*musique*
On ouvre sur un plan extérieur qui montre une signalétique de zone en travaux.
Un homme passe devant un panneau.
François-Étienne: Ça nous est tous déjà arrivé, hein?
On coupe sur l'animateur (François-Étienne) debout dans un plan poitrine.
François-Étienne: On marche dehors, on croise un chantier de construction.
Il jette un regard sur l'extérieur, par la fenêtre.
Plan de taille cette fois sur l'animateur en haut d'un immeuble. On a une vue dégagée sur la ville.
François-Étienne: Il y a du marteau-piqueur, du pieutage, de la scie ronde, des bruits de moteur. Le bruit nous dérange tellement qu'on se met à marcher plus vite.
Plan de poitrine de nouveau, l'animateur montre du doigt l'extérieur, tout en fixant la caméra.
François-Étienne: Les travailleurs, eux, subissent ce bruit-là jour après jour.
Plan de taille, l'animateur est souriant et croise les mains tout en parlant.
François-Étienne: Au Québec, il y a chaque année des milliers de cas de surdité professionnelle et ce n'est pas près de baisser.
Plan serré sur l'animateur.
François-Étienne: Aujourd'hui, dans cet épisode, on rencontre des gens qui ont pris ce problème-là de front.
*musique du générique*
On voit une personne en blouse blanche, qui marche dans un couloir, une mallette en métal à la main.
Plan sur l'oculaire d'un microscope.
Plan sur des échantillons sur un chariot en mouvement.
On voit le titre de l'émission « Facteurs de Risque ».
On voit l'animateur debout, les bras croisés, à droite. Au milieu : Le nom des membres de l'équipe technique.
On coupe sur des machines en mouvement.
On voit la thématique du jour à droite : « Ce bruit qui dérange ».
De nouveau, plan sur le titre de l'émission.
*musique, guitare électrique*
On voit le siège social de L'Oréal.
L'animateur arrive, souriant, dans le hall.
François-Étienne: Je suis maintenant chez L'Oréal, Canada. Je m'en vais rencontrer Hugo Lavoie, qui est chef technique, avec qui je vais parler de buses. Mais pas les buses que vous connaissez, des buses assez bruyantes.
*musique, guitare électrique*
Plan sur le titre de la première partie de l'émission : « Sur le terrain ».
On voit deux hommes en blouse blanche qui ouvrent une barrière en métal jaune. Ils portent des lunettes de protection et des sarraus. Ils avancent vers la caméra.
Plan sur des pictogrammes qui montrent les règles à respecter dans les locaux.
Hugo: Bon, François-Étienne, à partir d'ici, on doit se conformer aux règles d'hygiène et de sécurité.
On voit un réceptacle qui contient des filets à cheveux.
L'animateur et le chef technique se font face.
François-Étienne: OK.
Plan plus serré sur Hugo, qui montre son équipement.
Hugo: Le sarrau, les souliers de sécurité, les lunettes, le bonnet.
Plan sur un autre réceptacle qui contient des filets à cheveux (bonnets).
On coupe sur les hommes qui ont enfilé chacun un filet à cheveux.
François-Étienne: OK. Tout est rentré, c'est bon?
Hugo fait signe que c'est bon.
Hugo: Super. On peut y aller.
Les deux hommes entrent dans l'usine.
*musique, guitare électrique*
La porte se ferme, on voit des pictogrammes de sécurité.
Plan sur les boutons lumineux d'une machine.
On voit des employés au travail tous vêtus du même équipement ainsi que des machines.
Les deux hommes arrivent dans le département des produits coiffants.
François-Étienne: Hugo, on est où, ici?
Hugo: On l'appelle le département des produits coiffants.
Sur le garde-corps de l'étage, on voit une étiquette qui annonce un risque de chute d'objet.
François-Étienne: Ce sont des machines qui travaillent sans arrêt.
Hugo: Sans arrêt, effectivement.
Plan large sur l'ensemble des machines en bas.
*musique, guitare électrique*
Les deux hommes marchent alors de droite à gauche sur un passage piéton.
Hugo: On arrive dans une zone un peu plus bruyante où l'on doit absolument porter des protecteurs auditifs dès notre arrivée sur la ligne.
L'animateur met des protecteurs auditifs.
*bruit sourd de machine*
Il fait signe que tout est OK, mais fait comprendre qu'il y a beaucoup de bruit.
François-Étienne: Hein?
Plan sur des machines en mouvement.
*musique, synthétiseur*
Les deux hommes visitent les locaux et s'arrêtent. L'animateur parle et grimace à cause du bruit.
François-Étienne: Hugo, ça ne doit pas être évident de travailler sur les différentes sources de bruit. En plus, le bruit, ça rebondit. C'est quoi les sources principales de bruit dans une usine?
Hugo: Les bruits principaux, ce sont les moteurs, les pompes...
Plan sur des bouteilles vides en plastique sur une chaîne de production.
Hugo: ...les cognements des bouteilles parce que, vu qu'elles sont vides, ça fait comme un effet de tambour l'une sur l'autre.
François-Étienne : OK.
Les deux hommes se parlent face à face.
Hugo : Mais la priorité, c'est vraiment les jets d'air, c'est ce qui fait le plus de bruit.
François-Étienne: En termes de bruit ici, il y a combien de décibels par exemple?
Plan sur des flacons remplis sur une chaîne de production.
Hugo: On oscille entre 80 et 85 décibels.
François-Étienne: OK.
Hugo explique et pointe du doigt ses différents équipements.
Hugo: Ici, à L'Oréal, on impose le port des EPI pour les oreilles à partir de 80 décibels.
Le texte EPI, Équipement de protection individuelle apparaît.
François-Étienne: OK.
Plan serré sur Hugo.
Hugo: C'est une règle interne.
François-Étienne: Oui, je ne vivrais pas ça toute la journée.
Hugo acquiesce et hoche la tête.
Hugo: Exactement.
Nouveau plan sur des flacons vides sur la chaîne de production.
François-Étienne: Puis, vous avez réussi à descendre à combien de décibels avec votre projet?
Plan serré sur le Hugo et l'animateur.
Hugo: On a commencé un projet d'optimisation sur un équipement qui avait 85 décibels et on l'a amené à 77.
Hugo fait signe à l'animateur de le suivre.
Hugo: Viens avec moi, on va aller voir ce que ça donne.
L'animateur accepte et sourit.
François-Étienne: OK!
*musique électronique*
Plan sur des flacons sur la chaîne de production.
Hugo: Ici, on se retrouve dans le cœur du département.
Hugo montre une ligne de flacons en mouvement.
Hugo: Ici, c'est une ligne conventionnelle.
Plan sur les flacons. Hugo montre une machine.
Hugo: Puis, la petite à côté de nous, elle est un peu moins conventionnelle au niveau du bruit, je dirais. C'est ce qu'on appelle un démêleur de pompe.
Plan sur des équipements.
Hugo: Ce sont souvent ces équipements-là qui utilisent de l'air.
L'animateur écoute et mime un mouvement de propulsion.
François-Étienne: C'est de l'air qui est propulsé? Comment on appelle ça?
Plan serré sur Hugo qui explique.
Hugo: Oui, c'est un air qui passe dans un tuyau, mais vu qu'il n'est pas optimisé, l'air sort dans toutes les directions un peu...
On voit un employé qui travaille.
On change à un plan plus large sur les trois personnes. Hugo explique et fait des gestes.
Hugo: ...contrairement à nos buses optimisées qui canalisent, centralisent la force, puis après ça attire une couche périphérique d'air qui réduit le bruit.
L'animateur s'adresse alors à l'employé (Pierre-Luc) et montre les bouchons d'oreilles.
François-Étienne: Passer une journée à côté de la machine, tu n'as pas le choix d'avoir des bouchons.
L'employé montre ses bouchons.
Pierre-Luc: C'est ça, je porte des bouchons. Passer cinq minutes, ça va...
Plan plus serré sur l'employé.
Pierre-Luc: ...mais passer des journées complètes, c'est bruyant.
François-Étienne: Puis, l'impact sur ton quotidien de passer autant de temps dans le bruit.
Pierre-Luc: C'est sûr qu'à la fin des huit heures, la fatigue auditive va affecter aussi à la maison, on se retrouve fatigué.
François-Étienne: Merci Pierre-Luc.
François-Étienne et Pierre-Luc se serrent la main.
Pierre-Luc: Plaisir.
François-Étienne: Merci beaucoup ! On va aller voir les buses optimisées?
Hugo: Tout à fait.
*musique*
Plan sur des lignes de production où des bouchons sont vissés sur les bouteilles.
Les hommes avancent vers la caméra
Hugo: Je vais te présenter Francis, qui a participé au projet d'optimisation des buses d'air. Salut Francis.
Hugo présente Francis.
Plan serré sur Francis qui salue les deux hommes.
Francis: Bonjour.
Plan serré sur l'animateur.
François-Étienne: Peux-tu nous faire une démonstration pour que je puisse entendre la différence entre les anciennes buses et les buses optimisées?
Francis: Oui, bien sûr. En fait, j'ai vraiment les deux types de buse ici.
Francis montre deux types de buses. Plan serré sur les buses que Francis tient dans les mains.
Francis: La buse d'origine qui est vraiment plus comme un tuyau, ainsi que la nouvelle buse. Je vais vous donner un exemple de l'ancienne buse.
Francis fait une démonstration avec les deux types de buses.
François-Étienne: OK.
*bruit d'air qui s'échappe*
On voit l'animateur de près qui se rend compte du bruit.
François-Étienne: OK, oui, c'est présent quand même.
Francis: Quand même assez bruyant. Et voici une buse avec... une buse d'air optimisé.
Francis montre une autre buse.
*bruit moins fort d'air qui s'échappe*
Plan serré sur l'animateur qui réagit à la différence de son.
François-Étienne: Oui, la différence est importante. Est-ce qu'il y a des fréquences qui ont été annulées?
Francis: Oui, en fait, étant donné qu'on concentre l'air à un niveau supersonique, c'est sûr qu'il y a certaines fréquences qu'on n'entend plus avec l'oreille humaine.
L'animateur s'adresse alors à Hugo.
François-Étienne: À quel point vous avez réussi à descendre le bruit en termes de décibels?
On coupe sur Hugo, qui répond en regardant l'animateur dans les yeux.
Hugo: Sept à huit décibels.
François-Étienne: OK.
François-Étienne: Puis, en termes de volume de son?
Plan serré sur Hugo, qui regarde l'animateur.
Hugo: Ressenti, c'est environ la moitié.
François-Étienne: OK.
Hugo: Mais de façon théorique, c'est quatre fois moins.
François-Étienne: Ah oui, quand même. Très bien, merci. Merci Francis.
Francis: Plaisir.
*musique*
Plans sur des machines qui manipulent des bouteilles remplies.
L'animateur salue un autre employé (Hicham) ; les trois hommes forment un cercle.
François-Étienne: Salut, Hicham.
Hicham: Salut.
François-Étienne: Je voulais te poser une question.
L'animateur est vu de près, il s'adresse à l'employé.
François-Étienne: Toi, tu as connu la ligne, les machines avant et après l'installation des buses optimisées. Qu'est-ce que ça a changé dans ta vie?
Hicham se tient droit, les mains derrière le dos, et répond à la question.
Hicham: Avant, c'est sûr, on était obligés de mettre des casques, des bouchons. La communication avec les employés, il fallait qu'on aille dans un coin isolé, qu'il y ait moins de bruit pour parler.
Plan serré sur Hicham qui mime qu'il n'entend pas.
Hicham: Oh, tu dis quoi? Je n'entends rien.
Plan sur Hugo et Hicham qui regardent l'animateur.
Hicham : Maintenant, c'est comme je vous parle, puis même si les machines roulent, on s'entend super bien.
L'animateur hoche la tête.
L'animateur et Hicham se serrent la main.
François-Étienne: Merci beaucoup, Hicham, je te laisse travailler.
Hicham: Merci beaucoup.
François-Étienne: Salut.
Hugo et l'animateur s'éloignent.
*musique*
Plans sur des machines de la ligne de production et de différents dispositifs de sécurité : bouton d'arrêt d'urgence, rampe.
Plan sur des prix décernés à L'Oréal par la CNESST, encadrés sur un mur.
L'animateur et Hugo reviennent dans le hall.
Ils ont enlevé leurs équipements de production.
L'animateur serre la main de Hugo.
François-Étienne: Hugo, avant de partir, je voulais te féliciter. Je sais à quel point ça demande de l'énergie de mettre un beau projet comme celui-là en place, donc bravo.
Hugo: Merci.
Plan plus serré sur les deux hommes.
François-Étienne: Ça a un impact positif sur plusieurs aspects dans la vie des travailleurs, de l'usine etc.
Hugo: Le premier aspect, c'est la qualité de vie des employés, moins de bruit sur les machines. Le second, c'est la consommation énergétique, on l'a réduite grâce à ça. Et par cette réduction de consommation énergétique, on peut payer le projet.
François-Étienne: Donc, il n'y a pas de raison de ne pas le mettre en place.
Hugo: Aucune raison.
Les deux hommes se serrent la main, l'animateur rigole et sourit.
François-Étienne: Merci beaucoup.
Hugo: Merci.
François-Étienne: Salut.
L'animateur s'en va.
Hugo: Salut.
*musique*
*musique*
Plan sur le titre de la partie : En 1 minute.
Les mots "L'ÉCHELLE DU BRUIT" apparaissent en lettres majuscules orangées, à gauche on voit le dessin d'une oreille humaine. Représentation du bruit et de son effet sur l'audition, sous forme d'animation.
Narrateur (François-Étienne): Il y a encore plusieurs milieux de travail où il y a juste trop de bruit et à la longue, les personnes qui y travaillent peuvent souffrir de problèmes auditifs. Mais, c'est quoi trop de bruit?
Sur fond arrière de papier bulle, le mot "DÉCIBELS" apparaît en lettres majuscules orangées. En dessous, on retrouve l'abréviation "(dB)". Explication de l'échelle des décibels, avec l'animation d'un thermomètre à décibels qui est à 10 dB.
Narrateur (François-Étienne): On exprime l'intensité du bruit en décibels. Par exemple, 10dB, c'est un bruit très faible, comme quelqu'un qui respire.
*bruit de respiration*
Animation d'un visage humain qui parle.
Le thermomètre passe alors de 10dB à 60dB.
Animation, deux visages humains (face à face) qui discutent.
Narrateur (François-Étienne): 60dB, c'est le bruit d'une conversation.
*bruit d'une conversation*
Le thermomètre monte à 70dB.
Animation d'un aspirateur qui va de gauche à droit.
Narrateur (François-Étienne): 70dB, celui d'un aspirateur.
*bruit d'un aspirateur*
Le thermomètre monte à 110dB.
*bruit de musique forte et d'un marteau-piqueur*
Animation, on voit des étoiles clignotantes et un marteau-piqueur.
Narrateur (François-Étienne): 110dB, la musique dans une discothèque, ou encore un marteau-piqueur.
*bruit d'avion qui décolle*
Le thermomètre monte à 130dB, dépassant de beaucoup le haut du thermomètre à décibels.
Animation d'un avion qui passe dans l'écran.
Narrateur (François-Étienne): 130db, un avion au décollage. Ça fait mal aux oreilles.
Le thermomètre monte à 150dB, écrit en très gros caractères.
Narrateur (François-Étienne): 150dB et plus, c'est une fusée au décollage.
*bruit d'une fusée qui décolle*
Animation d'une fusée qui décolle, passant de bas en haut de l'écran.
Dessin d'une oreille affectée par le bruit.
On peut subir une perte d'audition si on est exposé de façon prolongée à plus de 75dB et ça, on s'entend que ça change le quotidien, hein?
*musique*
Plan sur une chaise au milieu d'une salle toute blanche, vide.
Autre plan sur une femme (Linda) qui s'adresse au reporter
Linda: Dans le temps, on n'avait pas de protection pour les oreilles, c'était normal.
Plan plus large, elle est assise sur la chaise. Elle raconte, explique, fait des gestes.
Linda: Puis en plus, il y avait des machines qui faisaient beaucoup plus de bruit que d'autres. Moi, j'étais à côté d'une « takeuse », puis on entendait vraiment fort les « toc-toc » continuellement, toute la journée, même que les gens me demandaient comment je faisais pour travailler à côté de cette machine-là. Mais, c'était normal dans le temps.
*musique*
Plan plus large sur la chaise, Linda marche vers la chaise. Elle s'assoit. Son nom complet (LINDA PAPILLON) s'affiche à l'écran.
Plan serré sur Linda.
Linda: Moi, j'ai travaillé dix ans dans une manufacture de maillots de bain où il y avait plus de 300 machines à coudre industrielles.
Plan serré sur Linda.
Linda: De l'extérieur, du coin de la rue, l'été, quand les fenêtres étaient ouvertes, et même l'hiver, quand les fenêtres étaient fermées, on entendait le bruit du coin de la rue.
Plan en contre-plongée sur une grande fenêtre.
Linda: Quand je quittais le soir pour le retour à la maison, j'étais au moins deux heures à entendre vraiment siler très fort.
Linda s'avance vers la fenêtre. Elle se pose devant la fenêtre et pose ses mains sur le rebord.
On voit Linda à travers un miroir.
Linda: Ça se passait. Je retournais le lendemain matin travailler...
Plan serré sur Linda, qui est assise sur la chaise.
Linda: ...et ça se reproduisait tous les soirs.
Plan plus large.
Linda: Ça a duré comme ça pendant dix ans.
On revoit la femme à travers le miroir.
Linda: Ce n'est pas toujours facile de pouvoir fonctionner normalement quand on n'entend pas bien.
On voit un train de marchandises en mouvement sur les rails.
Plan large sur Linda, assise.
Linda: Mon mari me parlait, me donnait de l'information...
Plan plus serré, Linda montre de l'incompréhension.
Linda: puis je lui disais: « Non, tu ne m'as jamais dit ça. »
Linda sourit.
Linda: Et aujourd'hui, on en rit, mais à l'époque, ce n'était pas drôle tout le temps parce qu'il me donnait de l'information très importante que je n'avais pas comprise, tout simplement.
Plan sur le visage de Linda, puis ses mains.
Linda: Aussi, dans le temps, quand je travaillais dans les manufactures, on ne se parlait pas, on criait parce qu'on n'entendait vraiment rien quand quelqu'un nous parlait. Puis, plus tard, dans mon travail, quand les gens me parlaient pour me donner simplement de l'information, puisque je ne travaillais plus dans la manufacture, je pouvais les faire répéter trois, quatre fois avant de vraiment comprendre l'information. Les gens me demandaient, ils disaient tout le temps en farce: « Coudonc, est-ce que tu es sourde ? »
Linda est debout à côté de la fenêtre, elle regarde au loin et a l'air pensive.
Linda: Ça a duré quelques années...
Plan serré sur Linda. Elle exprime une gêne.
Linda: jusqu'au jour où ça a commencé à sérieusement me nuire au travail.
Plan large.
Linda: J'avais de l'information très importante à comprendre...
Plan serré.
Linda: ...puis je perdais de l'information. Là, je faisais répéter les gens, puis ils commençaient à ne pas trouver ça très drôle. Là, j'ai dit:
« OK, là, il faut que je fasse quelque chose. Il y a quelque chose qui se passe. »
Linda est debout à côté de la fenêtre, elle regarde au loin.
Linda: Puis un jour, j'ai reçu un appel. Je suis droitière, donc pour prendre et écrire les notes...
Plan large, Linda montre son oreille gauche et hoche la tête.
Linda: ...il faut que je mette le récepteur sur mon oreille gauche. Je n'entendais rien du tout.
Plan plus serré sur le visage, puis les mains.
Linda : Là, j'ai dit: « Non, là, c'est sérieux. Il y a vraiment un problème. » Donc, je suis allée passer des tests de surdité chez un ORL, puis il a constaté que, vraiment, j'avais une surdité professionnelle, que j'entendais beaucoup moins bien, pratiquement pas grand-chose de mon oreille gauche.
On voit Linda de dos, à hauteur de sa tête, elle regarde au loin par la fenêtre.
Linda: Aujourd'hui, je porte un appareil auditif.
Plan large sur Linda, assise. Moi, ça a changé tellement de choses. Au travail, ma vie personnelle, dans tout. C'est comme tellement plus agréable tous les jours.
Linda sourit. La femme regarde au loin par la fenêtre.
*musique*
Les mots « En quête de solutions » apparaissent à l'écran.
Plan en mouvement : L'animateur est vu en train de descendre les escaliers, il descend les marches et s'adresse à la caméra.
François-Étienne: Dans une entreprise bruyante, ce qu'on veut, c'est protéger les oreilles des travailleurs.
Plan plus large, il est accoudé à la rambarde.
François-Étienne: Mais, on commence par où?
On coupe sur un plan où on le voit se diriger vers l'entrée du bâtiment A de l'ÉTS.
François-Étienne: Le bruit vient d'où? Quelle machine est la plus bruyante? Et en plus, le son, ça rebondit.
Plan serré sur l'animateur.
François-Étienne: C'est tout un casse-tête pour les chercheurs.
*musique*
François-Étienne marche dans le hall de l'ÉTS.
On le voit de profil passer devant une turbine.
Plan serré, on le voit appeler un ascenseur.
On le voit maintenant souriant, dans l'ascenseur qui monte.
On coupe sur l'animateur qui marche d'un pas serein dans un couloir et sourit.
Plan serré sur la plaque métallique du laboratoire dans lequel il vient de rentrer : ICAR.
Il marche dans une salle spéciale et appelle quelqu'un.
François-Étienne: Hé, ho!
Il tape dans les mains, ça résonne beaucoup.
Dans une autre pièce, il tape de nouveau des mains, ça résonne beaucoup moins.
François-Étienne: Hé, ho!
*clappement de mains*
François-Étienne: Hé, ho!
Un homme arrive dans le champ par la droite. Ce dernier se dirige vers l'animateur en souriant.
François-Étienne: Franck, c'est incroyable, je n'entends presque rien.
Plan serré sur le visage de l'homme s'appelant Franck. Son nom complet ("FRANCK SGARD") ainsi que son métier ("CHERCHEUR, IRSST") sont affichés à l'écran, sous lui.
François-Étienne: Merci de nous accueillir en cet endroit particulier.
Plan plus large, les deux hommes se serrent la main.
Plan rapproché sur l'animateur, il regarde Franck dans les yeux.
François-Étienne: Comment est-ce qu'on appelle cette salle?
Plan plus large.
Franck: Ça, François-Étienne, c'est ce qu'on appelle une salle semi-anéchoïque.
François-Étienne: Et à quoi ça sert?
Plan sur les murs particuliers de la salle semi-anéchoïque.
Franck: Ça sert à absorber le son, donc de créer un environnement spécifique aux laboratoires contrôlés.
Plan sur l'animateur.
François-Étienne: Juste le nom, anéchoïque, est-ce que ça signifie « sans écho »?
On coupe sur un plan plus large sur les deux hommes.
Franck: Exactement, « sans écho ». En fait, on vient simuler les conditions de propagation extérieure.
Franck fait des gestes tout en expliquant. Il montre la structure du plafond.
Franck: C'est comme si tu parlais sans paroi autour de toi. Et comme tu le vois, c'est fait de cônes de mousse qui vont pouvoir absorber le son qui est émis dans la salle de façon complète.
Plan sur la structure du plafond
Plan rapproché sur l'animateur.
François-Étienne: Oui, j'ai été impressionné par la salle, mais cet objet m'impressionne aussi.
Plan sur les deux hommes, avec un objet entre eux.
Zoom avant sur l'objet.
François-Étienne: C'est le dispositif que vous utilisez?
Franck: Tout à fait, ça, c'est ce qu'on appelle une antenne acoustique. Elle est constituée d'une sphère...
L'antenne est vue de très près. Franck la montre du doigt en expliquant.
Franck: ...qui est perforée en plusieurs endroits dans lesquels on vient insérer des tiges et au bout desquelles viennent s'insérer aussi des microphones.
Plan plus large sur les deux hommes.
Franck: Ils vont mesurer ce qu'on appelle le champ acoustique, la pression acoustique en différents points autour de la sphère. Tout ça est relié à un ordinateur qui va traiter toutes les données pour essayer de reconstruire d'où vient le son, d'où vient l'énergie sonore.
Franck montre une caméra placée au-dessus de la sphère.
Franck: Et au-dessus, on a une caméra qui permet vraiment de prendre une vue à 360°, une photo physique, une photo classique sur laquelle on va pouvoir venir superposer ces images acoustiques.
Plan serré sur l'animateur. Il semble intrigué.
François-Étienne: L'image acoustique dont vous parlez, c'est quoi? C'est comme une photographie du son?
Franck: Exactement.
Plan serré sur Franck.
Franck: C'est un peu l'image de ce qu'on peut faire au niveau des cartes thermiques, donc le rôle de la température serait alors joué par la pression acoustique ou le niveau sonore et à l'endroit où on aurait des sources, on verrait des taches rouges. Et où il n'y en a pas, une autre couleur.
Plan serré sur l'animateur.
François-Étienne: Pourquoi c'est important d'identifier les sources de bruit dans un environnement?
Plan serré sur Franck.
Franck: On est particulièrement intéressés à prévenir la surdité professionnelle et les accidents du travail.
Plan plus large. Franck fait des gestes et explique.
Franck: Donc, la première chose qu'on essaie de faire, c'est de réduire le bruit à la source et, pour ce faire, il faut savoir où sont les sources, quel est leur niveau sonore, et également quelle est leur composition spectrale. C'est-à-dire, est-ce qu'elles émettent plutôt des basses fréquences ou des hautes fréquences? Est-ce qu'elles émettent des sons stationnaires ou des sons fonctionnels, comme des bruits d'impact, par exemple?
Plan qui se rapproche d'une machine.
*bruit d'impact*
François-Étienne: Très bien. Est-ce qu'on peut faire une démonstration?
Plan sur l'animateur qui sourit.
Franck: Tout à fait.
Franck montre les deux haut-parleurs.
Franck: On a deux haut-parleurs que je vais mettre en marche, et on va utiliser notre antenne pour essayer de déterminer où sont ces deux sources.
Franck montre l'antenne.
*musique*
Plan serré sur un haut-parleur.
Franck actionne le haut-parleur.
*bruit d'air*
Il va vers l'autre haut-parleur et l'actionne.
*bruit d'air*
Plan serré sur des casques muni de coquilles contre le bruit.
Plan sur des cônes semblables à ceux de la salle semi-anéchoïque.
Franck: Alors, François-Étienne, ici, tu vois la photo qu'on vient de prendre dans la salle semi-anéchoïque avec les deux sources de bruit.
On voit les hommes de profil debout, Franck est sur l'ordinateur.
On coupe sur l'écran d'ordinateur.
Franck: Ici, on voit le résultat de l'algorithme d'antennerie où on reconnait bien ici les sources. Là, c'est ce qu'on obtiendrait si on utilisait des algorithmes classiques. Là, on voit qu'on est incapable de vraiment discriminer spatialement la position des deux sources.
L'animateur se tient le menton comme pour réfléchir.
François-Étienne: C'est beaucoup moins précis (*en parlant du résultat obtenu avec les algorithmes classique).
Franck: Tout à fait.
François-Étienne: L'objectif dans le fond de travailler sur des algorithmes, de préciser, quel est-il ? C'est de l'emmener en entreprise?
Plan sur les deux hommes.
Franck s'approche du bureau et se saisit d'un sonomètre. Gros plan sur le sonomètre
Franck: Oui, actuellement, ce qui est utilisé pour détecter les sources de bruit, mais pour plutôt cartographier le bruit en milieu de travail, c'est simplement un sonomètre (*Le mot "SONOMÈTRE" s'affiche à l'écran) qui va permettre de nous dire quel est le niveau sonore en chaque point de l'espace, mais ça ne permet pas de dire d'où vient le bruit.
Franck repose le sonomètre sur le bureau.
Franck: Si on regarde sur cette image ici...
Franck se tourne et montre une affiche derrière lui.
Franck: ...on comprend bien ce qui se passe.
Gros plan sur la partie dont Franck est en train de parler. Elle illustre les ondes sonores dans une pièce.
Franck: Ici, on a les machines qui sont un peu partout dans le local. Les ondes sonores qui vont être émises par les machines vont atteindre les murs, vont être réfléchies et pour atteindre finalement le travailleur. On voit que c'est très complexe de savoir, d'identifier quelles sont les sources qui ont pu contribuer à l'oreille du travailleur à cause de toutes ces réflexions.
Franck se rapproche de l'animateur.
François-Étienne: Vous aimeriez vous retrouver avec le dispositif en entreprise dans combien de temps environ?
Plan serré sur Franck.
Franck: On a la chance d'être subventionnés, de faire une demande de subvention à l'IRSST (*plan sur l'antenne) pour poursuivre ces travaux et, d'ici quatre ans, être à même d'avoir un prototype qui soit opérationnel en entreprise, qui permette de régler tous les problèmes qu'on a encore actuellement à l'étape du prototype numéro un.
L'animateur fait un signe de la tête.
François-Étienne: Beau travail, très noble.
Les deux hommes se serrent la main.
François-Étienne: Merci beaucoup, Franck.
Franck: Merci.
*musique rock*
Plan sur le plafond de la salle semi-anéchoïque.
*musique électronique*
Animation, Les mots "INCURSION" (écrit blanc sur orange) et "AU LABO" (écrit orange sur blanc) défilent.
Plan serré sur l'animateur, assis sur un canapé. Il s'adresse à la caméra, sourit et a les mains croisées.
François-Étienne: Une des choses qui est difficile quand il y a du bruit, c'est de se parler, de se comprendre.
Il fait des gestes de la main qui accompagnent son discours.
François-Étienne: Il y a des chercheurs qui travaillent sur un protecteur auditif intelligent qui permet de bloquer les bruits sauf la voix humaine.
Plans sur l'extérieur des locaux de l'ÉTS.
François-Étienne: Qu'est-ce qu'on entend de nos collègues quand ils nous parlent?
*musique électronique*
Plans successifs sur la sculpture devant le bâtiment B de l'ÉTS, puis d'un sonomètre.
*bruit sourd de suppresseur*
François-Étienne: Jérémie, qu'est-ce qu'on entend?
L'animateur est dans une salle avec un homme (Jérémie). Le son de leur voix est étouffé par le bruit ambiant. L'animateur porte des coquilles de protection et grimace.
Plan serré sur Jérémie qui s'adresse à l'animateur. Il porte aussi des coquilles.
Jérémie: Écoute, là, on est dans une salle d'empaquetage de sélénium. Et c'est extrêmement fort. On entend un suppresseur à pistons rotatifs. Et le niveau est proche de 95 décibels.
L'homme montre un sonomètre .
Gros plan sur l'écran du sonomètre qui affiche 95dB.
Gros plan sur l'animateur.
François-Étienne: Est-ce qu'il y a une autre salle où on peut se parler?
Jérémie: Très bonne idée. On va sortir!
L'homme indique à l'animateur de le suivre dans une autre salle.
*musique électronique*
Plan d'ensemble de la salle.
On coupe sur les différents matériels dans la salle.
Les deux hommes sont assis dans la pièce semi-anéchoïque. L'animateur est assis à gauche, les jambes croisées. L'autre homme est assis à droite, les mains sur les jambes. Le nom complet ainsi que le poste de ce dernier ("JÉRÉMIE VOIX", "PROFESSEUR ET CHERCHEUR, ÉTS") s'affichent à l'écran, sous lui.
François-Étienne: C'est assez intense, assez impressionnant comme bruit. Qu'est-ce que vous avez reproduit comme environnement?
Plan serré sur Jérémie, souriant.
Jérémie: Effectivement, là, ce qu'on entendait, c'était un surpresseur à pistons rotatifs dans une grosse compagnie au Québec.
Plan large sur les deux hommes.
Jérémie: C'est très fort, 95dB, on ne peut pas être exposé pendant un quart de travail au complet sans un risque majeur de perte auditive.
Plan serré sur l'animateur.
François-Étienne: Qu'est-ce que vous avez développé comme solution?
Jérémie: La première chose, c'est qu'on va chercher toujours à réduire le bruit à la source.
Plan serré sur Jérémie. Il a les mains jointes.
Jérémie: Là, ce n'est pas possible, ces équipements sont vraiment difficiles à contrôler. Donc, ce qu'on va faire, c'est qu'on va aménager les quarts de travail. Donc, 95dB, selon les législations en court, ce n'est pas plus de quatre heures par jour.
Plan serré sur Jérémie.
Jérémie: La troisième alternative, quand on n'a pas pu contrôler à la source ou aménager le temps de travail, c'est protéger le travailleur et le protéger avec des protecteurs auditifs.
Plan serré sur Jérémie.
Jérémie: Puis c'est encore drôle, quand on dit: « Vous êtes peut-être protégés », c'est parce que ce n'est pas garanti non plus.
Jérémie touche son oreille gauche.
Jérémie: On s'est malheureusement rendu compte que, lorsque les gens mettent des bouchons, notamment, ils ne les mettent pas bien et finalement, ils ne sont pas protégés, donc ils développent des surdités malgré le port du bouchon.
L'animateur écoute et hoche la tête.
François-Étienne: Donc, il faudrait être capable de mesurer à quel point…
Jérémie: Voilà, ça, c'était vraiment l'idée de base.
Jérémie se penche et saisit un appareil.
Jérémie: Peut-on mesurer? Un des dispositifs qu'on a développés est ici.
Gros plan sur l'appareil.
Jérémie: Tu vas le porter dans quelques minutes. Il comporte ici une unité électronique et puis ici, le bouchon dont je te parle, que tu vas te mettre dans l'oreille pour avoir une bonne atténuation des sons ambiants.
Plan serré, Jérémie montre le bouchon pour l'oreille.
Plan plus large sur Jérémie.
Jérémie: Et on va te laisser entendre les sons autour de toi qui sont utiles grâce à ce petit microphone.
Plan serré, Jérémie montre le microphone.
Jérémie: Ce microphone va être connecté à un haut-parleur à l'intérieur et on va pouvoir laisser passer les sons lorsqu'ils ne sont pas trop forts et pas nuisibles pour toi.
L'animateur sourit et hoche la tête.
Plan large sur les deux hommes, Jérémie parle toujours.
Jérémie: L'autre chose que l'on fait pour la communication, c'est qu'on va être capable d'utiliser le microphone interne.
Plan serré sur l'appareil dans ses mains.
Jérémie: C'est un microphone qu'on a mis dans l'oreille et on va capter ta voix.
Jérémie montre sa bouche puis montre son oreille.
Jérémie: Pas la voix qui sort de ta bouche, mais la voix qui sort de ton oreille.
François-Étienne: Une voix caverneuse?
Plan plus large. Jérémie montre son oreille.
Jérémie: C'est une voix très caverneuse, effectivement, c'est la même que tu as lorsque tu mets ton doigt dans l'oreille et que tu parles. Et ce que l'on fait, c'est qu'on la rend moins caverneuse et intelligible à travers le traitement de signal que l'on va faire dans ce petit boîtier électronique.
François-Étienne: Super, on va l'essayer?
Jérémie: On va l'essayer.
*musique électronique en fond sonore*
Jérémie: La première chose qu'on va faire dès qu'on va aller dans le bruit, c'est qu'on va vérifier que tu as bien mis ce protecteur-là.
L'animateur hoche la tête.
Jérémie: On va te vérifier avec les lumières vertes et rouges si tu es bien protégé d'abord.
Plan serré sur Jérémie, il sourit.
On coupe sur Jérémie, agenouillé au sol.
François-Étienne: OK.
*musique électronique*
Plan serré sur l'installation du matériel.
Plan serré sur l'animateur qui met une oreillette.
Il attache le boîtier électronique à sa chemise.
Il teste son appareil.
*bruit de moteur*
Plan serré sur Jérémie, qui montre le boîtier sur son torse.
Le boîtier de l'animateur clignote.
Plan d'ensemble des deux hommes dans la salle.
L'animateur lève le pouce pour dire que c'est bon.
*bruit sourd*
Les deux hommes se parlent. Leurs paroles ne sont pas intelligibles à cause du bruit, mais ils semblent se comprendre.
*bruit sourd*
Plan serré sur l'animateur.
Jérémie montre son appareil et son oreille.
Plan serré sur Jérémie, il parle avec une main devant sa bouche, et hoche la tête.
L'animateur tient son appareil. Les deux hommes sourient.
*musique électronique*
Plan serré sur du matériel de la salle.
Autre plan, les deux hommes sont devant un ordinateur.
Jérémie: Il y avait un enregistreur qui nous espionnait et nos deux conversations sont enregistrées.
L'animateur sourit.
Plan serré sur l'écran et le clavier.
Jérémie lance l'écoute d'un document audio.
Jérémie: Là, on peut écouter ce que ça donne.
*Enregistrement des voix* : Donc, là, normalement, tu dois m'entendre.
L'animateur écoute et sourit.
*Enregistrement des voix* : Ouais, je suis content, c'est parfait.
Zoom sur l'écran.
*Enregistrement des voix* : Donc, ça fonctionne, on est protégés. Et, en même temps, on arrive à communiquer, donc on arrive à faire notre travail.
*Enregistrement des voix* : C'est aussi simple que cela. Et tu pourrais même avoir un masque, que tu m'entendrais quand même.
Zoom sur l'écran.
*Enregistrement des voix* : Extraordinaire!
Zoom sur l'écran.
Jérémie se tourne vers l'animateur. Ce dernier sourit.
Jérémie: C'est bien ce que tu avais dit?
François-Étienne: C'est bien ça, oui.
Zoom sur l'écran.
François-Étienne: Est-ce qu'il y a d'autres problèmes que la surdité...
Plan serré sur l'animateur dans la salle semi-anéchoïque + gros plan sur le sonomètre.
François-Étienne: ...ou des problèmes auditifs chez les travailleurs qui sont dans le bruit comme ça toute la journée?
Plan serré sur Jérémie, qui hoche la tête.
Jérémie: Oui, effectivement, le problème auditif, c'est majeur, la surdité, parce que c'est irréversible, mais à très court terme, l'exposition au bruit crée aussi beaucoup de stress chez l'individu, beaucoup de fatigue. Les premiers essais qu'on a faits et les premiers témoignages qu'on a eus de testeurs, de travailleurs dans l'industrie qui utilisaient ces produits-là, c'est qu'ils ont dit:
L'animateur regarde Jérémie dans les yeux, attentif.
Jérémie: « Je rentre chez nous, je ne suis plus fatigué et ma femme le dit, je crie moins avec les enfants, je n'ai plus besoin de mettre la télé dans le tapis, etc. » Quand j'ai entendu ça, j'ai dit: « Waouh, c'est exactement ce qu'on voulait. »
Jérémie lève son pouce et sourit.
François-Étienne: Où est-ce que vous en êtes dans le développement? On est plus loin que dans l'étape du prototype, là.
Jérémie: Oui, effectivement, ce que tu as entre les mains, c'est une première présérie, une série de précommercialisation. Il y a un accord de dissolution qui est en place et on devrait avoir ce produit bientôt ou une nouvelle version qui devrait sortir dans moins de deux ans sur toutes les tablettes. Et il y a une troisième fonctionnalité qui sera dans le produit final, c'est l'idée de pouvoir mesurer vraiment la dose de bruit. On a parlé tout à l'heure du fait que le bruit était dangereux lorsqu'il était accumulé. C'est le fait d'être exposé à de forts niveaux pendant de fortes durées qui est dangereux.
Jérémie montre son oreille.
Jérémie: Le problème, c'est: « OK, mais j'en suis à combien en pourcentage? Est-ce que je suis à 90 %, 99 %? Quand est-ce que je m'arrête ? » Donc, c'est ce qu'on a développé avec un projet de recherche avec L'IRSST, l'Institut de Recherche en Santé et Sécurité du Travail, pour vraiment pouvoir mesurer précisément, encore une fois grâce au microphone à l'intérieur, combien d'énergie acoustique a atteint le tympan.
L'animateur mime un bouton volume.
François-Étienne: Donc, avec l'indice, on va avoir le choix de se retirer de l'espace ou prendre une pause.
Jérémie: Ça va être une grande question. Qu'est-ce qu'on va faire? Mais cette fois, on va vraiment voir l'information: « OK, il y a peut-être un petit peu trop de bruit, il faudrait que tu fasses quelque chose. »
Jérémie montre son appareil.
L'animateur hoche la tête. Ils se serrent la main.
François-Étienne: Très bien. Merci beaucoup, Jérémie.
*musique*
L'animateur tourne la tête.
Jérémie: Merci François.
*musique*
Plan extérieur.
Plan serré, l'animateur pose ses coquilles de protection sur la table.
Plan serré sur l'animateur, debout, face à la caméra.
François-Étienne: J'ai un grand privilège. Je fais l'essai d'un outil de protection auditive à la fine pointe de la technologie.
Gros plan sur un bouchon en mousse.
François-Étienne: J'ai nommé... le bouchon en mousse.
Plan qui montre l'animateur et un homme. Gros plan sur un bouchon en mousse.
François-Étienne: On les trouve partout, sur les tablettes, en pharmacie, en quincaillerie.
L'animateur lève les mains comme pour se protéger.
François-Étienne: Je ne fais pas ça seul.
L'animateur se tourne vers l'homme, Hughes, dont le nom et le poste s'affichent à l'écran, sous lui ("HUGHES NÉLISSE", "CHERCHEUR, IRSST")
François-Étienne: Je suis accompagné de Hughes Nélisse, qui est chercheur en bruits et vibrations.
Plan large sur les deux hommes.
François-Étienne: Merci Hughes de m'accompagner là-dedans.
Hughes salue de la tête l'animateur.
Hughes: Bienvenue, bonjour.
François-Étienne: Bonjour. Est-ce que c'est ridicule de faire un test sur des bouchons en mousse ou ça en vaut la peine?
Hughes: Non, ce n'est pas ridicule du tout, ça en vaut la peine parce que ça peut être très efficace, le bouchon en mousse, quand c'est bien porté.
Plan serré sur l'animateur qui lève le doigt, le regard fixe.
François-Étienne: OK. Premier test, le bouchon de mousse.
Il tient en l'air le bouchon de mousse.
Animation, Bandes de couleurs diagonales défilant rapidement à l'écran. "JE L'AI TESTÉ" est affiché en grosses lettres blanches sur un rectangle orangé.
François-Étienne: Le confort, ça va. Moi, l'anneau, ça me dérange.
L'animateur tient un anneau dans les mains.
Gros plan sur une boîte de bouchons. L'animateur prend un autre type de bouchon à même la boîte.
François-Étienne: Je pense que moi, ça serait ça mon bouchon, moi.
Animation. Bandes de couleurs diagonales défilant rapidement à l'écran.
Gros plan sur la main de Hughes, qui lance un enregistrement de bruit sur son ordinateur.
*bruit sourd*
Plan sur l'écran de portable.
Hughes arrête l'enregistrement.
L'animateur s'adresse à Hughes en le regardant.
François-Étienne: Qu'est-ce que tu m'as fait entendre?
Hughes: Je viens de te faire entendre un bruit typique d'usine.
François-Étienne: OK. Qu'est-ce que tu veux que je fasse?
Hughes se tourne vers l'ordinateur tout en parlant.
Hughes: Là, je vais refaire jouer le son, puis je vais l'ajuster (*Hughes mime un mouvement vers le bas avec ses mains) et tu me diras quand tu ne l'entends presque plus.
L'animateur hoche la tête.
François-Étienne: OK.
Hughes: Et après ça, je te ferai mettre des bouchons et on refera la même opération.
Hughes lance l'enregistrement.
François-Étienne: Parfait.
*bruit sourd*
Hughes baisse progressivement le son.
Gros plan sur le bouton volume du haut-parleur.
Plan sur l'écran de portable qui enregistre les décibels.
L'animateur a les mains levées.
François-Étienne: Pour moi, c'est à zéro.
Hughes arrête l'enregistrement.
Hughes: Parfait.
Hughes montre les bouchons sur la table.
Hughes: Là, on va mettre des bouchons.
L'animateur s'en saisit. Il les met.
François-Étienne: OK.
Hughes: C'est bon? Là, je vais le monter...
Hughes se dirige vers les haut-parleurs.
Hughes: ...puis tu me dis quand tu l'entends.
François-Étienne: Parfait.
Gros plan sur Hughes, qui monte le volume. *bruit sourd*
Plan sur l'écran de portable qui enregistre les décibels.
François-Étienne: Là.
Hughes: C'est bon?
Hughes arrête l'enregistrement et se redresse.
Hughes: C'est bon? Là, je n'ai pas dû monter beaucoup parce que tes bouchons ne sont pas très bien portés.
L'animateur retire ses bouchons.
François-Étienne: C'est bon, c'est moi, ça. Tout à fait moi.
L'animateur rit.
François-Étienne: Comment on installe efficacement des bouchons?
Hughes montre le bout de ses doigts.
Hughes: Ce qu'il faut que tu fasses...
Gros plan sur l'animateur qui roule le bouchon entre ses doigts.
Hughes: ...c'est que tu les roules entre tes deux doigts. Tu les mets en petits cigares et après ça, (*Hughes passe une main derrière la tête) tu te rentres ça dans l'oreille en tirant le pavillon à l'arrière, (*Plan serré sur l'oreille de l'animateur. Il glisse le bouchon à l'intérieur) comme ça. Et tu laisses ça expandre dans ton oreille.
L'animateur maintient le bouchon dans son oreille.
François-Étienne: Je les tiens là en position?
Hughes: Oui, pendant à peu près trente secondes.
Plan sur la main de Hughes sur le haut-parleur.
Hughes: Là, je vais refaire le bruit, tu vas me dire quand tu l'entends.
Hughes tourne le volume progressivement.
François-Étienne: OK.
*bruit sourd*
Plan sur l'écran de portable qui enregistre les décibels.
François-Étienne: OK.
Hughes: Là, tu viens de me dire que tu l'as entendu, mais tu l'as entendu à peu près 10db de plus que quand tes bouchons étaient moins bien insérés. Tu vois, juste le fait que tu as mieux inséré tes bouchons, tu es mieux protégé par rapport à la situation avant.
L'animateur fait des gestes tout en posant une question.
François-Étienne: Donc, pour des travailleurs dans une usine, par exemple, des bouchons comme ceux-là, en mousse, c'est efficace.
Hughes fait des gestes avec les mains.
Hughes: C'est efficace si les gens les portent tout le temps. S'ils sont bien installés, qu'on les porte en permanence, sans ne jamais les retirer, c'est assez efficace, même très efficace.
Plan serré sur Hughes, qui repose le matériel sur la table.
François-Étienne: Sinon, les autres solutions, c'est quoi, des coquilles?
Hughes: Ça peut être des coquilles, il y a des coquilles, ou encore des bouchons ou des coquilles avec des systèmes électroniques plus sophistiqués.
François-Étienne: OK. Donc, on fait ça comme deuxième test, des coquilles?
Hughes: Oui, on peut faire ça.
François-Étienne: Test numéro deux, les coquilles.
L'animateur se tourne vers la caméra et montre « deux » avec ses doigts.
*musique joyeuse*
"TEST #2" apparaît en surimpression sur l'écran.
L'animateur prend des coquilles sur la table.
L'animateur met le casque sur sa tête.
*bruit sourd*
Il se tourne vers Hughes.
Plan sur l'écran de portable qui enregistre les décibels. Il montre 95,2 dB.
François-Étienne: Oui, c'est drôlement efficace.
Plan au ralenti, l'animateur retire le casque.
Hughes: Oui, c'est assez efficace.
L'animateur prend le casque et montre le côté.
François-Étienne: Il y a un chiffre sur le côté, qu'est-ce que ça signifie?
Hughes: Oui, ça en fait, cette compagnie-là met un chiffre (*Gros plan sur la coquille du casque, l'animateur le montre du doigt) ici 101. Ce sont des coquilles qui seraient faites pour du bruit à 101dB, donc ce sont des coquilles qui sont assez efficaces.
L'animateur le regarde et hoche la tête.
François-Étienne: Oui, c'est beaucoup de bruit.
L'animateur sourit.
Hughes: 101dB, c'est beaucoup de bruit, oui.
Plan plus large sur les hommes.
Hughes hoche la tête, fronce les sourcils, rapproche ses mains de la tête au niveau des oreilles.
François-Étienne: Par contre, j'imagine que porter ça huit heures par jour, ça peut donner chaud.
Hughes: Oui, ça peut donner chaud, ça sert la tête, ça peut interférer avec des lunettes.
Gros plan sur le casque.
Hughes: Cependant, les côtés pratiques, c'est qu'on peut les enlever facilement, quand on a des gants, on les enlève facilement et on les remet facilement, contrairement aux bouchons.
Hughes mime le fait de retirer un casque et de le mettre.
Hughes regarde ses doigts et fait semblant d'avoir des bouchons dans les mains.
Hughes: Il faut toujours les manipuler, on peut avoir les mains pleines de graisse et tout ça, c'est plus compliqué. Il y a des avantages et des inconvénients avec l'un ou l'autre et ça dépend de ce qu'on fait comme tâche, ça dépend aussi de nos préférences.
L'animateur pose le casque et prend un bouchon moulé.
François-Étienne: Dans les autres solutions (*Plan serré sur le bouchon moulé sur mesure), tu as apporté ça. Ce n'est pas un jujube, ça.
Hughes hoche la tête.
Hughes: Non, ce n'est pas un jujube, malheureusement.
L'animateur rit.
Hughes: C'est un bouchon moulé sur mesure.
Gros plan sur le bouchon moulé sur mesure.
Hughes: L'idée, c'est d'avoir des bouchons qui vont prendre la forme de ton conduit auditif. Ce sont des gens et des compagnies qui viennent en entreprise, ils font une empreinte de ton oreille et ils repartent, deux, trois semaines après ils t'envoient ça et ça épouse ton conduit et c'est en principe plus confortable.
L'animateur repose le bouchon.
François-Étienne: J'allais le dire, la question de confort doit être réglée avec une affaire de même.
L'animateur se tourne vers Hughes.
François-Étienne: C'est ce que je retiens, Hughes, dans ce test-là, on dirait que ce qu'il faut faire, c'est essayer les différents outils.
Hughes hoche la tête.
Hughes: Il faut en essayer plusieurs, essayer des coquilles, essayer des bouchons, trouver lequel on va trouver le plus confortable, mais aussi s'assurer qu'on le porte toute la journée le plus possible.
François-Étienne: C'est de se protéger.
Les deux hommes se serrent la main.
Hughes: Voilà.
François-Étienne: Merci beaucoup, Hughes.
L'animateur retient Hughes.
Hughes: De rien.
François-Étienne: Juste en terminant, tu as autre chose que des bruits d'usine dans ton ordinateur?
Hughes: J'ai de la musique.
François-Étienne: Ah, de la musique, oui. Oui, je veux bien.
Hughes se penche et lance un enregistrement musical.
*musique funk*
François-Étienne: C'est quand même mieux.
Ils secouent leur tête au rythme de la musique.
*musique*
Animation introduisant le segment "FACTEUR HUMAIN AVEC NEEV". Un homme apparaît à droite, les bras croisés et regardant vers la gauche.
Plan d'ensemble sur quatre hommes assis sur des chaises, tous campés par le même acteur.
Neev 3: Bonjour à tous et bienvenue à cette première formation sur les risques du bruit en milieu de travail.
Le premier Neev fait signe qu'il n'entend pas.
Neev 4: Quoi?
Neev 1: Je n'entends pas.
Plan serré sur le Neev 3 (animateur) qui parle plus fort.
Neev 3: Bonjour à tous et bienvenue à cette première formation sur les risques du bruit en milieu de travail.
Les trois autres font signe de parler plus fort.
Neev 1: Plus fort! Sérieux, plus fort.
L'animateur prend un air dépité. Il parle encore plus fort.
Neev 3: Bonjour à tous et bienvenue à cette première formation.
Les 3 autres Neev: AH!
L'animateur se tourne vers le premier homme.
Neev 3: On a Marc-André qui est machiniste.
Neev 1: Salut.
L'animateur se tourne vers le deuxième homme, à sa droite.
Neev 3: On a DJ Dream, qui est DJ.
L'animateur se tourne vers le quatrième homme, qui est à sa gauche.
Neev 3: Et on a Gérald qui est dans le sciage de béton.
Neev 4: Tu peux m'appeler Jerry, il n'y a que ma mère qui m'appelle Gérald.
Plan serré sur l'animateur qui fronce le regard.
Neev 3: Ce qui va être important…
Neev 4: Quoi?
Neev 1: Il te dit que si tu veux skier, il est partant.
Neev 2: Tu veux du whisky blanc?
Le quatrième homme lève les bras en l'air, visiblement agacé.
Neev 4: Ça me change quoi qu'il vive dans un rang?
L'animateur s'adresse aux trois hommes.
Neev 3: Non, messieurs. Ce qui va être important…
Le quatrième montre de l'incompréhension.
Neev 4: Des gants dans un ring?
Le premier homme aussi.
Neev 1: Où est-ce qu'on va skier?
L'animateur regarde autour de lui, incrédule.
Neev 2: Je suis partant pour un drink!
Les trois hommes autour de l'animateur s'agitent, parlent les uns par-dessus les autres.
[cacophonie]
L'animateur les regarde, perplexe. Il croise les bras et jette sa tête en arrière de découragement.
Plan de pied qui montre Neev-animateur avec des coquilles de protection. Il sourit.
Neev: Quand tu n'es pas capable de retenir le bruit à la source, protège tes oreilles. Parce ce qu'eux, ils ne l'ont pas fait.
Apparition d'un cercle orangé en coin droit de l'écran, dans lequel on peut lire les mots "APPROUVÉ par FACTEURS DE RISQUE"
Neev-animateur met les coquilles sur ses oreilles.
Les trois hommes s'agitent, sans l'animateur.
[cacophonie]
*musique*
Signalétique de zone en travaux.
*musique*
L'animateur s'adresse face à la caméra, souriant.
François-Étienne: Travailler dans le bruit, c'est inévitable et c'est la réalité de bien du monde. Mais il y a de nouvelles façons de faire pour diminuer le problème et protéger les travailleurs.
Plan plus large, il est debout, devant une grande fenêtre.
François-Étienne: Je rêve du jour où il n'y aura plus personne qui perdra l'audition à cause de son travail. On est loin de là, mais il y a bien du monde qui travaille pour qu'on y arrive (*Il lève le doigt vers son oreille) et ça, c'est doux à mes oreilles.
*musique*
Générique de fin.