&R, si votre logiciel est en français,et puis on pourra y répondre à la fin. Alors, on poursuit maintenant avec la musique!La protection des musiciens, mais aussi, la protection des gens qui assistentà des concerts, parce que c'est quand même extrêmement important. Donc, je vous présente madame Sylvie Auger, que j'ai eu le plaisir de rencontreren préparant avec mes collègues la Journée nationale de l'audition. Donc, Sylvie, je vais vous amener et je vous demande d'ouvrir votre caméra,et puis je vais vous... SYLVIE : Bonjour. JEANNE CHOQUETTE : Voilà, voilà! Alors, donc,Sylvie est audiologiste, elle est directrice clinique et propriétaire de Audiologie centre Ouest à Montréal. Sylvie, je vous laisse la parole.SYLVIE : Merci beaucoup, Jeanne. Bien, ça me fait plaisir de me joindre à vous tous. Moi, j'ai développé un intérêt au niveau de la santé auditive auprèsdes musiciens et des gens dans cette industrie-là, parce que j'ai malheureusement constaté qu'il y ades gens qui avaient eu des dommages irréparables à leur système auditif et qu'ils ont dû mettre fin à des carrièresqu'ils adoraient parce qu'ils n'arrivaient plus à entendre. On va souvent penser que c'est la musique amplifiée qui va abîmerle plus les oreilles, mais il faut se méfier. L'instrument le plus bruyant et le plus dommageable dans un orchestre,ce n'est pas la grosse caisse, c'est le piccolo. Alors, quand on a un joueur de piccolo,qui est souvent un joueur de flûte traversière devant nous, et j'ai pu le constater en les testant, ça peut faire un dommage assez important.Et parfois, de plus en plus, les jeunes -- en tout cas, on espère que nos jeunes musiciens vont être un peu plus sensibilisés,mais souvent, les musiciens qui ont plus d'expérience, on ne leur a jamais parlé du système auditif, on n'a jamais expliqué,comme Adriana l'a dit tout à l'heure, que parfois de réduire le temps d'exposition, ça peut faire toute une différence.Alors, ces gens-là, quand ils sont professionnels, bien, ils vont jouer beaucoup, ils vont pratiquer pour s'assurer de donner une belle performance,mais pratiquer dans un petit cubicule plusieurs heures de suitejusqu'à ce que les doigts n'en puissent plus, ça ne va pas... ça va plus risquer d'endommager l'audition que si on prend des pauses.Alors, l'idée, c'est d'essayer... de plus en plus, nous, on essaie d'aller rencontrer des étudiants en musique pour leur expliquer une meilleure hygiène auditive.Quand on parle de protections auditives, c'est sûr que... on ne s'attendrait pas à ce que des gens dans un orchestrese mettent à jouer avec des coquilles. Alors, on va plus aller vers une protection plus spécialisée pour ces gens-là,ce qu'on appelle des bouchons filtrés de musicien. Pourquoi filtrés?C'est parce que ça a été développé justement pour qu'on puisse réduire le volume, mais d'une façon égale. Donc, la phrase musicale demeureaudible dans toutes les fréquences, et à ce moment-là, ça devient...on peut jouer un peu plus longtemps, parce que le volume a été réduit. Évidemment, ce n'est pas nécessairement pendant une performancequ'on va porter ça, mais au moins, pendant les pratiques, si on réduit le degré d'exposition, la durée de l'exposition et le niveau,bien, à ce moment-là, ça va permettre de... de mieux protéger l'ouïeet idéalement de pouvoir continuer à poursuivre une carrière plus longtemps. Je vous dirais que la même chose vaut aussi pour les spectateurs.C'est sûr que si on va dans des endroits où la musique est très forte, et ça peut arriver dans différentes salles de spectacle,ça peut arriver aussi dans des concerts en plein air comme le festival de jazz, Osheaga et tout ça. Alors, oui, on peut avoir beaucoup de plaisir àécouter cette musique-là, mais souvent, c'est de la musique qui est amplifiée, et si on passe quelques heures ou quelques jours d'affilés,à ce moment-là, ça peut amener une fatigue auditive. Et l'idée est encore là d'essayer de protéger l'ouïe,mais si on se met des coquilles, on n'entendra plus la musique qu'on est venu écouter, alors encore là d'avoir des bouchons,plus les bouchons filtrés que des bouchons, je dirais, de type industriel, ça permet d'entendre la musique, mais à un volume un petit peu moins fort.Et ça ne veut pas dire qu'on est obligés de porter ces bouchons-là tout le temps, on peut dire à un moment donné : cette musique-là, cette chanson-là,je l'aime beaucoup, je veux vraiment l'entendre sans aucun filtre. On peut les enlever, mais après ça, on peut les remettre.Je fais souvent la blague avec des étudiants en musique en disant : écoutez, quand vous donnez votre show, quand vous donnez votre performance,allez-y à font la caisse, mais après ça, quand vous sortez au bar avec les copainspour fêter parce que ça a bien été et tout ça, là c'est le temps de remettre des bouchons pour essayer de réduire la durée d'exposition,surtout s'il y a un autre spectacle le lendemain, et là il n'y aura pas un repos sonore suffisant et la fatigue auditive risque de causeréventuellement un dommage permanent. Et quand on dit dommage permanent, ça peut vouloir dire un acouphène qui va s'installer et qui va durer.Parce que la majorité d'entre nous qui allons dans des endroits où la musique peut être forte, où le bruit peut être fort,on a souvent expérimenté que la... on se retrouve avec un acouphène après ça,et éventuellement, la fatigue disparaît, l'oreille récupère, et on n'entend plus l'acouphène. Mais imaginez que si vous êtes un musicienou quelqu'un qui performe dans le domaine de la musique ou quelqu'un qui aime tellement écouter de la musique, ça devient embêtant d'entendretoujours un petit acouphène en fond sonore. Ça fait qu'à ce moment-là, l'idéal, c'est d'essayer de prévenir que ça survienne.Il existe différents types de bouchons, vous en avez qui sont faits sur mesure,c'est sûr que ceux-là sont plus chers, mais peuvent durer plus longtemps, et on peut changer les filtres qui sont à l'intérieur, donc le niveau de...de protection, si vous voulez, qu'on peut établir. On a des filtres qui vont couperde 9 décibels, d'autres de 15, et d'autres de 25 décibels.Par exemple, pour des batteurs, des percussionnistes, on aurait tendance à recommander du 25 décibels. En général, ce sont des gens qui aiment bienfaire du bruit, qui trouvent ça intéressant, donc généralement on va négocier pourdu 15 décibels. Mais pour moi, ce qui est important, c'est qu'ils les portent, les bouchons, que ce soit 15, 9 ou 25, à partir du moment où ils protègentd'une certaine façon leur audition, c'est déjà ça de gagné. Même chose pour lesgens qui sont dans les salles de spectacle. Ici, au Québec, on n'a pas encorecette mentalité-là de distribuer des bouchons à l'entrée de certains sitesde spectacle où le son est fort ou certaines salles, mais en France, ça se fait, et les gens ne sont pas fâchés quand ça arrive.Vous n'êtes pas obligé de le prendre le bouchon, mais au moins, c'est disponible. Alors, ce serait probablement une bonne chose qu'ici,au moins ce soit offert, pour sensibiliser les gens que le son peut être très fort et que ça pourrait causer un dommage à l'audition.Parce que au fond, on a envie de rester public pour ces spectacles-là pendantlongtemps, et si on se trouve avec un acouphène très fort ou avec un problème auditif ou une hypersensibilité au son, parce que ça arrive des foisque les gens développent ça après une exposition à de la musique très forte, on ne pourra plus aller les encourager, nos artistes, alors je trouve ça un petit peudommage que cette culture-là ne soit pas encore établie dans notre beau coinde pays. Alors, c'est un peu ça que je voulais vous partager.Il y a beaucoup de travail à faire, je vous dirais que les jeunes sont peut-être un petit peu plus sensibilisés, mais il y a un gros gros tabou aussi.Les gens qui sont dans l'industrie de la musique ont souvent très peur de se faire évaluer au niveau de l'audition, parce qu'ils ont peur qu'on leur dise :«oui, il y a un problème.» Et ce que je constate, moi, c'est quej'ai justement eu dernièrement un jeune, un jeune professionnel de la musique, que j'avais vu au moment où il était à l'université, où il avait fait une présentationà sa classe, et il est revenu, ça fait quatre ans qu'il travaille, dans l'industrie de la musique, et là il me dit : « hum, il semble quej'ai perdu un petit peu d'audition. » Et effectivement, on l'avait vu, on l'avait évalué, il était venu passer un dépistage auditifà notre clinique, et quatre ans plus tard, on voit qu'il y a un petit dommage. Rien de catastrophique, mais pour quelqu'un qui est en musique,le rien de catastrophique pour monsieur et madame Tout-le-monde, ça devient beaucoup plus significatif, parce que c'est leur vie d'écouterles sons, d'entendre des différences subtiles. Ça fait que là, il me disait : «oui, je ne sais plus trop, est-ce que je devrais continuer dans ce domaine-là,changer de profession? » Mais au fond, ce n'est peut-être pas nécessairementde changer de profession, mais peut-être des fois de changer les habitudes de travail, de réorganiser un petit peu les horaires, de se permettre un peu plusde repos sonore. Alors, il y a des solutions, mais ce n'est pas gagné d'avance, parce que avec toute l'amplification qui est disponible,on a tendance à mettre beaucoup de puissance et le son fort,le cerveau s'y habitue et il aime ça, c'est comme quand on mange du sucre, quand on aime ça, on en veut toujours un peu plus. Alors, c'est la même chose,quand on écoute de la musique forte, c'est difficile de réduire le volume, mais c'est possible, c'est une petite ré-éducation qu'il faut faire doucement,mais sûrement, pour arriver à conserver notre audition de façon à pouvoir soit jouer de la musique longtemps ou soit en profiter et l'écouter à pleinpendant longtemps. Ça fait que je vais laisser la parole, je ne veux pas empiétersur le temps de mon collègue, Jérémie, puis j'ai bien hâte de l'entendre! JEANNE : Oui! Merci beaucoup, Sylvie. Merci, je trouve ça vraiment intéressantde vous entendre, vous, Adriana, on parle de prévention, de protection,de solutions, et c'est un peu ça aussi le message que Jérémie va nous donner.Donc, Monsieur Jérémie Voix, que je vous présente, j'ai beaucoup entendu parler de lui, c'est la première fois qu'on se rencontre. Jérémie est chef de la directiontechnologique à l'École de technologie supérieure. Et pour être moi-même implantée cochléaire dans les deux oreilles, la technologie, j'adore ça,c'est ça qui a changé ma vie, alors je trouve que les personnes malentendantes,c'est certain qu'on veut éviter d'en arriver là, mais la technologie nous aide. Alors, Jérémie va parler des deux côtés de la médaille, finalement.Je vous laisse la parole. JÉRÉMIE : Merci beaucoup, Jeanne, pour cette présentation. Donc, effectivement, je fais juste la petite correction. Bien, bonjourà toutes, bonjour à tous. Juste la petite correction, je suis professeur titulaire àl'École de technologie supérieure, j'ai juste un chapeau, c'est celui de professeur,mais je travaille effectivement de proche avec des gens qui vont développer beaucoup de technologies, et ça va me faire plaisir de vous en parler. D'ailleurs, une image valant mille mots, j'ai pensé accompagnerma petite présentation d'un petit diaporama que je vais vous partager maintenant et qui, je l'espère, va permettre un petit peu de mieux comprendre,ça va être un peu technique, mais je vais vous parler finalement de la protection auditive. Adriana et Sylvie en ont déjà pas mal parlé, mais finalement, celle du futur,donc celle à l'ère de l'Internet des objets, comme on dit, le LoT. Donc, pourcommencer, je disais, je suis professeur à l'ETS, et en fait, je suis directeur d'une chaire de recherche industrielle qui s'appelle le CRITIAS, qui est spécialisée entechnologie intra-auriculaire. Donc, nous, on pense qu'il y a autour de l'oreille énormément de développement et de recherche à faire, et ce que j'aimerais faire,c'est vous présenter un petit peu le futur, ce sur quoi on travaille en ce moment pour l'avenir, mais également vous présenter ce que finalement on a déjàdéveloppé, ce qui est dans le présent et également des choses encore plus anciennes, classiques. Alors, en parlant de protections auditives,vous pourriez avoir l'impression que finalement les choses n'ont pas tellement évolué, alors qu'en 50 ans, les voitures, les téléphones ont puénormément changer, eh bien, le petit bouchon jaune qui existait il y a 40 ans existe encore aujourd'hui et est très souvent utilisé, alors on pense qu'il y aeffectivement pas beaucoup de progrès et pas beaucoup de recherche. Ce n'est pas tout à fait exact. Et je vais vous présenter un petit peules fondements, on va dire, de la protection auditive. Donc, pour commencer, ça a été dit tout à l'heure par Adriana, elle nous a montréquelques modèles de coquille, donc ce sont les protecteurs que l'on voit en bas à gauche de mon écran, donc les coquilles qui sont autour de l'oreille.Et puis, Sylvie a mentionné aussi les protecteurs intra, donc, par exemple, ceux qui sont faits sur mesure, c'est l'image du milieu à gauche,donc quelque chose qui va être moulé sur mesure et qui peut être même filtré, équipé d'un petit filtre, on en voit un acoustique sur le modèle en bleuet puis un filtre numérique, c'est la nouvelle tendance, sur le bouchon qui est translucide et gris. Et évidemment, la ligne du haut, ce sont les protecteursqu'on appelle passifs, traditionnels, que vous avez sûrement vu dans l'industrie, donc qui sont soit des protecteurs à rouler, soit des protecteurs à insérer,soit des pré-moulés, donc, différentes technologies. Et finalement, image du milieu à droite, une...un produit un peu hybride, qui est un arceau avec des bouchons, que vous avez peut-être vu, on l'a souvent dans les aéroports. Donc, vous voyez, il y aune grande diversité de produits, ils peuvent être adaptés à différents usages, on a parlé déjà des musiciens, précédemment, encore avant, des enfants.Donc, effectivement, tout ça existe. Il y a néanmoins une réalité qui est commune à tous ces protecteurs auditifs, c'est qu'ils ont, selon moi, deux grands problèmes.Je ne suis pas le seul à le dire, mais c'est comme ça que je le formule. Le premier, c'est un grand manque de confort, c'est-à-dire que souventces protecteurs-là ne vont pas être portés de façon continue, parce qu'ils font mal, c'est le confort physique. Parfois, ils sont aussi inconfortablesd'un point de vue perceptif. On entend pas bien les signaux. Donc ça été dit aussi, l'enfant qui est isolé, etc. Donc, c'est un problème d'ergonomie et de confort.Deuxième grand problème, bien, c'est qu'en fait, ils ne sont pas forcément toujours aussi efficaces qu'on le souhaiterait. En fait, leur atténuation,un terme qui a été utilisé, on ne la connaît pas forcément sur un individu donné. Alors, pourquoi est-ce que c'est problématique le manque de confort?Bien, le manque de confort, c'est problématique parce que lorsque le protecteur n'est pas porté, il n'est pas efficace.Et évidemment, si on l'enlève fréquemment, eh bien, on perd de l'efficacité. Alors, la courbe que je vous présente, elle est un peu technique,mais sur l'axe horizontal, en bas, vous avez le temps de non-port. Donc, si vous ne portez pas votre protecteur auditif pendant 60 minutes,donc c'est là où j'ai ma souris, eh bien, finalement, vous n'avez pas l'atténuation sur un quart de travail par exemple, ou un travailleur ou un concert au totalpour un musicien, vous n'avez pas l'atténuation escompté du protecteur parce que vous avez oublié de l'enlever pendant une heure.Alors, une heure sur un concert, c'est beaucoup, mais une heure sur un quart de travail ce n'est pas énorme, et vous voyez qu'une atténuation d'un produitqui serait à 30 décibels, par exemple, donc vous voyez la courbe en bleu, eh bien, ce produit qui, en principe, vous isole de 30 décibels,si vous avez oublié de le porter pendant une heure sur huit, ici c'est un chiffre pour 8 heures, eh bien, vous vous retrouvez avec moins de la moitié,vous êtes en-dessous de 15 décibels d'atténuation. Donc, je reviens finalement à ce que disait Sylvie, que vous preniez 9dB, 15dB, 25 décibels, pour les bouchonsde musiciens. Peu importe, mais ce qui m'importe, c'est que vous les portiez continuellement. L'explication, elle est là, c'est qu'aussitôt que vous l'enlevez,finalement, vous exposez votre oreille et la dose de bruit va être rapidement cumulée. D'où l'importance évidemment d'avoir des protecteur que vous allez aimeret comme on dit le meilleur protecteur, c'est celui qui est dans l'oreille, pas dans la poche.Alors, le deuxième problème, c'est l'atténuation inconnu. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que quand bien même vous avez le bouchon dans l'oreille, et pas dans la poche, bien vous ne savez pas de combienvous êtes protégé, et ça, c'est quelque chose qui a été documenté à travers de nombreuses études. Ici, j'ai une méta-analyse que l'on a faite sur une quarantaine d'étudesà la fois en Amérique du Nord, en Europe et en Asie, qui montrent finalement, et je vais prendre seule la colonne de gauche. Donc, regardez à gauche,vous avez la valeur qu'on appelle le NRR, c'est la valeur estampillée sur le produit. 30 décibels, c'est ce que vous aimeriez que votre produit vous donne,parce que c'est ce qui est écrit sur sa boîte. Et en réalité, ce qu'il va vous donner sur le terrain, si on compare avec des statistiques comparables,donc ce qu'on appelle le 98e percentile, on a en fait un produit qui va donner moins de cinq décibels d'efficacité. Alors, ça c'est un gros problème, un gros déclassement,qui est dû au fait, simplement que lorsqu'on demande à mettre un bouchon, ça ce sont des bouchons en mousse, par exemple, jaunes,les fameux bouchons à rouler. Eh bien, en fait, les gens ne les mettent pas du tout, comme on les a mis en laboratoire pour les tester. Donc, en fait, on n'a pas du toutles mêmes qualités d'insertion, pas du tout les mêmes profondeurs d'insertion et donc pas du tout les mêmes performances. Et c'est un problème,parce que parfois vous pouvez penser être bien protégé parce que vous avez mis un protecteur, et en réalité, bien, vous l'avez mal mis et vous n'êtes passi bien protégé. Donc, ça va être très important, un, d'apprendre à bien mettre les protecteurs ou prendre des protecteurs qui sont moins sujets à ces problèmesd'insertion, donc pensez aux casques à droite, complètement à droite, vous avez la colonne des casques, les Earmuffs, eh bien les casques ou coquilles,vous voyez qu'on a moins ce problème-là, parce qu'en fait, une coquille, il n'y a pas tant de façons de la mettre, à moins de la mettre sur la bouche,mais sinon d'une façon générale, elle va quand même protéger les oreilles. Donc, on a moins de déclassement, on va appeler ça, ou moins decontreperformance. Alors, traditionnellement, c'est ce qu'on recommandait, on recommandait finalement de prendre des protecteurs et de s'assurerqu'ils soient bien mis. Et plus récemment, on a finalement développé des méthodes qui vont permettre de mesurer si le protecteur est bien mis, donc là...je suis fier de vous présenter ce qui a été en fait l'objet de mon doctorat lorsque j'étais à l'ETS au doctorat entre 2000 et 2006.J'avais travaillé sur le développement d'un système avec deux micros, un micro qui, vous le voyez, à droite, va mesurer le son sous le bouchon,sous le protecteur, et un micro à l'extérieur, qui est ici à gauche, qui mesure le bruit ambiant. Et la différence des deuxvous donne l'atténuation telle que vous l'avez dans votre oreille à vous, donc c'était vraiment une atténuation individuelle. Alors, ça a été en fait quelque chose qui a donné fruit à beaucoup d'innovationdans le domaine et qui a été copié ou imité par de nombreuses compagnies, et aujourd'hui, le feed test, je vous présente le système que je connais bienqui est celui qui est maintenant commercialisé par 3M. Eh bien, ce feed test, il est disponible commercialement et utilisé par beaucoupde compagnies qui ont des travailleurs à protéger et qui vont vouloir s'assurer que chaque travailleur est protégé avec un bouchon qui lui correspond.Ça peut être des bouchons ou casques, mais là je vous montre pour les bouchons. Et le concept encore une fois c'est que vous avez ces deuxmicrophones, un microphone à l'intérieur de l'oreille qui traverse le... avec un tube qui traverse le bouchon, et un microphone à l'extérieuret en présence d'un bruit qui est généré souvent par un haut-parleur on va vérifier si ce bouchon est bien mis ou non, on va avoir finalement du feed testinget on va avoir une valeur individuelle d'atténuation. Et alors en fait, ce qui est assez chouette au Québec et au Canada, c'est qu'on a une petite avancelà-dessus, évidemment, on est... parce que ça a été quand même développé au Québec, et donc, par exemple, si on les normes canadiennes de la CSA,l'Association Canadienne de la Normalisation, on va avoir effectivement un chapitre qui est consacré aux tests des protecteurs auditifsgrâce aux méthodes de feed test. On a de la même façon contribué à développerun standard américain, qui s'appelle le S12.11, a été approuvé il y a maintenant quatre ans, en 2018, qui détermine comment des systèmesde feed test doivent être comparés les uns par rapport aux autres. Et puis, plus récemment, cette année, en 2012, on a un nouveau livre,le Noise Manual, qui a été... qui est une édition revue et corrigée. après plus de 20 ans d'existence. La sixième édition va comprendredeux chapitres qui traitent spécifiquement de ces nouvelles façons de tester l'efficacité des protecteurs auditifs. Et finalement, la toute dernière version dela Z1007 qui correspond, finalement, les programmes de conservation de bruit,il va aussi y avoir une section sur le feed test. Donc, pour vous dire que finalement ce qu'on a développé au Québec a eu un impact très important, et doncc'est non seulement au niveau nord-américain, mais maintenant Européen et international également. Donc, voilà un petit peu d'où on vient.Et si on regarde un petit peu ce qui est disponible présentement, eh bien, présentement, ce que l'on fait, c'est finalement des travauxque je vais vous présenter qui sont ceux de la chaire, on a développé des systèmes qui vont combiner à la fois la protection auditive, on a dit que c'était importantde se protéger, mais qui vont aussi s'assurer qu'on soit bien protégés, donc c'est l'aspect monitoring, le cercle à droite que vous voyez, et qui finalementle cercle du bas va vous permettre aussi de communiquer, parce que ça n'a pas été beaucoup mentionné, mais souvent, lorsqu'on porte des protecteurs auditifsdans le bruit, eh bien, on a des besoins de communication, et le fait d'avoir un protecteur entrave la communication. Donc, je vais vous présenter un petit peuce qu'on a développé pour ce volet-là. Donc, d'abord, pour vous faire comprendrece qu'on a développé, on a vraiment développé quelque chose qui est électronique, une plate-forme qu'on va appeler un Hearable,donc c'est le mot-valise de wearable qui sont les objet connectés, comme votre montre intelligente (Smartwatch) et Hearable, doncdans l'oreille. Et typiquement, ce que vous trouvez à l'intérieur de ce dispositif-là,c'est simplement un petit système avec des haut-parleurs qui vont permettrede reproduire le son à l'intérieur de l'oreille. Donc, vous voyez ici, le tube qui amènele son dans l'oreille, mais également un microphone qui va se trouver dans l'oreille, dans le conduit auditif. Et donc, cet espèce de bouchon-là que vous voyezva être équipé d'une partie électronique à l'extérieur, donc là vous voyez un microphone qu'on va retrouver donc pour mesurer le bruit ambiantet les sons ambiants, les sons qui peuvent être utiles, et on va avoir donc cet encapsulage électronique, avec parfois, donc on rajoute souventune portion d'électronique pour nous qui est derrière l'oreille. Donc, un peu comme les prothèses auditives ont des "Behind Ear", on a aussinotre électronique à l'arrière. Et on peut brancher des fils de programmation, des fils de monitoring directement. Donc, ça, c'est la plate-forme qu'on appellede recherche, et dessus, on peut mettre un bouchon, un bouchon qu'on aime bien être un bouchon fait sur mesure mais qui peut être aussi simplement...un bouchon de mousse. Donc, ça c'est l'outil qu'on appelle ART chez nous, c'est le Auditory Research Platform. Donc, c'est vraiment un outil de recherche,donc ce n'est pas un outil commercial, mais c'est avec ça qu'on fait nos recherches et c'est avec ça qu'on va développer des solutions pour protéger, donc vous avez vu qu'il y a unbouchon, donc on protège de façon passive l'oreille d'un travailleur. Et la deuxième chose, on va finalement faire du monitoring,du monitoring de bruit, c'est-à-dire qu'on va regarder vraiment le niveau auquel la personne est exposée. Et on l'a bien dit au début, Adriana en a parlé,le fait que les jeunes qui soient exposés aussi par l'écoute de musique, lorsqu'on va...voilà, donc vous avez ici une journée typique d'écoute de quelqu'un,Je déplace mon petit... ma petite feuille... Vous voyez quelqu'un qui le matin prend son café, prend le métro, ensuite va travailler, sa pause lunch au travail,ensuite rentre chez lui, le souper et ensuite un film, et puis, finalement, le dodo.Alors, le dodo, c'est très bien, c'est là qu'on se repose l'oreille, mais malgré tout, avant ça, il y a toujours eu de l'exposition, et c'est cette expositioncumulée, le fait qu'on accumule en permanence de l'énergie, finalement, qui fait en sorte qu'on va effectivement avoir les risques de perte auditivedont on a parlé un petit peu plus tôt. Donc, l'idée c'est d'être capable avec des technologies de monitorer, de mesurer toutes ces expositionscumulatives, qu'elles soient liées au travail, qu'elles soient liées aux loisirs, aux périodes de repos et ainsi de suite. Donc, le monitoring 24 heures,c'est quelque chose qui s'en vient très fort en industrie, on le souhaite, et qui s'en vient aussi beaucoup dans les objets connectés. Vous l'avez peut-être vusur différents produits récemment lancés. Alors, en industrie, les prototypesqui ont été testés avec nos partenaires industriels permettaient vraiment de mesurer, donc, les doses de bruit, et vous voyez ici deux doses, une en bleu,une en rouge, durant le temps de quart de travail, de... ici, c'était un... de 8h à 18h,et vous voyez, finalement, les deux doses, parce qu'il y a celle qui est à l'extérieur de l'oreille et il y a celle qui est sous le protecteur auditif, et qui permet vraimentde savoir l'efficacité du protecteur. Donc, vous voyez une dose ici de 115 %, donc la personne a un petit doigt d'échec, parce qu'elle n'a pas été forcémenttrès bien protégée. Donc ce sera un travailleur qu'il va falloir surveiller. Et on peut de la même façon, donc, avoir un monitoring finalement individuelde chacun des travailleurs, mais protéger finalement un groupe. Plutôt que de protéger simplement avec un produit générique, on est capable devraiment individualiser chacune des protections et s'assurer que chaque personne est adéquatement protégée. Donc, ça c'est le genrede technologie que l'on a en ce moment. On a également la possibilité decommuniquer dans le bruit. Alors, la communication va se faire avecle microphone dont je vous ai parlé, qui est dans l'oreille, et ce microphone, bien, va capter ma voix, donc là vous voyez mon système de microphoneproche de la bouche, le son qui est capté et qui vous parvient, c'est celui qui sort de ma bouche. En réalité, si je mets un microphone dans l'oreille,je suis aussi capable de capter ma voix, et l'intérêt, évidemment, c'est que vous allez pouvoir capter la voix même si j'ai quelque chose qui masque devantla bouche, vous pouvez capter par exemple sous un respirateur, sous un masque, ainsi de suite. Donc, c'est très intéressant pour l'industriemais aussi pour des domaines médicaux. Alors, pour des raisons de temps,je vais couper la démonstration, je ne vais pas vous faire la démonstration de comment ça sonne le son qui sort de votre oreille, mais vous pouvez imaginer,c'est un petit peu comme lorsque vous vous bouchez l'oreille et que vous parlez, vous entendez une voix un petit peu caverneuse, un petit peufiltrée et c'est ça qu'on va devoir travailler avec de l'électronique pour la rendre intelligible. Alors, voilà, la seule chose que je voulais terminer pour dire sur le présent,c'est que, ça, c'est un prototype qui a été commercialisé par Ears, c'est avec eux qu'on a cette chaire industrielle et je suis quand même fier quecette technologie a rencontré... a remporté, pardon, un prix d'innovation, le tout premier prix qui avait été fait dans une compétition qui cherchaitjustement des solutions aux problèmes de l'audition et de la perte auditive en milieu de travail, qui était une compétition américaine,et on était la seule équipe canadienne, et on a remporté ce premier prix là. Donc, c'est juste pour vous dire qu'il y a une petite fierté québécoiseà développer ici des solutions qui vont bientôt être sur le marché. D'ici quelques mois, vous allez probablement voir cela si vous êtesen contact avec le marché industriel. Alors, je prends juste deux minutes pour vous parler un petit peu du futur. Si ce que je vous ai présenté vous paraîtfuturiste, dites-vous que c'est assez classique maintenant, et que le futur,chez nous, c'est vraiment l'idée qu'il y a une convergence entre tout ce que vous avez dans l'oreille converge, et que ce soit un écouteur pour votremusique, que ce soit un protecteur auditif pour être en concert ou que ce soit une prothèse auditive pour palier à une perte, eh bien, tout ça devient le mêmeet unique appareil que vous allez avoir dans l'oreille. Et j'en ai pour preuve que les Américains ont donc déréglementé, dérégulé le marché prothèse auditiveavec une législation qui date de 2017, qui n'est pas encore tout à fait mise en acte,mais qui va le devenir, et qui fait que n'importe quel produit consommateur peut devenir une prothèse auditive. Et ça veut dire quoi? Ça veut direqu'une prothèse auditive, ça ne va pas ressembler à ce que vous avez sur la droite, et qui beige et pas forcément très très sexy. Ça va pouvoir ressemblerà des produits que vous connaissez, que vous avez déjà vus dans des oreilles, et là je tiens à tirer mon chapeau au fait qu'effectivement une compagniecomme Apple soit capable de mettre des choses qui ressemblent un petit peu à ce qu'on veut dans l'oreille et finalement démocratise beaucoup le portde technologies dans l'oreille. Donc, un jour, vous pourrez... là, c'est une brosse à dents que j'ai dans l'oreille, mais ça se peut très biendans le métro, les gens ne remarquent même pas. Par contre, dans le futur, ça pourrait très bien être ma prothèse auditive, ça pourrait très bienêtre un appareil de communication, tout ça, encore une fois, va être intégré. Et alors, cet électronique, elle a beaucoup de capacité, et je parle de l'Internetdes objets, parce qu'effectivement, de l'électronique connecté permet par exemple de faire du traitement de signal avancé, et là on peut notammentrécupérer ce qu'on appelle les biosignaux, donc le microphone qui capte ma voix, il peut aussi capter le battement cardiaque, donc le son de moncoeur en fait, ou le son de ma respiration, et là vous avez un bas ce qu'on appelle un spectrogramme. Et pour ceux qui ont une bonne vision, vous allez pouvoir voirqu'il y a de tout petits points noirs tout en bas, ça, c'est le battement cardiaque et vous pouvez voir des grandes stries blanches, et ça c'est la respiration.Donc on voit des périodes de respiration et le battement cardiaque juste avec un microphone dans l'oreille, alors ça ouvre la perspectivede beaucoup de monitoring possible à tous les porteurs d'appareilsélectroniques. On peut aussi monitorer d'autres signaux, mais je n'ai pas le temps d'aller là-dessus, je vais juste terminer sur une autre modalité que l'on a, qui estde capter, finalement, ce que l'on appelle les zones cérébrales. Donc, vous savez que quand il y a de l'activité notamment au niveau du cortexauditif. On peut en surface, mesurer des petits courants, donc c'est ce qu'on mesure avec des électrodes et de l'EEG - donc, l'électroencéphalographie - et vousvoyez que l'EEG qui était traditionnellement réservé aux hôpitaux devient de plus en plus mobile, on est capable de l'embarquer et dans des sacsplus ou moins... ou dans des systèmes plus ou moins portables. Mais c'est la grande tendance d'avoir des systèmes qui sont donc mobileset qui vont donc pouvoir faire de l'EEG, on appelle ça in vivo, en situation un peu plus réelle. Et ce qu'on a fait, nous, comme preuve, c'est qu'en mettant une...vous connaissez un petit peu, à gauche la plateforme ART. Donc, en mettant des électrodes dans l'oreille et autour de l'oreille, on est capables en faitde se comparer à des Full Scalp EEG et d'avoir finalement des résultats en termesde signaux, donc des potentiels auditifs évoqués, d'avoir des résultats qui sont tout à fait exploitables. Donc, ça veut dire qu'avec des dispositifs très très légerson va pouvoir s'intéresser à votre audition, et notamment quelque chose qui est trèsimportant pour un appareil qui vient vous aider, c'est de savoir ce à quoi vous portezvotre attention, qu'est-ce que vous êtes en train d'écouter. Il y a cinq conversations à table, c'est de la voix, cinq voix différentes, la prothèse auditive vatypiquement les amplifier les cinq, parce qu'elle peut pas faire la différence. Avec ce genre de technologie-là, on serait capable de taper dans le système référantet d'avoir une idée de la conversation que vous cherchez à suivre, et d'avoir ce stream qui soit...qu'on verrouille finalement pour avoir votre attention surune seule parole, par exemple. Donc, c'est un petit peu le Saint-Graal, on va dire de la prothèse auditive, le contrôle cognitif des dispositifs intra-auriculairesAlors, voilà, c'était un petit peu mon aperçu, et c'est là-dessus que je terminecette présentation et j'arrête mon partage. JEANNE CHOQUETTE : Merci beaucoup. Merci, Jérémie. Effectivement, c'est vertigineux de voir ça, c'est surtout très encourageant.Alors, on va revenir donc tous ensemble, les panélistes et moi.Félicitations, Jérémie, pour votre prix, c'est... ça donne de l'espoirpour les personnes, et aussi, faire de la prévention. On a des questions.Est-ce que les... est-ce que c'est possible de distribuer les présentationsPowerPoint? Donc, si vous nous les envoyez à nous, Audition Québec, on pourra les envoyer aux gens qui... qui étaient inscrits à la conférence.Voilà. Pour madame Auger et madame Lacerda, est-ce qu'il y a...on va commencer par madame Auger : est-ce qu'il y a de la prévention faite en amont pour la protection auditive des musiciens? Au secondaire,par exemple, dans les programmes de musique. SYLVIE : Non, malheureusement.On est déjà allés présenter dans une école secondaire où il y a une spécialité en musique, puis justement, il y a un programme de musique, mais non,ce n'est pas vraiment... ce n'est pas vraiment intégré. Souvent, les musiciensn'ont aucune connaissance au niveau du système auditif, puis c'est souvent par essais et erreurs ou par transmission de : ah, bien, tiens, moi j'ai essayé tel truc,fais attention à telle chose. C'est sûr qu'ils sont capables intuitivement de comprendre que s'ils mettent le volume fort, c'est plus dangereux, mais non,pas vraiment, malheureusement. Puis même à un niveau universitaire, j'ai un ami dont la fille fait présentement un cours de musiqueà l'Université d'Ottawa. Elle joue de l'alto et elle n'a aucune protection auditive.Là, j'ai disputé mon ami, parce que j'ai dit : écoute, j'ai dit ta fille, là, va développerun problème auditif de l'oreille gauche. Tous les joueurs de cordes, tous les musiciens qui jouent violon, alto... ont tendance à avoir ce problème-là.J'ai dit : Je ne veux surtout pas qu'elle débarque chez nous dans 10 ans pour me dire : Ah, j'ai de l'acouphène maintenant. J'ai dit : c'est maintenantque ça se passe, c'est maintenant qu'il faut faire de la prévention. Mais non, ce n'est pas connu, malheureusement. JEANNE CHOQUETTE : D'accord. C'est un peu à ça qu'on veut en arriveravec justement la Journée nationale de l'audition, parce que c'est... et vous parliez,Sylvie, en France, qu'il y a des bouchons de disponibles et tout ça. Audition Québec,on veut, avec la JNA aussi, éventuellement développer ce genre de prévention,de kiosque, par exemple, dans les festivals cet été, là. Jérémie, vous voulez intervenirlà-dessus? JÉRÉMIE : Oui, je voulais juste dire que bien que ce ne soit pas encore déployé et disponible partout, il y a quand même des efforts de recherchequi sont faits justement pour intégrer dans des écoles de musique ou même des facultés de musique, des programmes de prévention,et on en fait partie, et je me permets en fait puisque Adriana fait également partie aussi de cette initiative-là avec l'Université McGill, on a depuisquelques années développé, ce qu'on appelle le HCP, ce qui veut dire Hearing Conservation Platform.. et en fait, ça va être un mélange à la fois de mesuresavec votre téléphone intelligent pour avoir la dosimétrie, finalement, du bruit d'exposition mais aussi avec une tête artificielle qui mesure le niveau vraimentde votre casque d'écoute et de savoir sur votre baladeur à combien vous mettez. Et avec l'idée de sensibiliser justement les étudiants en musiqueet de leur faire mesurer finalement toutes les expositions qu'ils ont et je vous ai bien expliqué, c'est aussi bien durant leurs pratiques, que durant les concerts,durant leurs sorties, le nightlife, etc. Et d'avoir finalement une image très claire de... on appelle ça le vieillissement de l'oreille, parce que finalement,puisqu'on... on ne l'a peut-être pas dit ici, mais puisqu'on perd tous l'audition tranquillement avec l'âge, la presbyacousie est une réalité universelle,on peut finalement faire l'équivalent d'âge perdu en étant surexposé. Donc, on a calculé un indicateur qu'on appelle le Age of Your Ear, et quidit finalement que bon, vous allez l'air bien beau, bien fin, vous avez 25 ans mais vos oreilles en ont déjà 30 et si tu continues à cette vitesse-là, dans cinq ans,tu en auras pas 30, toi, mais tu en auras 40. Et je peux vous faire écouter comment ça sonne un enregistrement avec 40 ans d'oreille, c'est un petit peu différent,parce que tu as perdu une certaine sensibilité des fréquences aigues et ainsi de suite. Donc voilà! Donc, ça, c'est juste pour vous dire qu'un jour,on espère bien pouvoir sortir ça et ça va être tentant. JEANNE : Excellent. Il y a de plus en plus de sensibilisation, il y a encorebeaucoup de travail à faire, mais on y arrive. Adriana, quelqu'un demande : qui peut-on consulter pour savoir comment bien porter nos protecteurs?Est-ce que ce sont les audiologistes? ADRIANA : Oui, les audiologistes sont des professionnels capacités pour conseiller sur la protection auditivechez les enfants, les travailleurs ou les musiciens, ou bien une personnequi voudrait protéger leur audition en exposant à des bruits environnementaux,par exemple. Mais je voudrais juste ajouter, concernant les programmesde santé auditive chez les enfants, on a des initiatives aussi à l'Université de Montréal dans le cours Audition, promotion et préventionen audiologie, donc on... ça fait quelques années qu'on a un partenariatavec la Commission scolaire de Montréal, donc nous sommes allés cette annéeet des années précédentes. Dans les écoles, pour faire la sensibilisationchez les enfants au primaire et au secondaire. Donc, c'est vraiment trèsapprécié par toute la communauté scolaire, et même par les enfants,parce que c'est vraiment important de sensibiliser en bas âge.Donc, on commence déjà à créer des bonnes habitudes, incluant aussi les...les conservatoires et les écoles de musique. Donc, on a quelques initiativesdéjà, mais il faut élargir et être vraiment systématiques.JEANNE CHOQUETTE : Hum hum. Effectivement, le conférencier ce matin expliquait que justement les enfants au primaire sont peut-être plus réceptifs;au secondaire, ils sont déjà plus : O.K., il faut être cool. Mais... alors,c'est vraiment vis-à-vis les enfants qu'il faut commencer, puis eux, ils vont éventuellement contaminer leurs parents, leurs grands-parents. Alors...ADRIANA : Exactement, c'est plus facile avoir de bons comportements,de bonnes habitudes de vie chez les enfants que changerles comportements chez les adolescents et les adultes. Donc, les changements de comportements, ça prend plus de temps, plus d'énergie, vraiment.JEANNE CHOQUETTE : Oui, c'est bon. Bien, félicitations pour vos programmes, j'en ai entendu parler, puis il va y avoir une suite. Jérémie, on demande :est-ce que vous disposez de fonds de recherche qui vous permettent de progresser rapidement? JÉRÉMIE : Alors, je suis heureux de dire que oui,en fait, c'est une recherche qui intéresse beaucoup... beaucoup l'industrie, parce que vous savez, l'industrie, évidemment, traditionnelle, là où il y abeaucoup de bruit, pensez à la construction, au transport et autre, bien, ils savent très bien que ça a un coût quand même et puis la main-d'oeuvreest rare et on veut en prendre soin. Donc, oui, on cherche à protéger, donc il y a des contrats, donc les partenaires industriels sont capables finalementde financer les recherches qu'on fait. Et puis pensez aussi, donc on a parlé beaucoup d'exposition à travers les casques de musique, les téléphoneset autres lecteurs MP3 et puis ça aussi, c'est des gens qui cherchent... qui veulent pas se retrouver dans la position des marchands de cigarettesil y a 40 ans. Donc, voyez ils veulent pas forcément se retrouver avec des recours collectifs d'ici 20 ans parce que tout le monde va être devenu sourd.Et donc, ils sont aussi très intéressés à bien comprendre les... voilà, commentdésigner des produits qui soient plus respectueux de l'oreille, qui soient plus... oui, plus respectueux de l'oreille et donc là aussi ce sont des financementsauxquels on a accès qui sont tout à fait... JEANNE CHOQUETTE : Merci, merci. Il nous reste du temps, peut-être une ou deux questions. Il y en a une ici...pour... je pense que ça s'adresse plus à Adriana, étant donné ce qu'elle vient de dire : pour les enfants ayant des troubles du traitement de l'audition, central ou non,il y a un manque cruel de système MF disponible dans les Commissions scolaires. Est-ce que vous faites de la représentation dans les Centres deservices scolaires en ce sens? ADRIANA : Oui, et même l'Ordre des orthophonistes et audiologistesfont beaucoup d'efforts pour mettre en place des systèmes MF dans les écoles.C'est... ça fait des années qu'on met des efforts pour combler cette lacune.JEANNE CHOQUETTE : O.K. On a encore du travail à faire. Bien, je vous remerciebeaucoup, je pense que c'était la dernière question. Oui. Alors, je vous remerciebeaucoup. Je vous rappelle que la dernière édition de la revue Sourdine,qui est la revue d'Audition Québec, porte sur le bruit. La revue fait 74 pageset je pense qu'il y en a comme 50 qui portent sur le bruit. Ça rejoint un peu ce qu'on disait tantôt, on parle de solutions, on parle de prévention.Alors, je vous invite à aller sur le site d'Audition Québec, vous allez la retrouver, elle est gratuite, cette édition spéciale. Alors, Jérémie, Sylvie, Adriana, merciinfiniment. Merci à nos interprètes, donc Amélie et Anne-Marie, et à notresous-titreur, qui est absolument incroyable, Christophe Bolduc.C'est une vraie personne, ce n'est pas une machine, ce n'est pas l'intelligence artificielle, c'est l'intelligence humaine. Alors, merci à tous.La prochaine conférence, je sais déjà pour le nombre d'inscriptions qu'elle est trèspopulaire, c'est à 14 heures, sur les acouphènes. Si vous n'avez pas faitattention à votre ouïe comme on vous l'a expliqué, donc les acouphènes, c'estdonné par M. Ronald Choquette, qui est docteur en audiologie. Si vous n'êtes pasdéjà inscrits, allez sur le site soit d'Audition Québec ou de la Journée nationale, journee-audition.ca vous allez trouver le lien pour vous inscrire sur Zoom. Merci encore et bonne continuation. Merci! Au revoir!

Panel : Conservation et protection de son ouïe

Revoyez ce panel où trois professionnels du domaine de la santé auditive, Mme Adriana Lacerda, Ph.D. Sciences biomédicales, option audiologie, Mme Sylvie Auger, M.O.A. #0004 Audiologiste, directrice clinique et propriétaire, Audiologie Centre-Ouest inc. et M. Jérémie Voix, professeur titulaire, ÉTS, discutent de solutions pour protéger ses oreilles dans différents contextes.

Toronto AES - Hearing Fatigue - "Life in Headphones"

Invited talk to Acoustical Society of America (ASA) conference, December 8, 2020.

PRIX PARTENARIAT - Technologies mondiales EERS en partenariat avec CRITIAS et Prompt

 

Entrevues télévisées

En ouverture, on voit des images de villes avec des immeubles vus de haut.
Narration : Se divertir quand on vit avec un handicap peut présenter des défis, mais il n'en reste pas moins un besoin essentiel.
On voit maintenant deux personnes : une femme et un homme; ce dernier joue à un jeu vidéo qui s'affiche sur un grand écran tout à droite du plan. Gros plan sur ses mains alors qu'il tient la manette de sa console.
L'image nous montre maintenant trois femmes portant chacune un masque de protection. La femme située le plus à gauche est assise. Celle du milieu est debout et porte des lunettes de réalité virtuelle. Celle complètement à droite est également debout et semble diriger celle qui est au milieu.
Un gros plan sur la fille portant les lunettes de réalité virtuelle.
On voit maintenant des chercheurs qui font un test sur une femme qui porte un casque d'électroencéphalogramme.
Narration : Des chercheurs et des gens de l'industrie du divertissement se penchent aujourd'hui sur de nouvelles façons d'aborder la question.
Maintenant, on voit quatre personnes assises autour d'une table de bureau. Du côté droit de la table, il y a un homme avec un ordinateur devant lui, et une femme à ses côtés qui le regarde pendant qu'il parle. De l'autre côté, se trouvent également une femme et un homme qui écoutent.
On voit un homme avec des lunettes portant un t-shirt rouge à gauche et une femme avec des lunettes portant un pull vert à droite, tous deux assis devant un ordinateur.
Ensuite : deux hommes devant un ordinateur dans un bureau. L'homme à gauche tape quelque chose sur son clavier, celui de droite lui parle.
Plan sur l'écran de l'ordinateur affichant une animation.
Sur fond bleu, on voit s'afficher les mots « Une production de Fairplay en collaboration avec AMI-télé ».
Narration : Fairplay présente, en collaboration avec AMI-télé.
*Musique générique de l'émission*
Sur fond bleu, les mots « Connectés sur l'avenir » apparaissent.
Narration : Connectés sur l'avenir, pour se divertir.
On voit trois personnes qui parlent sur un plateau de télévision. En surimpression, s'affiche en blanc : « SE DIVERTIR ».
Vue panoramique d'une partie de la ville de Québec. En surimpression, s'affiche en blanc : « QUÉBEC ».
Plan sur le centre de recherche CERVO, vu de l’extérieur.
Narration : Au Centre de recherche CERVO, à Québec, une équipe de chercheurs développe un outil qui permettra, entre autres, aux personnes sourdes et malentendantes de mieux percevoir la musique.
On voit une femme qui est en train d'utiliser son ordinateur portable.
Plan de la même femme assise en train de parler.
Andréanne Sharp : Moi, j'ai fait beaucoup de musique étant jeune.
Et j'avais aussi un grand intérêt pour les sciences de la santé en général.
On voit Andréanne Sharp debout, parlant avec une autre femme assise qu'on voit de côté.
Andréanne Sharp : J'ai trouvé, disons, ma voie dans un métier qui fusionnait ces deux passions-là, qui est l’audiologie, pour devenir audiologiste.
On voit Andréanne Sharp qui met un appareil dans l'oreille de l'autre femme.
Plan serré de Andréanne Sharp en train de parler.
Zoom sur une femme souriante avec son nom qui apparaît à l'écran : Andréanne Sharp.
Andréanne Sharp : Je suis Andréanne Sharp. Je suis professeure-chercheuse au Centre de recherche CERVO, affilié à l'Université Laval.
Plan serré de Andréanne Sharp assise qui parle.
Andréanne Sharp : Les technologies ont énormément évolué, autant au niveau des appareils auditifs que de l'implant cochléaire.
On voit un implant cochléaire.
Andréanne Sharp : On s'en va vers du mieux, toujours, toujours.
On voit le même implant cochléaire dans une petite boîte que des mains ouvrent.
Plan serré de Andréanne Sharp qui parle.
Andréanne Sharp : Ça reste qu'il y a des limites parce que, par exemple, si je prends l'implant cochléaire, on remplace des milliers de cellules dans la cochlée par une vingtaine d'électrodes. Donc, c'est sûr qu'on ne peut pas reproduire aussi fidèlement qu'on le voudrait le signal sonore. Donc, on commence à s'intéresser de plus en plus à la modalité tactile, justement pour rajouter une expérience plus réelle.
Plan rapproché d'Andréanne Sharp assise devant un ordinateur portable qu'elle utilise.
Andréanne Sharp : Il y a un intérêt grandissant, mais ça reste qu'il y a très peu de recherches qui ont été faites à ce jour.
On voit le prototype d'un gant avec des petits haut-parleurs.
Andréanne Sharp : Nous, ce qu'on tente de développer, c'est un gant dans lequel il y a des petits haut-parleurs pour transmettre la musique via la modalité tactile. Donc, qu'on puisse ressentir la musique à travers les mains.
Autre plan très rapproché du gant avec des petits haut-parleurs.
Narration : À ce stade de son développement, le gant sert uniquement à la recherche. C'est donc un prototype qui ne pourrait pas être utilisé dans la vie quotidienne. Il est constitué de petits haut-parleurs qui vibrent au rythme de la musique, attachés à un gant de sport.
Retour au plan de Andréanne Sharp qui parle.
Andréanne Sharp : Souvent, ce que je vais expliquer aux gens, c'est un peu comme mettre ses mains sur des haut-parleurs.
Autre plan très rapproché du gant avec des petits haut-parleurs.
Plan serré de Andréanne Sharp en train de parler.
Andréanne Sharp : Une statistique que je rapporte souvent, c'est qu'il y a 70 % des gens qui font partie de la communauté sourde qui participe à des activités musicales, que ce soit la danse, le chant.
On voit des gens qui dansent dans une discothèque.
On voit des personnes qui chantent, partition à la main.
Plan serré de Andréanne Sharp en train de parler.
Andréanne Sharp : Donc, je pense que c'est un outil qui peut être utile aussi pour la communauté sourde.
On voit de nouveau Andréanne Sharp travaillant sur son ordinateur portable.
On voit une fille qui porte les gants avec les haut-parleurs et le casque EGG.
Narration : Le gant vibrotactile pour mieux comprendre le cerveau.
On voit deux personnes (dont la professeure Sharp) assises à un bureau. Elles fixent un écran d'ordinateur.
On voit l'extérieur du centre de recherche CERVO.
Un homme fait un test sur la fille qui porte le casque EEG.
Narration : Andréanne et son équipe ont commencé leur test avec des personnes entendantes et des personnes ayant une déficience auditive pour voir comment le cerveau traite les informations multisensorielles.
Gros plan sur le casque EEG porté par la jeune femme.
Narration : Philippe Albouy, qui travaille sur ce projet, dirige les tests.
Plan de l'homme, debout à côté de la fille qui porte le casque.
Narration : Ici, la participante à l'étude n'a pas de déficience auditive.
Plan de côté de la femme casquée. La caméra se déplace pour nous la montrer en train d’enfiler un gant.
Narration : Le gant transmet des vibrations sur ses mains au rythme de la musique, pendant qu'on observe l'activité de son cerveau quand le sens du toucher perçoit la musique.
On voit l'écran de l'ordinateur. Le chercheur fait le test sur la femme qui porte un casque EEG. On la voit bouger ses mains gantées.
Narration : On tente ainsi de valider s'il est possible pour l'humain de percevoir la musique par la modalité tactile.
Philippe Albouy : On lui a installé deux gants vibrotactiles qui contiennent sur chaque doigt un petit haut-parleur. En fait, on est en train de t'installer un casque EEG qui contient 64 électrodes. Et ces électrodes, elles permettent d'enregistrer l'activité électrique de ton cerveau.
On voit la femme portant le casque EEG.
(Musique de piano)
Plan serré de Andréanne Sharp en train de parler.
Andréanne Sharp : Quand on fait, par exemple, l'électroencéphalographie, ce qu'on veut aller chercher, c'est comment notre cerveau fonctionne, comment les zones du cerveau vont communiquer ensemble.
Plan sur la femme portant le casque EEG.
Plan serré de Andréanne Sharp en train de parler.
Andréanne Sharp : C'est ça qu'on veut voir, qu'on veut comprendre, qu'on veut aller chercher. Ça nous prend ça pour déterminer si c'est un outil qui est utile ou pas. Parce que si ça ne fait aucune réaction dans notre cerveau, ça nous donne un indice que ça ne fonctionne pas. Mais ce n'est pas le cas présentement, ce n'est pas ça qu'on voit. On voit qu'il y a de l'activité dans notre cerveau et c'est super intéressant.
On revoit le chercheur et la jeune femme avec le casque EEG.
On voit des mains portant les gants avec des petits haut-parleurs. Les doigts pianotent sur le clavier d'ordinateur.
Le chercheur et la jeune femme parlent pendant que l'expérience se déroule.
Philippe Albouy : En termes de ressenti par rapport à la musique elle-même, est-ce que tu penses que la stimulation tactile ajoute quelque chose?
Participante : On est plus concentré sur ce qui se passe, en fait, quand on reçoit une stimulation sur les mains puis que la musique joue en même temps. C'est comme si je me concentre à savoir qu'est-ce qui se passe plutôt que de la simple musique que j'entends habituellement.
Plan serré de Andréanne Sharp en train de parler.
Andréanne Sharp : Tout le monde est impressionné, en fait, quand ils l'essaient, j'ai toujours une réaction assez instantanée de « Waouh », assez grandiose, là, de la part de tous les participants, en fait, qui étaient soit normaux entendants ou avec une perte auditive.
Autre plan de côté des mains gantées de la participante.
Plan rapproché de la participante portant le casque EEG.
On voit les gants sur le clavier.
On voit Andréanne Sharp et Philippe Albouy parler dans un bureau.
Plan d'Andréanne et de Philippe Albouy regardant le résultat de l'électroencéphalogramme sur l'écran d'ordinateur. Ils discutent.
Gros plan, à l'écran d'ordinateur, du résultat de l'électroencéphalogramme. On voit le doigt du chercheur pointer quelque chose à l'écran.
Narration : Une fois l'expérience terminée en laboratoire, les résultats de l'électroencéphalogramme sont analysés par un logiciel qui permet de voir, à l'aide de graphiques, quelles parties du cerveau ont été activées pendant l'écoute avec le gant vibrotactile.
Plan d'Andréanne et de Philippe Albouy regardant le résultat de l'électroencéphalogramme sur l'écran d'ordinateur. Certaines zones du cerveau affiché à l'écran s'activent, comme en témoigne la coloration orange qui apparaît.
Philippe Albouy : Ce qu'on est en train d'observer ici, pour l'instant, c'est une sorte de coactivation.
Gros plan, à l'écran d'ordinateur, de l'électroencéphalogramme.
Philippe Albouy : Donc, là, ce qu'on voit, c'est que les deux régions s'activent en même temps.
Andréanne Sharp : Donc, ça veut dire que notre idée de départ, de dire que notre cortex moteur, notre cortex auditif se parlent quand on fait une tâche, de percevoir des sons avec les mains, bien, ça fonctionne.
On voit Andréanne et Philippe Albouy en train de se parler.
Philippe Albouy : Exactement.
On voit le gant avec les haut-parleurs. Il est enfilé sur la main d'un mannequin.
Narration : Andréanne et son équipe veulent pousser la recherche encore plus loin. À l'aide de l'imagerie par résonance magnétique, ils veulent voir en temps réel comment l'utilisation du gant agit sur le cerveau.
On voit un appareil d'imagerie par résonance magnétique.
On voit de nouveau Andréanne Sharp qui parle.
Andréanne Sharp : La prochaine étape du projet, j'avais besoin d'aide pour la réaliser.
Le gant actuel n'est pas compatible avec l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle.
Nouveau plan sur le gant.
Andréanne Sharp : Pour ça, je suis allée chercher Jérémie Voix, à l'ÉTS.
On voit de nouveau Andréanne Sharp qui parle.
On voit Andréanne Sharp en train de discuter sur son ordinateur avec Jérémie Voix, sur Zoom.
Andréanne Sharp : Salut Jérémie! Est-ce que tu m'entends bien? Sur Zoom, des fois, ça ne fonctionne pas super bien.
Jérémie Voix : Oui.
Andréanne Sharp : Parfait.
Andréanne Sharp : Il est ingénieur spécialisé dans les technologies acoustiques, pour nous aider à élaborer ce gant-là, qui va pouvoir aller dans la machine IRM qui nous permet vraiment d'aller voir des images du cerveau.
Gros plan de l'écran d'ordinateur d'Andréanne Sharp, qui montre un écran Zoom où on aperçoit Jérémie Voix en train de parler. Il fait des gestes avec les mains pour appuyer son propos.
Plan plus large où on voit Andréanne Sharp de côté, discuter avec Jérémie Voix qu'on voit très clairement dans l'écran d'ordinateur.
On voit de nouveau Andréanne Sharp qui parle à la caméra.
On voit une machine à IRM.
Plan sur Jérémie Voix qui parle face à la caméra. Il porte le gant dans sa main droite.
Jérémie Voix : Ces systèmes, que vous connaissez peut-être en hôpitaux, ont un énorme champ magnétique.
Et le problème, c'est que ce sont des éléments que l'on appelle « ferromagnétiques », donc qui vont, en réalité, contaminer l'image que l'on aurait dans la machine, mais qui, également, sont dangereux comme tels, puisque l'aimant est tellement fort que le gant viendrait à se coller contre l'appareil et provoquerait des blessures.
Gros plan sur Jérémie Voix, de face. Son nom apparaît à l'écran.
Jérémie Voix : Je suis Jérémie Voix, professeur-chercheur à l'École de technologie supérieure. Donc, mon rôle, c'est de redesigner ce gant de manière à ce qu'il soit finalement compatible avec la machine IRM.
Retour au plan précédent de Jérémie Voix parlant face à la caméra.
Gros plan sur ses mains. Il touche sa main gantée avec son autre main.
Jérémie Voix : On est obligés de reconcevoir l'ensemble, plus l'électronique.
Retour au plan précédent de Jérémie Voix parlant face à la caméra.
Jérémie Voix : Là, on avait des fils très importants, il va falloir effectivement qu'on soit compatibles, encore une fois, avec l'IRM.
Gros plan sur les fils connectés au gant, Jérémie Voix montre le gant à la caméra.
Jérémie Voix : Donc, on doit redesigner aussi la partie de l'électronique.
Retour au plan précédent de Jérémie Voix parlant face à la caméra.
On voit le gant et ses fils.
On voit de nouveau Andréanne Sharp qui parle à la caméra.
Andréanne Sharp : Donc, on a beaucoup de travail à faire pour rendre ce gant-là accessible et commercialisable. Mais, c'est quelque chose qu'on a en tête, puis d'essayer de créer quelque chose qui serait accessible, pas trop dispendieux pour les gens, ça serait super.
Plan sur le gant.
Andréanne Sharp : La musique, c'est un plaisir qui est important au quotidien. Il est dans le top 10 des plaisirs de la vie des humains en général.
On voit de nouveau Andréanne Sharp qui parle à la caméra.
Andréanne Sharp : Puis ça, c'est pour tout le monde, qu'on ait un handicap ou pas.
Gros plan sur le gant.
On voit de nouveau Andréanne Sharp qui parle à la caméra.
Andréanne Sharp : Moi, mon rêve, ça serait vraiment de pouvoir aller justement voir un concert de l'OSM ou aller voir un opéra, aller voir des spectacles avec mon gant et pouvoir vivre vraiment une expérience qui est multisensorielle. Ça, ce serait génial.
Plan d'une ville et du rivage.

Connectés sur l'avenir. S1 E6, 20 avril 2023 Gant vibrotactile avec la professeure Adrianne Sharp

Connectés sur l'avenir, S1 E3, 17 mars 2023, L'oreille "bionique"...

*musique*
On ouvre sur un plan extérieur qui montre une signalétique de zone en travaux.
Un homme passe devant un panneau.
François-Étienne: Ça nous est tous déjà arrivé, hein?
On coupe sur l'animateur (François-Étienne) debout dans un plan poitrine.
François-Étienne: On marche dehors, on croise un chantier de construction.
Il jette un regard sur l'extérieur, par la fenêtre.
Plan de taille cette fois sur l'animateur en haut d'un immeuble. On a une vue dégagée sur la ville.
François-Étienne: Il y a du marteau-piqueur, du pieutage, de la scie ronde, des bruits de moteur. Le bruit nous dérange tellement qu'on se met à marcher plus vite.
Plan de poitrine de nouveau, l'animateur montre du doigt l'extérieur, tout en fixant la caméra.
François-Étienne: Les travailleurs, eux, subissent ce bruit-là jour après jour.
Plan de taille, l'animateur est souriant et croise les mains tout en parlant.
François-Étienne: Au Québec, il y a chaque année des milliers de cas de surdité professionnelle et ce n'est pas près de baisser.
Plan serré sur l'animateur.
François-Étienne: Aujourd'hui, dans cet épisode, on rencontre des gens qui ont pris ce problème-là de front.
*musique du générique*
On voit une personne en blouse blanche, qui marche dans un couloir, une mallette en métal à la main.
Plan sur l'oculaire d'un microscope.
Plan sur des échantillons sur un chariot en mouvement.
On voit le titre de l'émission « Facteurs de Risque ».
On voit l'animateur debout, les bras croisés, à droite. Au milieu : Le nom des membres de l'équipe technique.
On coupe sur des machines en mouvement.
On voit la thématique du jour à droite : « Ce bruit qui dérange ».
De nouveau, plan sur le titre de l'émission.
*musique, guitare électrique*
On voit le siège social de L'Oréal.
L'animateur arrive, souriant, dans le hall.
François-Étienne: Je suis maintenant chez L'Oréal, Canada. Je m'en vais rencontrer Hugo Lavoie, qui est chef technique, avec qui je vais parler de buses. Mais pas les buses que vous connaissez, des buses assez bruyantes.
*musique, guitare électrique*
Plan sur le titre de la première partie de l'émission : « Sur le terrain ».
On voit deux hommes en blouse blanche qui ouvrent une barrière en métal jaune. Ils portent des lunettes de protection et des sarraus. Ils avancent vers la caméra.
Plan sur des pictogrammes qui montrent les règles à respecter dans les locaux.
Hugo: Bon, François-Étienne, à partir d'ici, on doit se conformer aux règles d'hygiène et de sécurité.
On voit un réceptacle qui contient des filets à cheveux.
L'animateur et le chef technique se font face.
François-Étienne: OK.
Plan plus serré sur Hugo, qui montre son équipement.
Hugo: Le sarrau, les souliers de sécurité, les lunettes, le bonnet.
Plan sur un autre réceptacle qui contient des filets à cheveux (bonnets).
On coupe sur les hommes qui ont enfilé chacun un filet à cheveux.
François-Étienne: OK. Tout est rentré, c'est bon?
Hugo fait signe que c'est bon.
Hugo: Super. On peut y aller.
Les deux hommes entrent dans l'usine.
*musique, guitare électrique*
La porte se ferme, on voit des pictogrammes de sécurité.
Plan sur les boutons lumineux d'une machine.
On voit des employés au travail tous vêtus du même équipement ainsi que des machines.
Les deux hommes arrivent dans le département des produits coiffants.
François-Étienne: Hugo, on est où, ici?
Hugo: On l'appelle le département des produits coiffants.
Sur le garde-corps de l'étage, on voit une étiquette qui annonce un risque de chute d'objet.
François-Étienne: Ce sont des machines qui travaillent sans arrêt.
Hugo: Sans arrêt, effectivement.
Plan large sur l'ensemble des machines en bas.
*musique, guitare électrique*
Les deux hommes marchent alors de droite à gauche sur un passage piéton.
Hugo: On arrive dans une zone un peu plus bruyante où l'on doit absolument porter des protecteurs auditifs dès notre arrivée sur la ligne.
L'animateur met des protecteurs auditifs.
*bruit sourd de machine*
Il fait signe que tout est OK, mais fait comprendre qu'il y a beaucoup de bruit.
François-Étienne: Hein?
Plan sur des machines en mouvement.
*musique, synthétiseur*
Les deux hommes visitent les locaux et s'arrêtent. L'animateur parle et grimace à cause du bruit.
François-Étienne: Hugo, ça ne doit pas être évident de travailler sur les différentes sources de bruit. En plus, le bruit, ça rebondit. C'est quoi les sources principales de bruit dans une usine?
Hugo: Les bruits principaux, ce sont les moteurs, les pompes...
Plan sur des bouteilles vides en plastique sur une chaîne de production.
Hugo: ...les cognements des bouteilles parce que, vu qu'elles sont vides, ça fait comme un effet de tambour l'une sur l'autre.
François-Étienne : OK.
Les deux hommes se parlent face à face.
Hugo : Mais la priorité, c'est vraiment les jets d'air, c'est ce qui fait le plus de bruit.
François-Étienne: En termes de bruit ici, il y a combien de décibels par exemple?
Plan sur des flacons remplis sur une chaîne de production.
Hugo: On oscille entre 80 et 85 décibels.
François-Étienne: OK.
Hugo explique et pointe du doigt ses différents équipements.
Hugo: Ici, à L'Oréal, on impose le port des EPI pour les oreilles à partir de 80 décibels.
Le texte EPI, Équipement de protection individuelle apparaît.
François-Étienne: OK.
Plan serré sur Hugo.
Hugo: C'est une règle interne.
François-Étienne: Oui, je ne vivrais pas ça toute la journée.
Hugo acquiesce et hoche la tête.
Hugo: Exactement.
Nouveau plan sur des flacons vides sur la chaîne de production.
François-Étienne: Puis, vous avez réussi à descendre à combien de décibels avec votre projet?
Plan serré sur le Hugo et l'animateur.
Hugo: On a commencé un projet d'optimisation sur un équipement qui avait 85 décibels et on l'a amené à 77.
Hugo fait signe à l'animateur de le suivre.
Hugo: Viens avec moi, on va aller voir ce que ça donne.
L'animateur accepte et sourit.
François-Étienne: OK!
*musique électronique*
Plan sur des flacons sur la chaîne de production.
Hugo: Ici, on se retrouve dans le cœur du département.
Hugo montre une ligne de flacons en mouvement.
Hugo: Ici, c'est une ligne conventionnelle.
Plan sur les flacons. Hugo montre une machine.
Hugo: Puis, la petite à côté de nous, elle est un peu moins conventionnelle au niveau du bruit, je dirais. C'est ce qu'on appelle un démêleur de pompe.
Plan sur des équipements.
Hugo: Ce sont souvent ces équipements-là qui utilisent de l'air.
L'animateur écoute et mime un mouvement de propulsion.
François-Étienne: C'est de l'air qui est propulsé? Comment on appelle ça?
Plan serré sur Hugo qui explique.
Hugo: Oui, c'est un air qui passe dans un tuyau, mais vu qu'il n'est pas optimisé, l'air sort dans toutes les directions un peu...
On voit un employé qui travaille.
On change à un plan plus large sur les trois personnes. Hugo explique et fait des gestes.
Hugo: ...contrairement à nos buses optimisées qui canalisent, centralisent la force, puis après ça attire une couche périphérique d'air qui réduit le bruit.
L'animateur s'adresse alors à l'employé (Pierre-Luc) et montre les bouchons d'oreilles.
François-Étienne: Passer une journée à côté de la machine, tu n'as pas le choix d'avoir des bouchons.
L'employé montre ses bouchons.
Pierre-Luc: C'est ça, je porte des bouchons. Passer cinq minutes, ça va...
Plan plus serré sur l'employé.
Pierre-Luc: ...mais passer des journées complètes, c'est bruyant.
François-Étienne: Puis, l'impact sur ton quotidien de passer autant de temps dans le bruit.
Pierre-Luc: C'est sûr qu'à la fin des huit heures, la fatigue auditive va affecter aussi à la maison, on se retrouve fatigué.
François-Étienne: Merci Pierre-Luc.
François-Étienne et Pierre-Luc se serrent la main.
Pierre-Luc: Plaisir.
François-Étienne: Merci beaucoup ! On va aller voir les buses optimisées?
Hugo: Tout à fait.
*musique*
Plan sur des lignes de production où des bouchons sont vissés sur les bouteilles.
Les hommes avancent vers la caméra
Hugo: Je vais te présenter Francis, qui a participé au projet d'optimisation des buses d'air. Salut Francis.
Hugo présente Francis.
Plan serré sur Francis qui salue les deux hommes.
Francis: Bonjour.
Plan serré sur l'animateur.
François-Étienne: Peux-tu nous faire une démonstration pour que je puisse entendre la différence entre les anciennes buses et les buses optimisées?
Francis: Oui, bien sûr. En fait, j'ai vraiment les deux types de buse ici.
Francis montre deux types de buses. Plan serré sur les buses que Francis tient dans les mains.
Francis: La buse d'origine qui est vraiment plus comme un tuyau, ainsi que la nouvelle buse. Je vais vous donner un exemple de l'ancienne buse.
Francis fait une démonstration avec les deux types de buses.
François-Étienne: OK.
*bruit d'air qui s'échappe*
On voit l'animateur de près qui se rend compte du bruit.
François-Étienne: OK, oui, c'est présent quand même.
Francis: Quand même assez bruyant. Et voici une buse avec... une buse d'air optimisé.
Francis montre une autre buse.
*bruit moins fort d'air qui s'échappe*
Plan serré sur l'animateur qui réagit à la différence de son.
François-Étienne: Oui, la différence est importante. Est-ce qu'il y a des fréquences qui ont été annulées?
Francis: Oui, en fait, étant donné qu'on concentre l'air à un niveau supersonique, c'est sûr qu'il y a certaines fréquences qu'on n'entend plus avec l'oreille humaine.
L'animateur s'adresse alors à Hugo.
François-Étienne: À quel point vous avez réussi à descendre le bruit en termes de décibels?
On coupe sur Hugo, qui répond en regardant l'animateur dans les yeux.
Hugo: Sept à huit décibels.
François-Étienne: OK.
François-Étienne: Puis, en termes de volume de son?
Plan serré sur Hugo, qui regarde l'animateur.
Hugo: Ressenti, c'est environ la moitié.
François-Étienne: OK.
Hugo: Mais de façon théorique, c'est quatre fois moins.
François-Étienne: Ah oui, quand même. Très bien, merci. Merci Francis.
Francis: Plaisir.
*musique*
Plans sur des machines qui manipulent des bouteilles remplies.
L'animateur salue un autre employé (Hicham) ; les trois hommes forment un cercle.
François-Étienne: Salut, Hicham.
Hicham: Salut.
François-Étienne: Je voulais te poser une question.
L'animateur est vu de près, il s'adresse à l'employé.
François-Étienne: Toi, tu as connu la ligne, les machines avant et après l'installation des buses optimisées. Qu'est-ce que ça a changé dans ta vie?
Hicham se tient droit, les mains derrière le dos, et répond à la question.
Hicham: Avant, c'est sûr, on était obligés de mettre des casques, des bouchons. La communication avec les employés, il fallait qu'on aille dans un coin isolé, qu'il y ait moins de bruit pour parler.
Plan serré sur Hicham qui mime qu'il n'entend pas.
Hicham: Oh, tu dis quoi? Je n'entends rien.
Plan sur Hugo et Hicham qui regardent l'animateur.
Hicham : Maintenant, c'est comme je vous parle, puis même si les machines roulent, on s'entend super bien.
L'animateur hoche la tête.
L'animateur et Hicham se serrent la main.
François-Étienne: Merci beaucoup, Hicham, je te laisse travailler.
Hicham: Merci beaucoup.
François-Étienne: Salut.
Hugo et l'animateur s'éloignent.
*musique*
Plans sur des machines de la ligne de production et de différents dispositifs de sécurité : bouton d'arrêt d'urgence, rampe.
Plan sur des prix décernés à L'Oréal par la CNESST, encadrés sur un mur.
L'animateur et Hugo reviennent dans le hall.
Ils ont enlevé leurs équipements de production.
L'animateur serre la main de Hugo.
François-Étienne: Hugo, avant de partir, je voulais te féliciter. Je sais à quel point ça demande de l'énergie de mettre un beau projet comme celui-là en place, donc bravo.
Hugo: Merci.
Plan plus serré sur les deux hommes.
François-Étienne: Ça a un impact positif sur plusieurs aspects dans la vie des travailleurs, de l'usine etc.
Hugo: Le premier aspect, c'est la qualité de vie des employés, moins de bruit sur les machines. Le second, c'est la consommation énergétique, on l'a réduite grâce à ça. Et par cette réduction de consommation énergétique, on peut payer le projet.
François-Étienne: Donc, il n'y a pas de raison de ne pas le mettre en place.
Hugo: Aucune raison.
Les deux hommes se serrent la main, l'animateur rigole et sourit.
François-Étienne: Merci beaucoup.
Hugo: Merci.
François-Étienne: Salut.
L'animateur s'en va.
Hugo: Salut.
*musique*
*musique*
Plan sur le titre de la partie : En 1 minute.
Les mots "L'ÉCHELLE DU BRUIT" apparaissent en lettres majuscules orangées, à gauche on voit le dessin d'une oreille humaine. Représentation du bruit et de son effet sur l'audition, sous forme d'animation.
Narrateur (François-Étienne): Il y a encore plusieurs milieux de travail où il y a juste trop de bruit et à la longue, les personnes qui y travaillent peuvent souffrir de problèmes auditifs. Mais, c'est quoi trop de bruit?
Sur fond arrière de papier bulle, le mot "DÉCIBELS" apparaît en lettres majuscules orangées. En dessous, on retrouve l'abréviation "(dB)". Explication de l'échelle des décibels, avec l'animation d'un thermomètre à décibels qui est à 10 dB.
Narrateur (François-Étienne): On exprime l'intensité du bruit en décibels. Par exemple, 10dB, c'est un bruit très faible, comme quelqu'un qui respire.
*bruit de respiration*
Animation d'un visage humain qui parle.
Le thermomètre passe alors de 10dB à 60dB.
Animation, deux visages humains (face à face) qui discutent.
Narrateur (François-Étienne): 60dB, c'est le bruit d'une conversation.
*bruit d'une conversation*
Le thermomètre monte à 70dB.
Animation d'un aspirateur qui va de gauche à droit.
Narrateur (François-Étienne): 70dB, celui d'un aspirateur.
*bruit d'un aspirateur*
Le thermomètre monte à 110dB.
*bruit de musique forte et d'un marteau-piqueur*
Animation, on voit des étoiles clignotantes et un marteau-piqueur.
Narrateur (François-Étienne): 110dB, la musique dans une discothèque, ou encore un marteau-piqueur.
*bruit d'avion qui décolle*
Le thermomètre monte à 130dB, dépassant de beaucoup le haut du thermomètre à décibels.
Animation d'un avion qui passe dans l'écran.
Narrateur (François-Étienne): 130db, un avion au décollage. Ça fait mal aux oreilles.
Le thermomètre monte à 150dB, écrit en très gros caractères.
Narrateur (François-Étienne): 150dB et plus, c'est une fusée au décollage.
*bruit d'une fusée qui décolle*
Animation d'une fusée qui décolle, passant de bas en haut de l'écran.
Dessin d'une oreille affectée par le bruit.
On peut subir une perte d'audition si on est exposé de façon prolongée à plus de 75dB et ça, on s'entend que ça change le quotidien, hein?
*musique*
Plan sur une chaise au milieu d'une salle toute blanche, vide.
Autre plan sur une femme (Linda) qui s'adresse au reporter
Linda: Dans le temps, on n'avait pas de protection pour les oreilles, c'était normal.
Plan plus large, elle est assise sur la chaise. Elle raconte, explique, fait des gestes.
Linda: Puis en plus, il y avait des machines qui faisaient beaucoup plus de bruit que d'autres. Moi, j'étais à côté d'une « takeuse », puis on entendait vraiment fort les « toc-toc » continuellement, toute la journée, même que les gens me demandaient comment je faisais pour travailler à côté de cette machine-là. Mais, c'était normal dans le temps.
*musique*
Plan plus large sur la chaise, Linda marche vers la chaise. Elle s'assoit. Son nom complet (LINDA PAPILLON) s'affiche à l'écran.
Plan serré sur Linda.
Linda: Moi, j'ai travaillé dix ans dans une manufacture de maillots de bain où il y avait plus de 300 machines à coudre industrielles.
Plan serré sur Linda.
Linda: De l'extérieur, du coin de la rue, l'été, quand les fenêtres étaient ouvertes, et même l'hiver, quand les fenêtres étaient fermées, on entendait le bruit du coin de la rue.
Plan en contre-plongée sur une grande fenêtre.
Linda: Quand je quittais le soir pour le retour à la maison, j'étais au moins deux heures à entendre vraiment siler très fort.
Linda s'avance vers la fenêtre. Elle se pose devant la fenêtre et pose ses mains sur le rebord.
On voit Linda à travers un miroir.
Linda: Ça se passait. Je retournais le lendemain matin travailler...
Plan serré sur Linda, qui est assise sur la chaise.
Linda: ...et ça se reproduisait tous les soirs.
Plan plus large.
Linda: Ça a duré comme ça pendant dix ans.
On revoit la femme à travers le miroir.
Linda: Ce n'est pas toujours facile de pouvoir fonctionner normalement quand on n'entend pas bien.
On voit un train de marchandises en mouvement sur les rails.
Plan large sur Linda, assise.
Linda: Mon mari me parlait, me donnait de l'information...
Plan plus serré, Linda montre de l'incompréhension.
Linda: puis je lui disais: « Non, tu ne m'as jamais dit ça. »
Linda sourit.
Linda: Et aujourd'hui, on en rit, mais à l'époque, ce n'était pas drôle tout le temps parce qu'il me donnait de l'information très importante que je n'avais pas comprise, tout simplement.
Plan sur le visage de Linda, puis ses mains.
Linda: Aussi, dans le temps, quand je travaillais dans les manufactures, on ne se parlait pas, on criait parce qu'on n'entendait vraiment rien quand quelqu'un nous parlait. Puis, plus tard, dans mon travail, quand les gens me parlaient pour me donner simplement de l'information, puisque je ne travaillais plus dans la manufacture, je pouvais les faire répéter trois, quatre fois avant de vraiment comprendre l'information. Les gens me demandaient, ils disaient tout le temps en farce: « Coudonc, est-ce que tu es sourde ? »
Linda est debout à côté de la fenêtre, elle regarde au loin et a l'air pensive.
Linda: Ça a duré quelques années...
Plan serré sur Linda. Elle exprime une gêne.
Linda: jusqu'au jour où ça a commencé à sérieusement me nuire au travail.
Plan large.
Linda: J'avais de l'information très importante à comprendre...
Plan serré.
Linda: ...puis je perdais de l'information. Là, je faisais répéter les gens, puis ils commençaient à ne pas trouver ça très drôle. Là, j'ai dit:
« OK, là, il faut que je fasse quelque chose. Il y a quelque chose qui se passe. »
Linda est debout à côté de la fenêtre, elle regarde au loin.
Linda: Puis un jour, j'ai reçu un appel. Je suis droitière, donc pour prendre et écrire les notes...
Plan large, Linda montre son oreille gauche et hoche la tête.
Linda: ...il faut que je mette le récepteur sur mon oreille gauche. Je n'entendais rien du tout.
Plan plus serré sur le visage, puis les mains.
Linda : Là, j'ai dit: « Non, là, c'est sérieux. Il y a vraiment un problème. » Donc, je suis allée passer des tests de surdité chez un ORL, puis il a constaté que, vraiment, j'avais une surdité professionnelle, que j'entendais beaucoup moins bien, pratiquement pas grand-chose de mon oreille gauche.
On voit Linda de dos, à hauteur de sa tête, elle regarde au loin par la fenêtre.
Linda: Aujourd'hui, je porte un appareil auditif.
Plan large sur Linda, assise. Moi, ça a changé tellement de choses. Au travail, ma vie personnelle, dans tout. C'est comme tellement plus agréable tous les jours.
Linda sourit. La femme regarde au loin par la fenêtre.
*musique*
Les mots « En quête de solutions » apparaissent à l'écran.
Plan en mouvement : L'animateur est vu en train de descendre les escaliers, il descend les marches et s'adresse à la caméra.
François-Étienne: Dans une entreprise bruyante, ce qu'on veut, c'est protéger les oreilles des travailleurs.
Plan plus large, il est accoudé à la rambarde.
François-Étienne: Mais, on commence par où?
On coupe sur un plan où on le voit se diriger vers l'entrée du bâtiment A de l'ÉTS.
François-Étienne: Le bruit vient d'où? Quelle machine est la plus bruyante? Et en plus, le son, ça rebondit.
Plan serré sur l'animateur.
François-Étienne: C'est tout un casse-tête pour les chercheurs.
*musique*
François-Étienne marche dans le hall de l'ÉTS.
On le voit de profil passer devant une turbine.
Plan serré, on le voit appeler un ascenseur.
On le voit maintenant souriant, dans l'ascenseur qui monte.
On coupe sur l'animateur qui marche d'un pas serein dans un couloir et sourit.
Plan serré sur la plaque métallique du laboratoire dans lequel il vient de rentrer : ICAR.
Il marche dans une salle spéciale et appelle quelqu'un.
François-Étienne: Hé, ho!
Il tape dans les mains, ça résonne beaucoup.
Dans une autre pièce, il tape de nouveau des mains, ça résonne beaucoup moins.
François-Étienne: Hé, ho!
*clappement de mains*
François-Étienne: Hé, ho!
Un homme arrive dans le champ par la droite. Ce dernier se dirige vers l'animateur en souriant.
François-Étienne: Franck, c'est incroyable, je n'entends presque rien.
Plan serré sur le visage de l'homme s'appelant Franck. Son nom complet ("FRANCK SGARD") ainsi que son métier ("CHERCHEUR, IRSST") sont affichés à l'écran, sous lui.
François-Étienne: Merci de nous accueillir en cet endroit particulier.
Plan plus large, les deux hommes se serrent la main.
Plan rapproché sur l'animateur, il regarde Franck dans les yeux.
François-Étienne: Comment est-ce qu'on appelle cette salle?
Plan plus large.
Franck: Ça, François-Étienne, c'est ce qu'on appelle une salle semi-anéchoïque.
François-Étienne: Et à quoi ça sert?
Plan sur les murs particuliers de la salle semi-anéchoïque.
Franck: Ça sert à absorber le son, donc de créer un environnement spécifique aux laboratoires contrôlés.
Plan sur l'animateur.
François-Étienne: Juste le nom, anéchoïque, est-ce que ça signifie « sans écho »?
On coupe sur un plan plus large sur les deux hommes.
Franck: Exactement, « sans écho ». En fait, on vient simuler les conditions de propagation extérieure.
Franck fait des gestes tout en expliquant. Il montre la structure du plafond.
Franck: C'est comme si tu parlais sans paroi autour de toi. Et comme tu le vois, c'est fait de cônes de mousse qui vont pouvoir absorber le son qui est émis dans la salle de façon complète.
Plan sur la structure du plafond
Plan rapproché sur l'animateur.
François-Étienne: Oui, j'ai été impressionné par la salle, mais cet objet m'impressionne aussi.
Plan sur les deux hommes, avec un objet entre eux.
Zoom avant sur l'objet.
François-Étienne: C'est le dispositif que vous utilisez?
Franck: Tout à fait, ça, c'est ce qu'on appelle une antenne acoustique. Elle est constituée d'une sphère...
L'antenne est vue de très près. Franck la montre du doigt en expliquant.
Franck: ...qui est perforée en plusieurs endroits dans lesquels on vient insérer des tiges et au bout desquelles viennent s'insérer aussi des microphones.
Plan plus large sur les deux hommes.
Franck: Ils vont mesurer ce qu'on appelle le champ acoustique, la pression acoustique en différents points autour de la sphère. Tout ça est relié à un ordinateur qui va traiter toutes les données pour essayer de reconstruire d'où vient le son, d'où vient l'énergie sonore.
Franck montre une caméra placée au-dessus de la sphère.
Franck: Et au-dessus, on a une caméra qui permet vraiment de prendre une vue à 360°, une photo physique, une photo classique sur laquelle on va pouvoir venir superposer ces images acoustiques.
Plan serré sur l'animateur. Il semble intrigué.
François-Étienne: L'image acoustique dont vous parlez, c'est quoi? C'est comme une photographie du son?
Franck: Exactement.
Plan serré sur Franck.
Franck: C'est un peu l'image de ce qu'on peut faire au niveau des cartes thermiques, donc le rôle de la température serait alors joué par la pression acoustique ou le niveau sonore et à l'endroit où on aurait des sources, on verrait des taches rouges. Et où il n'y en a pas, une autre couleur.
Plan serré sur l'animateur.
François-Étienne: Pourquoi c'est important d'identifier les sources de bruit dans un environnement?
Plan serré sur Franck.
Franck: On est particulièrement intéressés à prévenir la surdité professionnelle et les accidents du travail.
Plan plus large. Franck fait des gestes et explique.
Franck: Donc, la première chose qu'on essaie de faire, c'est de réduire le bruit à la source et, pour ce faire, il faut savoir où sont les sources, quel est leur niveau sonore, et également quelle est leur composition spectrale. C'est-à-dire, est-ce qu'elles émettent plutôt des basses fréquences ou des hautes fréquences? Est-ce qu'elles émettent des sons stationnaires ou des sons fonctionnels, comme des bruits d'impact, par exemple?
Plan qui se rapproche d'une machine.
*bruit d'impact*
François-Étienne: Très bien. Est-ce qu'on peut faire une démonstration?
Plan sur l'animateur qui sourit.
Franck: Tout à fait.
Franck montre les deux haut-parleurs.
Franck: On a deux haut-parleurs que je vais mettre en marche, et on va utiliser notre antenne pour essayer de déterminer où sont ces deux sources.
Franck montre l'antenne.
*musique*
Plan serré sur un haut-parleur.
Franck actionne le haut-parleur.
*bruit d'air*
Il va vers l'autre haut-parleur et l'actionne.
*bruit d'air*
Plan serré sur des casques muni de coquilles contre le bruit.
Plan sur des cônes semblables à ceux de la salle semi-anéchoïque.
Franck: Alors, François-Étienne, ici, tu vois la photo qu'on vient de prendre dans la salle semi-anéchoïque avec les deux sources de bruit.
On voit les hommes de profil debout, Franck est sur l'ordinateur.
On coupe sur l'écran d'ordinateur.
Franck: Ici, on voit le résultat de l'algorithme d'antennerie où on reconnait bien ici les sources. Là, c'est ce qu'on obtiendrait si on utilisait des algorithmes classiques. Là, on voit qu'on est incapable de vraiment discriminer spatialement la position des deux sources.
L'animateur se tient le menton comme pour réfléchir.
François-Étienne: C'est beaucoup moins précis (*en parlant du résultat obtenu avec les algorithmes classique).
Franck: Tout à fait.
François-Étienne: L'objectif dans le fond de travailler sur des algorithmes, de préciser, quel est-il ? C'est de l'emmener en entreprise?
Plan sur les deux hommes.
Franck s'approche du bureau et se saisit d'un sonomètre. Gros plan sur le sonomètre
Franck: Oui, actuellement, ce qui est utilisé pour détecter les sources de bruit, mais pour plutôt cartographier le bruit en milieu de travail, c'est simplement un sonomètre (*Le mot "SONOMÈTRE" s'affiche à l'écran) qui va permettre de nous dire quel est le niveau sonore en chaque point de l'espace, mais ça ne permet pas de dire d'où vient le bruit.
Franck repose le sonomètre sur le bureau.
Franck: Si on regarde sur cette image ici...
Franck se tourne et montre une affiche derrière lui.
Franck: ...on comprend bien ce qui se passe.
Gros plan sur la partie dont Franck est en train de parler. Elle illustre les ondes sonores dans une pièce.
Franck: Ici, on a les machines qui sont un peu partout dans le local. Les ondes sonores qui vont être émises par les machines vont atteindre les murs, vont être réfléchies et pour atteindre finalement le travailleur. On voit que c'est très complexe de savoir, d'identifier quelles sont les sources qui ont pu contribuer à l'oreille du travailleur à cause de toutes ces réflexions.
Franck se rapproche de l'animateur.
François-Étienne: Vous aimeriez vous retrouver avec le dispositif en entreprise dans combien de temps environ?
Plan serré sur Franck.
Franck: On a la chance d'être subventionnés, de faire une demande de subvention à l'IRSST (*plan sur l'antenne) pour poursuivre ces travaux et, d'ici quatre ans, être à même d'avoir un prototype qui soit opérationnel en entreprise, qui permette de régler tous les problèmes qu'on a encore actuellement à l'étape du prototype numéro un.
L'animateur fait un signe de la tête.
François-Étienne: Beau travail, très noble.
Les deux hommes se serrent la main.
François-Étienne: Merci beaucoup, Franck.
Franck: Merci.
*musique rock*
Plan sur le plafond de la salle semi-anéchoïque.
*musique électronique*
Animation, Les mots "INCURSION" (écrit blanc sur orange) et "AU LABO" (écrit orange sur blanc) défilent.
Plan serré sur l'animateur, assis sur un canapé. Il s'adresse à la caméra, sourit et a les mains croisées.
François-Étienne: Une des choses qui est difficile quand il y a du bruit, c'est de se parler, de se comprendre.
Il fait des gestes de la main qui accompagnent son discours.
François-Étienne: Il y a des chercheurs qui travaillent sur un protecteur auditif intelligent qui permet de bloquer les bruits sauf la voix humaine.
Plans sur l'extérieur des locaux de l'ÉTS.
François-Étienne: Qu'est-ce qu'on entend de nos collègues quand ils nous parlent?
*musique électronique*
Plans successifs sur la sculpture devant le bâtiment B de l'ÉTS, puis d'un sonomètre.
*bruit sourd de suppresseur*
François-Étienne: Jérémie, qu'est-ce qu'on entend?
L'animateur est dans une salle avec un homme (Jérémie). Le son de leur voix est étouffé par le bruit ambiant. L'animateur porte des coquilles de protection et grimace.
Plan serré sur Jérémie qui s'adresse à l'animateur. Il porte aussi des coquilles.
Jérémie: Écoute, là, on est dans une salle d'empaquetage de sélénium. Et c'est extrêmement fort. On entend un suppresseur à pistons rotatifs. Et le niveau est proche de 95 décibels.
L'homme montre un sonomètre .
Gros plan sur l'écran du sonomètre qui affiche 95dB.
Gros plan sur l'animateur.
François-Étienne: Est-ce qu'il y a une autre salle où on peut se parler?
Jérémie: Très bonne idée. On va sortir!
L'homme indique à l'animateur de le suivre dans une autre salle.
*musique électronique*
Plan d'ensemble de la salle.
On coupe sur les différents matériels dans la salle.
Les deux hommes sont assis dans la pièce semi-anéchoïque. L'animateur est assis à gauche, les jambes croisées. L'autre homme est assis à droite, les mains sur les jambes. Le nom complet ainsi que le poste de ce dernier ("JÉRÉMIE VOIX", "PROFESSEUR ET CHERCHEUR, ÉTS") s'affichent à l'écran, sous lui.
François-Étienne: C'est assez intense, assez impressionnant comme bruit. Qu'est-ce que vous avez reproduit comme environnement?
Plan serré sur Jérémie, souriant.
Jérémie: Effectivement, là, ce qu'on entendait, c'était un surpresseur à pistons rotatifs dans une grosse compagnie au Québec.
Plan large sur les deux hommes.
Jérémie: C'est très fort, 95dB, on ne peut pas être exposé pendant un quart de travail au complet sans un risque majeur de perte auditive.
Plan serré sur l'animateur.
François-Étienne: Qu'est-ce que vous avez développé comme solution?
Jérémie: La première chose, c'est qu'on va chercher toujours à réduire le bruit à la source.
Plan serré sur Jérémie. Il a les mains jointes.
Jérémie: Là, ce n'est pas possible, ces équipements sont vraiment difficiles à contrôler. Donc, ce qu'on va faire, c'est qu'on va aménager les quarts de travail. Donc, 95dB, selon les législations en court, ce n'est pas plus de quatre heures par jour.
Plan serré sur Jérémie.
Jérémie: La troisième alternative, quand on n'a pas pu contrôler à la source ou aménager le temps de travail, c'est protéger le travailleur et le protéger avec des protecteurs auditifs.
Plan serré sur Jérémie.
Jérémie: Puis c'est encore drôle, quand on dit: « Vous êtes peut-être protégés », c'est parce que ce n'est pas garanti non plus.
Jérémie touche son oreille gauche.
Jérémie: On s'est malheureusement rendu compte que, lorsque les gens mettent des bouchons, notamment, ils ne les mettent pas bien et finalement, ils ne sont pas protégés, donc ils développent des surdités malgré le port du bouchon.
L'animateur écoute et hoche la tête.
François-Étienne: Donc, il faudrait être capable de mesurer à quel point…
Jérémie: Voilà, ça, c'était vraiment l'idée de base.
Jérémie se penche et saisit un appareil.
Jérémie: Peut-on mesurer? Un des dispositifs qu'on a développés est ici.
Gros plan sur l'appareil.
Jérémie: Tu vas le porter dans quelques minutes. Il comporte ici une unité électronique et puis ici, le bouchon dont je te parle, que tu vas te mettre dans l'oreille pour avoir une bonne atténuation des sons ambiants.
Plan serré, Jérémie montre le bouchon pour l'oreille.
Plan plus large sur Jérémie.
Jérémie: Et on va te laisser entendre les sons autour de toi qui sont utiles grâce à ce petit microphone.
Plan serré, Jérémie montre le microphone.
Jérémie: Ce microphone va être connecté à un haut-parleur à l'intérieur et on va pouvoir laisser passer les sons lorsqu'ils ne sont pas trop forts et pas nuisibles pour toi.
L'animateur sourit et hoche la tête.
Plan large sur les deux hommes, Jérémie parle toujours.
Jérémie: L'autre chose que l'on fait pour la communication, c'est qu'on va être capable d'utiliser le microphone interne.
Plan serré sur l'appareil dans ses mains.
Jérémie: C'est un microphone qu'on a mis dans l'oreille et on va capter ta voix.
Jérémie montre sa bouche puis montre son oreille.
Jérémie: Pas la voix qui sort de ta bouche, mais la voix qui sort de ton oreille.
François-Étienne: Une voix caverneuse?
Plan plus large. Jérémie montre son oreille.
Jérémie: C'est une voix très caverneuse, effectivement, c'est la même que tu as lorsque tu mets ton doigt dans l'oreille et que tu parles. Et ce que l'on fait, c'est qu'on la rend moins caverneuse et intelligible à travers le traitement de signal que l'on va faire dans ce petit boîtier électronique.
François-Étienne: Super, on va l'essayer?
Jérémie: On va l'essayer.
*musique électronique en fond sonore*
Jérémie: La première chose qu'on va faire dès qu'on va aller dans le bruit, c'est qu'on va vérifier que tu as bien mis ce protecteur-là.
L'animateur hoche la tête.
Jérémie: On va te vérifier avec les lumières vertes et rouges si tu es bien protégé d'abord.
Plan serré sur Jérémie, il sourit.
On coupe sur Jérémie, agenouillé au sol.
François-Étienne: OK.
*musique électronique*
Plan serré sur l'installation du matériel.
Plan serré sur l'animateur qui met une oreillette.
Il attache le boîtier électronique à sa chemise.
Il teste son appareil.
*bruit de moteur*
Plan serré sur Jérémie, qui montre le boîtier sur son torse.
Le boîtier de l'animateur clignote.
Plan d'ensemble des deux hommes dans la salle.
L'animateur lève le pouce pour dire que c'est bon.
*bruit sourd*
Les deux hommes se parlent. Leurs paroles ne sont pas intelligibles à cause du bruit, mais ils semblent se comprendre.
*bruit sourd*
Plan serré sur l'animateur.
Jérémie montre son appareil et son oreille.
Plan serré sur Jérémie, il parle avec une main devant sa bouche, et hoche la tête.
L'animateur tient son appareil. Les deux hommes sourient.
*musique électronique*
Plan serré sur du matériel de la salle.
Autre plan, les deux hommes sont devant un ordinateur.
Jérémie: Il y avait un enregistreur qui nous espionnait et nos deux conversations sont enregistrées.
L'animateur sourit.
Plan serré sur l'écran et le clavier.
Jérémie lance l'écoute d'un document audio.
Jérémie: Là, on peut écouter ce que ça donne.
*Enregistrement des voix* : Donc, là, normalement, tu dois m'entendre.
L'animateur écoute et sourit.
*Enregistrement des voix* : Ouais, je suis content, c'est parfait.
Zoom sur l'écran.
*Enregistrement des voix* : Donc, ça fonctionne, on est protégés. Et, en même temps, on arrive à communiquer, donc on arrive à faire notre travail.
*Enregistrement des voix* : C'est aussi simple que cela. Et tu pourrais même avoir un masque, que tu m'entendrais quand même.
Zoom sur l'écran.
*Enregistrement des voix* : Extraordinaire!
Zoom sur l'écran.
Jérémie se tourne vers l'animateur. Ce dernier sourit.
Jérémie: C'est bien ce que tu avais dit?
François-Étienne: C'est bien ça, oui.
Zoom sur l'écran.
François-Étienne: Est-ce qu'il y a d'autres problèmes que la surdité...
Plan serré sur l'animateur dans la salle semi-anéchoïque + gros plan sur le sonomètre.
François-Étienne: ...ou des problèmes auditifs chez les travailleurs qui sont dans le bruit comme ça toute la journée?
Plan serré sur Jérémie, qui hoche la tête.
Jérémie: Oui, effectivement, le problème auditif, c'est majeur, la surdité, parce que c'est irréversible, mais à très court terme, l'exposition au bruit crée aussi beaucoup de stress chez l'individu, beaucoup de fatigue. Les premiers essais qu'on a faits et les premiers témoignages qu'on a eus de testeurs, de travailleurs dans l'industrie qui utilisaient ces produits-là, c'est qu'ils ont dit:
L'animateur regarde Jérémie dans les yeux, attentif.
Jérémie: « Je rentre chez nous, je ne suis plus fatigué et ma femme le dit, je crie moins avec les enfants, je n'ai plus besoin de mettre la télé dans le tapis, etc. » Quand j'ai entendu ça, j'ai dit: « Waouh, c'est exactement ce qu'on voulait. »
Jérémie lève son pouce et sourit.
François-Étienne: Où est-ce que vous en êtes dans le développement? On est plus loin que dans l'étape du prototype, là.
Jérémie: Oui, effectivement, ce que tu as entre les mains, c'est une première présérie, une série de précommercialisation. Il y a un accord de dissolution qui est en place et on devrait avoir ce produit bientôt ou une nouvelle version qui devrait sortir dans moins de deux ans sur toutes les tablettes. Et il y a une troisième fonctionnalité qui sera dans le produit final, c'est l'idée de pouvoir mesurer vraiment la dose de bruit. On a parlé tout à l'heure du fait que le bruit était dangereux lorsqu'il était accumulé. C'est le fait d'être exposé à de forts niveaux pendant de fortes durées qui est dangereux.
Jérémie montre son oreille.
Jérémie: Le problème, c'est: « OK, mais j'en suis à combien en pourcentage? Est-ce que je suis à 90 %, 99 %? Quand est-ce que je m'arrête ? » Donc, c'est ce qu'on a développé avec un projet de recherche avec L'IRSST, l'Institut de Recherche en Santé et Sécurité du Travail, pour vraiment pouvoir mesurer précisément, encore une fois grâce au microphone à l'intérieur, combien d'énergie acoustique a atteint le tympan.
L'animateur mime un bouton volume.
François-Étienne: Donc, avec l'indice, on va avoir le choix de se retirer de l'espace ou prendre une pause.
Jérémie: Ça va être une grande question. Qu'est-ce qu'on va faire? Mais cette fois, on va vraiment voir l'information: « OK, il y a peut-être un petit peu trop de bruit, il faudrait que tu fasses quelque chose. »
Jérémie montre son appareil.
L'animateur hoche la tête. Ils se serrent la main.
François-Étienne: Très bien. Merci beaucoup, Jérémie.
*musique*
L'animateur tourne la tête.
Jérémie: Merci François.
*musique*
Plan extérieur.
Plan serré, l'animateur pose ses coquilles de protection sur la table.
Plan serré sur l'animateur, debout, face à la caméra.
François-Étienne: J'ai un grand privilège. Je fais l'essai d'un outil de protection auditive à la fine pointe de la technologie.
Gros plan sur un bouchon en mousse.
François-Étienne: J'ai nommé... le bouchon en mousse.
Plan qui montre l'animateur et un homme. Gros plan sur un bouchon en mousse.
François-Étienne: On les trouve partout, sur les tablettes, en pharmacie, en quincaillerie.
L'animateur lève les mains comme pour se protéger.
François-Étienne: Je ne fais pas ça seul.
L'animateur se tourne vers l'homme, Hughes, dont le nom et le poste s'affichent à l'écran, sous lui ("HUGHES NÉLISSE", "CHERCHEUR, IRSST")
François-Étienne: Je suis accompagné de Hughes Nélisse, qui est chercheur en bruits et vibrations.
Plan large sur les deux hommes.
François-Étienne: Merci Hughes de m'accompagner là-dedans.
Hughes salue de la tête l'animateur.
Hughes: Bienvenue, bonjour.
François-Étienne: Bonjour. Est-ce que c'est ridicule de faire un test sur des bouchons en mousse ou ça en vaut la peine?
Hughes: Non, ce n'est pas ridicule du tout, ça en vaut la peine parce que ça peut être très efficace, le bouchon en mousse, quand c'est bien porté.
Plan serré sur l'animateur qui lève le doigt, le regard fixe.
François-Étienne: OK. Premier test, le bouchon de mousse.
Il tient en l'air le bouchon de mousse.
Animation, Bandes de couleurs diagonales défilant rapidement à l'écran. "JE L'AI TESTÉ" est affiché en grosses lettres blanches sur un rectangle orangé.
François-Étienne: Le confort, ça va. Moi, l'anneau, ça me dérange.
L'animateur tient un anneau dans les mains.
Gros plan sur une boîte de bouchons. L'animateur prend un autre type de bouchon à même la boîte.
François-Étienne: Je pense que moi, ça serait ça mon bouchon, moi.
Animation. Bandes de couleurs diagonales défilant rapidement à l'écran.
Gros plan sur la main de Hughes, qui lance un enregistrement de bruit sur son ordinateur.
*bruit sourd*
Plan sur l'écran de portable.
Hughes arrête l'enregistrement.
L'animateur s'adresse à Hughes en le regardant.
François-Étienne: Qu'est-ce que tu m'as fait entendre?
Hughes: Je viens de te faire entendre un bruit typique d'usine.
François-Étienne: OK. Qu'est-ce que tu veux que je fasse?
Hughes se tourne vers l'ordinateur tout en parlant.
Hughes: Là, je vais refaire jouer le son, puis je vais l'ajuster (*Hughes mime un mouvement vers le bas avec ses mains) et tu me diras quand tu ne l'entends presque plus.
L'animateur hoche la tête.
François-Étienne: OK.
Hughes: Et après ça, je te ferai mettre des bouchons et on refera la même opération.
Hughes lance l'enregistrement.
François-Étienne: Parfait.
*bruit sourd*
Hughes baisse progressivement le son.
Gros plan sur le bouton volume du haut-parleur.
Plan sur l'écran de portable qui enregistre les décibels.
L'animateur a les mains levées.
François-Étienne: Pour moi, c'est à zéro.
Hughes arrête l'enregistrement.
Hughes: Parfait.
Hughes montre les bouchons sur la table.
Hughes: Là, on va mettre des bouchons.
L'animateur s'en saisit. Il les met.
François-Étienne: OK.
Hughes: C'est bon? Là, je vais le monter...
Hughes se dirige vers les haut-parleurs.
Hughes: ...puis tu me dis quand tu l'entends.
François-Étienne: Parfait.
Gros plan sur Hughes, qui monte le volume. *bruit sourd*
Plan sur l'écran de portable qui enregistre les décibels.
François-Étienne: Là.
Hughes: C'est bon?
Hughes arrête l'enregistrement et se redresse.
Hughes: C'est bon? Là, je n'ai pas dû monter beaucoup parce que tes bouchons ne sont pas très bien portés.
L'animateur retire ses bouchons.
François-Étienne: C'est bon, c'est moi, ça. Tout à fait moi.
L'animateur rit.
François-Étienne: Comment on installe efficacement des bouchons?
Hughes montre le bout de ses doigts.
Hughes: Ce qu'il faut que tu fasses...
Gros plan sur l'animateur qui roule le bouchon entre ses doigts.
Hughes: ...c'est que tu les roules entre tes deux doigts. Tu les mets en petits cigares et après ça, (*Hughes passe une main derrière la tête) tu te rentres ça dans l'oreille en tirant le pavillon à l'arrière, (*Plan serré sur l'oreille de l'animateur. Il glisse le bouchon à l'intérieur) comme ça. Et tu laisses ça expandre dans ton oreille.
L'animateur maintient le bouchon dans son oreille.
François-Étienne: Je les tiens là en position?
Hughes: Oui, pendant à peu près trente secondes.
Plan sur la main de Hughes sur le haut-parleur.
Hughes: Là, je vais refaire le bruit, tu vas me dire quand tu l'entends.
Hughes tourne le volume progressivement.
François-Étienne: OK.
*bruit sourd*
Plan sur l'écran de portable qui enregistre les décibels.
François-Étienne: OK.
Hughes: Là, tu viens de me dire que tu l'as entendu, mais tu l'as entendu à peu près 10db de plus que quand tes bouchons étaient moins bien insérés. Tu vois, juste le fait que tu as mieux inséré tes bouchons, tu es mieux protégé par rapport à la situation avant.
L'animateur fait des gestes tout en posant une question.
François-Étienne: Donc, pour des travailleurs dans une usine, par exemple, des bouchons comme ceux-là, en mousse, c'est efficace.
Hughes fait des gestes avec les mains.
Hughes: C'est efficace si les gens les portent tout le temps. S'ils sont bien installés, qu'on les porte en permanence, sans ne jamais les retirer, c'est assez efficace, même très efficace.
Plan serré sur Hughes, qui repose le matériel sur la table.
François-Étienne: Sinon, les autres solutions, c'est quoi, des coquilles?
Hughes: Ça peut être des coquilles, il y a des coquilles, ou encore des bouchons ou des coquilles avec des systèmes électroniques plus sophistiqués.
François-Étienne: OK. Donc, on fait ça comme deuxième test, des coquilles?
Hughes: Oui, on peut faire ça.
François-Étienne: Test numéro deux, les coquilles.
L'animateur se tourne vers la caméra et montre « deux » avec ses doigts.
*musique joyeuse*
"TEST #2" apparaît en surimpression sur l'écran.
L'animateur prend des coquilles sur la table.
L'animateur met le casque sur sa tête.
*bruit sourd*
Il se tourne vers Hughes.
Plan sur l'écran de portable qui enregistre les décibels. Il montre 95,2 dB.
François-Étienne: Oui, c'est drôlement efficace.
Plan au ralenti, l'animateur retire le casque.
Hughes: Oui, c'est assez efficace.
L'animateur prend le casque et montre le côté.
François-Étienne: Il y a un chiffre sur le côté, qu'est-ce que ça signifie?
Hughes: Oui, ça en fait, cette compagnie-là met un chiffre (*Gros plan sur la coquille du casque, l'animateur le montre du doigt) ici 101. Ce sont des coquilles qui seraient faites pour du bruit à 101dB, donc ce sont des coquilles qui sont assez efficaces.
L'animateur le regarde et hoche la tête.
François-Étienne: Oui, c'est beaucoup de bruit.
L'animateur sourit.
Hughes: 101dB, c'est beaucoup de bruit, oui.
Plan plus large sur les hommes.
Hughes hoche la tête, fronce les sourcils, rapproche ses mains de la tête au niveau des oreilles.
François-Étienne: Par contre, j'imagine que porter ça huit heures par jour, ça peut donner chaud.
Hughes: Oui, ça peut donner chaud, ça sert la tête, ça peut interférer avec des lunettes.
Gros plan sur le casque.
Hughes: Cependant, les côtés pratiques, c'est qu'on peut les enlever facilement, quand on a des gants, on les enlève facilement et on les remet facilement, contrairement aux bouchons.
Hughes mime le fait de retirer un casque et de le mettre.
Hughes regarde ses doigts et fait semblant d'avoir des bouchons dans les mains.
Hughes: Il faut toujours les manipuler, on peut avoir les mains pleines de graisse et tout ça, c'est plus compliqué. Il y a des avantages et des inconvénients avec l'un ou l'autre et ça dépend de ce qu'on fait comme tâche, ça dépend aussi de nos préférences.
L'animateur pose le casque et prend un bouchon moulé.
François-Étienne: Dans les autres solutions (*Plan serré sur le bouchon moulé sur mesure), tu as apporté ça. Ce n'est pas un jujube, ça.
Hughes hoche la tête.
Hughes: Non, ce n'est pas un jujube, malheureusement.
L'animateur rit.
Hughes: C'est un bouchon moulé sur mesure.
Gros plan sur le bouchon moulé sur mesure.
Hughes: L'idée, c'est d'avoir des bouchons qui vont prendre la forme de ton conduit auditif. Ce sont des gens et des compagnies qui viennent en entreprise, ils font une empreinte de ton oreille et ils repartent, deux, trois semaines après ils t'envoient ça et ça épouse ton conduit et c'est en principe plus confortable.
L'animateur repose le bouchon.
François-Étienne: J'allais le dire, la question de confort doit être réglée avec une affaire de même.
L'animateur se tourne vers Hughes.
François-Étienne: C'est ce que je retiens, Hughes, dans ce test-là, on dirait que ce qu'il faut faire, c'est essayer les différents outils.
Hughes hoche la tête.
Hughes: Il faut en essayer plusieurs, essayer des coquilles, essayer des bouchons, trouver lequel on va trouver le plus confortable, mais aussi s'assurer qu'on le porte toute la journée le plus possible.
François-Étienne: C'est de se protéger.
Les deux hommes se serrent la main.
Hughes: Voilà.
François-Étienne: Merci beaucoup, Hughes.
L'animateur retient Hughes.
Hughes: De rien.
François-Étienne: Juste en terminant, tu as autre chose que des bruits d'usine dans ton ordinateur?
Hughes: J'ai de la musique.
François-Étienne: Ah, de la musique, oui. Oui, je veux bien.
Hughes se penche et lance un enregistrement musical.
*musique funk*
François-Étienne: C'est quand même mieux.
Ils secouent leur tête au rythme de la musique.
*musique*
Animation introduisant le segment "FACTEUR HUMAIN AVEC NEEV". Un homme apparaît à droite, les bras croisés et regardant vers la gauche.
Plan d'ensemble sur quatre hommes assis sur des chaises, tous campés par le même acteur.
Neev 3: Bonjour à tous et bienvenue à cette première formation sur les risques du bruit en milieu de travail.
Le premier Neev fait signe qu'il n'entend pas.
Neev 4: Quoi?
Neev 1: Je n'entends pas.
Plan serré sur le Neev 3 (animateur) qui parle plus fort.
Neev 3: Bonjour à tous et bienvenue à cette première formation sur les risques du bruit en milieu de travail.
Les trois autres font signe de parler plus fort.
Neev 1: Plus fort! Sérieux, plus fort.
L'animateur prend un air dépité. Il parle encore plus fort.
Neev 3: Bonjour à tous et bienvenue à cette première formation.
Les 3 autres Neev: AH!
L'animateur se tourne vers le premier homme.
Neev 3: On a Marc-André qui est machiniste.
Neev 1: Salut.
L'animateur se tourne vers le deuxième homme, à sa droite.
Neev 3: On a DJ Dream, qui est DJ.
L'animateur se tourne vers le quatrième homme, qui est à sa gauche.
Neev 3: Et on a Gérald qui est dans le sciage de béton.
Neev 4: Tu peux m'appeler Jerry, il n'y a que ma mère qui m'appelle Gérald.
Plan serré sur l'animateur qui fronce le regard.
Neev 3: Ce qui va être important…
Neev 4: Quoi?
Neev 1: Il te dit que si tu veux skier, il est partant.
Neev 2: Tu veux du whisky blanc?
Le quatrième homme lève les bras en l'air, visiblement agacé.
Neev 4: Ça me change quoi qu'il vive dans un rang?
L'animateur s'adresse aux trois hommes.
Neev 3: Non, messieurs. Ce qui va être important…
Le quatrième montre de l'incompréhension.
Neev 4: Des gants dans un ring?
Le premier homme aussi.
Neev 1: Où est-ce qu'on va skier?
L'animateur regarde autour de lui, incrédule.
Neev 2: Je suis partant pour un drink!
Les trois hommes autour de l'animateur s'agitent, parlent les uns par-dessus les autres.
[cacophonie]
L'animateur les regarde, perplexe. Il croise les bras et jette sa tête en arrière de découragement.
Plan de pied qui montre Neev-animateur avec des coquilles de protection. Il sourit.
Neev: Quand tu n'es pas capable de retenir le bruit à la source, protège tes oreilles. Parce ce qu'eux, ils ne l'ont pas fait.
Apparition d'un cercle orangé en coin droit de l'écran, dans lequel on peut lire les mots "APPROUVÉ par FACTEURS DE RISQUE"
Neev-animateur met les coquilles sur ses oreilles.
Les trois hommes s'agitent, sans l'animateur.
[cacophonie]
*musique*
Signalétique de zone en travaux.
*musique*
L'animateur s'adresse face à la caméra, souriant.
François-Étienne: Travailler dans le bruit, c'est inévitable et c'est la réalité de bien du monde. Mais il y a de nouvelles façons de faire pour diminuer le problème et protéger les travailleurs.
Plan plus large, il est debout, devant une grande fenêtre.
François-Étienne: Je rêve du jour où il n'y aura plus personne qui perdra l'audition à cause de son travail. On est loin de là, mais il y a bien du monde qui travaille pour qu'on y arrive (*Il lève le doigt vers son oreille) et ça, c'est doux à mes oreilles.
*musique*
Générique de fin.

Émission "Facteur de risque" spécial IRSST diffusée en février 2020 sur Savoir Média.

Jérémie Voix : Lorsque j'étais adolescent, en réalité, j'étais déjà au sein d'une équipe de passionnés d'audiophile. C'était des adultes, l'âge de mes parents. J'étais parmi les plus jeunes. On s'est mis à faire, finalement, plein de systèmes de son, des speakers, des enceintes, des amplis, etc. Et c'est ce qui, finalement, a un petit peu déterminé les études que je souhaitais faire. Donc, tout mon parcours universitaire incluait de la physique fondamentale, puis, plus tard, de l'acoustique.
Aujourd'hui, je suis professeur-chercheur à l'ÉTS. J'ai finalement trois grands axes de recherche. Le premier, c'est l'acoustique industrielle. Ça consiste vraiment à faire en sorte que les machines, les équipements industriels, soient moins bruyants.
Mon deuxième axe de recherche, qui m'a finalement occupé les 15 dernières années, c'est la protection auditive : comment protéger les travailleurs qui, chaque jour, mettent leur audition en péril à cause de niveaux sonores excessifs.
Cet axe m'a amené à mon troisième axe que j'explore actuellement : les technologies dites "connectées", ou "Wearables". Je me suis rendu compte que l'oreille est un endroit du corps humain extrêmement intéressant pour mesurer des biosignaux, comme l'attention cognitive, etc. C'est ce que j'appelle le troisième axe, "au-delà de l'oreille".
Une réalisation dont je suis assez fier, c'est la technologie de "Fit testing", un test de l'étanchéité ou de l'efficacité des protecteurs auditifs en milieu de travail. Ce système, repris par 3M et commercialisé mondialement, est le fruit du travail effectué ici durant mon doctorat à l'ÉTS.
Ce qui me passionne beaucoup dans mon métier, c'est que, à partir de projets très appliqués, on soulève des problématiques plus fondamentales, et chaque jour, nous avons des questions de recherche auxquelles répondre. Chaque matin, j'arrive, je prends un café avec mon équipe, et on discute des derniers résultats et observations. C'est quelque chose que j'aime beaucoup et que je trouve très intéressant.
Avec le temps, j'ai remarqué quelque chose. En tant qu'ingénieur, j'avais plus de facilité avec la machine, mais aujourd'hui, l'humain m'intéresse aussi, notamment les relations humaines. Dans une équipe de recherche, les peurs, les craintes, et tout ce qui est un peu irrationnel me paraissent intéressants, car c'est là qu'il y a de la matière à renforcer.
Chacun des membres de mon équipe est complètement autonome et capable de mener sa propre recherche. Mais souvent, c'est le petit coup de pouce, le petit défi que je leur lance, ainsi que la capacité à maintenir un cap. Comme un meneur de barque, je vois à long terme où je veux que nous allions, et naviguer à travers les différents écueils, c'est ce qui m'intéresse.

Prix d’excellence en recherche

C’est dans le cadre du Gala reconnaissance 2016 qui se tenait le 29 mars 2017 que le conseil d’administration de l’ÉTS a remis ses prix d’excellence, un hommage rendu au travail exceptionnel de six membres de son personnel, dont Jérémie Voix, titulaire de la Chaire de recherche en technologies intra-auriculaires EERS-CRSNG.

On voit deux personnes dans les bois, en train de prendre des égoportraits avec un téléphone.
Animateur : Quand on bouge, quand on utilise nos muscles, on produit de l'énergie, et de plus en plus de scientifiques cherchent des façons de récupérer cette énergie, par exemple pour recharger nos petits appareils électroniques.
Gros plan sur l'animateur.
Animateur : Alors, que pensez-vous d'utiliser les mouvements de la mâchoire pour recharger une prothèse auditive?
L'homme pointe sa mâchoire avec ses deux mains.
Animateur : Bien, c'est l'idée qu'a eue Jérémie Voix, qui est chercheur en génie mécanique à l'École de technologie supérieure de Montréal. Il a pensé aux mouvements de la mâchoire lorsqu'on parle ou lorsqu'on mange, pour produire de l'électricité.
Gros plan sur les deux personnes qui prennent des égoportraits en arrière-plan, en ouvrant et fermant leurs mâchoires. Gros plan sur l'animateur qui parle toujours.
Animateur : Mais comment est-ce qu'on convertit les mouvements de la mâchoire en électricité? Le truc, c'est d'utiliser des matériaux appelés « piézoélectriques », qui ont la propriété de produire de faibles courants électriques lorsqu'ils sont déformés.
Des images de différents matériaux défilent sur un fond blanc. Les mots « matériaux piézoélectriques » apparaissent en bas de la dernière image. Des traits rouges représentant des courants électriques apparaissent également au-dessus de l'image.
Animateur : Alors, Jérémie Voix a utilisé une sangle qui produit un courant électrique lorsqu'elle est étirée.
On voit maintenant, en dessin, le visage de profil d'une personne portant un casque jaune sur les oreilles, avec une sangle qui lui passe sous le menton.
On voit maintenant un homme devant un ordinateur avec un casque jaune aux oreilles.
Animateur : Je sais, ce n'est pas nécessairement très esthétique, mais ça fonctionne. Selon ses calculs, à chaque fois qu'on ouvre et qu'on ferme la bouche, on produit une infime quantité d'électricité. Mais puisqu'on ouvre et on ferme la bouche plus de 2000 fois par jour, au total, on produit suffisamment d'énergie pour faire fonctionner une prothèse auditive pendant 100 secondes.
Les mots « 100 secondes » apparaissent à gauche de son visage.
Animateur : Je sais, c'est décevant, mais on peut faire mieux. M. Voix a eu une autre idée. Par exemple, si vous mettez votre petit doigt dans l'oreille et que vous bougez la mâchoire, vous sentez la compression du tube auditif.
L'homme met son petit doigt dans son oreille droite. Zoom sur deux personnes assises en arrière-plan, dont l'une met un doigt dans son oreille et fait des mouvements avec sa mâchoire. La femme à ses côtés met ensuite un doigt dans son oreille gauche et il continue à faire des mouvements avec sa mâchoire.
Animateur : Eh bien, l'idée, ça a été d'utiliser les matériaux piézoélectriques et de les insérer dans le conduit auditif.
Des images de différents matériaux défilent sur un fond blanc. On voit ensuite un homme devant un ordinateur avec un appareil dans son oreille.
Animateur : Non seulement c'est plus esthétique, mais en plus, ça produit beaucoup plus d'énergie.
Gros plan sur une machine, face à l'homme, qui affiche des ondes de variation sur son écran. L'homme ouvre et referme sa mâchoire tout en regardant vers l'écran de la machine. Des images de différents matériaux défilent sur un fond blanc.
Animateur : En fait, on est capable en une journée de produire suffisamment d'énergie pour faire fonctionner la prothèse pendant deux heures.
Gros plan sur l'animateur qui parle dans un parc, avec deux personnes assises en fond qui ont chacune un doigt dans leur oreille.
Animateur : Et ce n'est pas la seule tentative d'utiliser les mouvements du corps pour produire de l'énergie.
Gros plan sur l'animateur.
Animateur : Par exemple, il y a une compagnie britannique qui s'appelle Pavegen, qui a développé des tuiles de plancher qui, par piézoélectricité, produisent de l'énergie lorsqu'on marche dessus et qui sont utilisées déjà sur le parvis de la gare Saint-Omer, en France.
Des images de différents matériaux défilent sur un fond blanc. On voit une tuile de plancher avec deux tableaux où est inscrit le logo de Pavegen au-dessus. On voit des pieds de personnes qui marchent sur le plancher. On voit des images de la gare de l'extérieur.
Animateur : Une autre compagnie a développé un modèle de semelles à insérer dans ses chaussures et qui permet de recharger son téléphone cellulaire lorsqu'on marche.
On voit une main qui insère une semelle dans une chaussure. On voit ensuite une main qui branche la chaussure sur un boîtier. On voit ensuite un homme qui marche dans les bois. Zoom sur un pied en marche avec une chaussure qui a un boîtier branché dessus.
Animateur : Alors, dans ce cas-ci, une heure de marche permet de parler au téléphone pendant 30 minutes.
Des images de différents matériaux défilent sur un fond blanc. Gros plan sur l'animateur. Zoom sur les deux personnes assises en arrière-plan qui regardent leurs téléphones.

Reportage "Électrons Libres" sur Télé-Québec le 04 octobre 2016

 

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