Réduire les GES et les coûts énergétiques en réutilisant la chaleur dégagée par les serveurs 

Un projet réalisé en collaboration avec des chercheurs de l’ÉTS

11 janvier 2022
Danielle Montfet et Didier Haillot
Danielle Montfet et Didier Haillot.

Réutiliser la chaleur dégagée par les serveurs pour alimenter des serres, tout en réduisant l’émission des gaz à effets de serre et la consommation d’énergie… Cela vous semble trop beau pour être vrai ?

Eh bien, Danielle Monfet et Didier Haillot, tous deux chercheurs en génie à l’École de technologie supérieure de Montréal (ÉTS), ont collaboré à un projet-pilote visant à récupérer la chaleur dégagée par un centre de données afin de chauffer une serre expérimentale sur la Côte-Nord. Et les résultats sont très encourageants. 

Chapeauté par la Société d’aide au développement de la collectivité (SADC) Manicouagan, ce projet-pilote a été réalisé en collaboration avec le Centre d’expertise et de développement de la forêt boréale (CEDFOB) du cégep de Baie-Comeau. C’est l’entreprise Argo Blockchain qui a mis ses serveurs à disposition. 

Les deux chercheurs de l’ÉTS ont été responsables d’estimer la quantité de gaz à effets de serre (GES) que ce projet-pilote a évité de rejeter dans l’air. « De façon plus concrète, des modèles numériques du comportement thermique de la serre nous ont permis de comparer la quantité de GES émise par une serre conventionnelle, chauffée au gaz propane, avec une serre alimentée par la chaleur d’un centre de données », explique le professeur Haillot. Cela dit, pour pouvoir utiliser cette chaleur qui, autrement, aurait été perdue, il a fallu la rehausser de quelques degrés en recourant à une thermopompe. 

Malgré cette opération, les données se sont avérées très concluantes : la serre alimentée par le centre de données émettrait 91 % moins de GES qu’une serre conventionnelle. Une fois couplée à un système de stockage, la thermopompe permettrait de réduire la consommation annuelle d’énergie de 66 % comparativement à une fournaise au gaz. 

Soulignons toutefois que cette étude n’est valable que pour une serre conventionnelle qui serait chauffée au propane. En effet, les résultats pourraient différer si la serre était chauffée au moyen d’une autre source d'énergie, telle que le solaire, l’éolien ou le gaz naturel, par exemple. Une étude économique approfondie devra donc être réalisée pour étudier le potentiel de ce projet-pilote.

Il s’agit donc d’une bonne nouvelle pour les populations vivant dans des régions éloignées, qui doivent composer avec des difficultés d’approvisionnements alimentaires. Sans compter que l’approvisionnement énergétique de ces territoires repose souvent sur les énergies fossiles qui génèrent aussi des gaz à effets de serre. Imaginez les possibilités : des bâtiments et – pourquoi pas – des quartiers entiers pourraient réutiliser la chaleur des nombreux centres de données qui se trouvent sur leur territoire, ce qui contribuerait, par le fait même, à réduire de manière importante leur empreinte écologique. 

Voilà une nouvelle qui sème un peu d’espoir en ce début d’année 2022, n’est-ce pas?

Chantal Crevier

Service des communications et du recrutement étudiant

514 396-8800, poste 7893

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