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Calculer la qualité de transmission

Bassant Selim est inspirée par les calculs, les formules et les nombres infinis

6 octobre 2022
Bassant Selim
Bassant Selim, professeure au Département de génie des systèmes.

Certains sont tombés dans la potion magique quand ils étaient petits, d’autres dans les maths. Ces irréductibles comprennent avant même de savoir, c’est dans leur nature. Bassant Selim, professeure au Département de génie des systèmes, fait partie de ces êtres inspirés par les calculs, formules et nombres infinis. « Je n’avais pas besoin d’apprendre les règles. Ça venait tout seul. » Pour Bassant, les mathématiques représentent un univers sans frontières où les possibilités se multiplient grâce à la technologie qui avance à pas de géant.

Quand les maths mènent au génie

Née aux Émirats arabes unis, Bassant Selim grandit à Montréal jusqu’à son adolescence. Puis, ses parents décident de retourner en Égypte, leur pays d’origine. Bassant Selim entreprend alors son baccalauréat à l’Université française d’Égypte et opte pour le programme en génie électrique. Pourquoi? « Parce que c’est très, très fort en maths! », répond-elle d’emblée.

Une entente entre l’Université française d’Égypte et l’Université Pierre et Marie-Curie à Paris facilite la transition de Bassant Selim vers ses études de maîtrise où elle axe sa recherche sur les systèmes communicants. Elle choisit l’Université Khalifa aux Émirats arabes unis pour ses études au doctorat.

Son directeur de thèse, Sami Muhaidat, lui offre un encadrement souple où Bassant apprend à développer son autonomie. Ses travaux portent sur la qualité de transmission des canaux radio de communication. En effet, plusieurs phénomènes peuvent nuire aux transmissions radio, notamment l’atmosphère, la distance entre le transmetteur et le récepteur ou encore des obstacles. La modélisation sert à évaluer la performance des composantes du système. La puissance émettrice est-elle suffisante? Telle modulation ou telle donnée ont-elles été reçues correctement? « L’analyse du taux d’erreur repose sur des opérations mathématiques complexes. Et la majorité du temps, on se retrouve avec une intégrale qu’on ne peut pas résoudre. » La jeune doctorante propose donc un mélange de gaussienne pouvant modéliser n’importe quel type de canal. Elle obtient son doctorat en 2017.

Un double parcours en IA et télécommunications

Bassant Selim décide de poursuivre sa carrière à Montréal, une ville qu’elle connait bien puisqu’elle y a grandi, et où l’horizon dans son champ d’expertise semble plus vaste, particulièrement pour une femme. Son directeur de thèse l’encourage vivement à suivre cette voie. Elle effectue deux stages postdoctoraux au sein de l’ÉTS, un premier en partenariat avec Hydro-Québec et un second avec le géant des télécommunications Ericsson. Son double parcours en intelligence artificielle et en télécommunications s’avère un atout. Au bout de deux mois, Ericsson la recrute pour son centre d’innovation GAIA, un accélérateur d’intelligence artificielle mondial. Bassant y restera deux années. Le département où travaille la jeune chercheuse regroupe une trentaine d’experts qui ont pour mission d’accélérer l’intégration de l’intelligence artificielle dans les produits et services d’Ericsson. L’équipe dont fait partie Bassant Selim développe cinq solutions technologiques qui seront brevetées. Bassant est l’inventrice principale de la solution en lien avec la réduction d’interférences par intelligence artificielle.

Contribuer là où je veux contribuer

Malgré une certaine tristesse de devoir quitter ses collègues et un travail valorisant chez Ericsson, Bassant accepte le poste de professeure adjointe à l’ÉTS. Déjà toute petite, elle rêvait d’enseigner. « J’aime expliquer ce que j’ai compris. » À l’ère des objets connectés, des systèmes intelligents et de l’industrie 4.0, la communication est au cœur de ce nouveau paradigme.

Elle se joint donc au Département du génie des systèmes de l’ÉTS. Transmettre ses connaissances aux futurs ingénieurs et ingénieures lui semble essentiel. « C’est un monde complexe, et l’information provient d’une multitude de sources », précise Bassant. L’enseignement nourrit les esprits motivés, mais la curiosité d’examiner des pistes inédites aboutit souvent à l’invention. La professeure Selim compte bien pousser ses étudiants et étudiantes dans ce sens.

Comprendre d’où ça vient

Accéder au savoir exige d’abord de comprendre. Cette sensibilité est nécessaire dans l’univers de la recherche. « Quand j’enseigne, je m’efforce de prouver ce que j’explique. Je n’aime pas donner uniquement des énoncés théoriques. » Bassant vise à ce que les étudiantes et étudiantes soient capables de déduire par eux-mêmes la théorie. Elle les encourage à analyser les problématiques afin de repérer des solutions.

Le paysage technologique en pleine mutation

L’internet des objets, les métasurfaces intelligentes, les technologies quantiques, la 6G, tant de directions possibles, et Bassant désire les expérimenter avec ses élèves. Chose certaine, Bassant Selim a la ferme intention de laisser sa trace. « J’aimerais vraiment créer quelque chose qu’on utilise, qui a un impact. » Reconnue pour son expertise pointue dans le domaine des télécommunications et de l’IA, elle poursuit ses recherches pour minimiser les pertes de signal dans la chaîne de transmission radiofréquence, et ainsi, augmenter la fiabilité des systèmes critiques.

Quel son aura l’avenir? Si on se fie à Bassant Selim, la communication sera instantanément claire et limpide, n’importe où et en tout temps.

Service des communications et du recrutement étudiant (SCRÉ)

Chantal Crevier 

514 396-8800, poste 7893

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