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Développer des technologies durables en santé

Ali Ahmadi, professeur au Département de génie mécanique

8 septembre 2022
Ali Ahmadi
Ali Ahmadi.

Pourquoi les objets bougent-ils et comment peut-on les manipuler ? En quête de réponses à ces questions, Ali Ahmadi s’est intéressé à la mécanique dès l’âge de quinze ans.

Suivant sa passion, Ali obtient une maîtrise en génie mécanique de l’Université de Téhéran en 2007, et quatre ans plus tard, un doctorat de l’Université de la Colombie-Britannique. Sa thèse de doctorat porte sur la modélisation électrohydrodynamique du mouvement des microgouttelettes dans les systèmes microfluidiques numériques.

La craie qui déclencha une carrière

L’avenir professionnel d’Ali Ahmadi s’est défini d’une manière assez étrange. Un jour, après ses cours à l’Université de Téhéran, il voit son célèbre professeur, Dr Nikkhah, le manteau couvert de craie, l’air fatigué, mais heureux. « C’est là que j’ai réalisé : oui, c’est cette carrière que je veux. Je veux enseigner dans une université. Je veux faire de la recherche et devenir membre du corps professoral. »

Et son vœu s’est exaucé. En 2013, Ali Ahmadi devient associé de recherche et chargé de cours à l’école de génie de l’UBC, puis, en 2016, professeur adjoint de la faculté de génie de conception durable de l’UPEI.

Le changement climatique… au cœur des huîtres

M. Ahmadi a grandi au bord de la mer Caspienne et a vécu à l’Île-du-Prince-Édouard. Constater l’impact du changement climatique sur les zones côtières l’a amené à considérer l’aspect de la durabilité dans sa recherche, plus précisément, la corrélation entre le changement climatique et le bien-être des huîtres.

À l’UPEI, Ali et ses pairs ont mis au point un capteur pour surveiller les battements de cœur des huîtres. Ils ont découvert que dès que les huîtres ressentent un changement dans la salinité ou la température de l’eau, leur rythme cardiaque se modifie. « On ne peut maîtriser la qualité de l’eau, mais on peut surveiller ses effets sur l’activité métabolique et le bien-être des huîtres », conclut-il. Les résultats de ces recherches sont inestimables pour ce qui est d’accroître le potentiel de l’aquaculture.

Une vie plus saine grâce à la technologie

En mai 2022, Ali Ahmadi se joint à l’ÉTS à titre de professeur au Département de génie mécanique. « L’ÉTS offre de grandes opportunités. C’est un établissement très orienté vers l’industrie, et beaucoup de mes recherches sont liées à l’industrie. De plus, il y a bien des chercheurs à l’ÉTS qui voient des synergies dans mes projets », explique Ali.

M. Ahmadi se définit comme un développeur de technologies ciblant les problèmes de santé. Il estime que la santé est l’enjeu de société le plus important. « Si on a une société en bonne santé, tout ira bien. J’espère pouvoir contribuer au développement de technologies pour la santé de nouvelle génération, qui pourront améliorer notre qualité de vie, afin de vivre plus heureux et en meilleure santé. »

Actuellement, le chercheur travaille sur deux fronts : la microfabrication et la biofabrication.

Dans l’environnement exempt de poussière des salles blanches, Ali Ahmadi et ses pairs fabriquent des microdispositifs pour la culture bactérienne, une excellente source de composés bioactifs et de médicaments. Ces dispositifs facilitent la découverte de médicaments en hébergeant, nourrissant et cultivant des bactéries. Il aspire à s’associer à des collègues du Centre de recherche du CHUM pour poursuivre ses recherches.

Dans le domaine de la biofabrication, les champs de recherche de M. Ahmadi portent sur la bioimpression 3D et 4D, où le quatrième D fait référence au temps. Il travaille sur des technologies de bioimpression qui permettent de modifier matériaux et concepts après leur impression. Ali utilise des imprimantes 3D à deux photons et un mécanisme novateur qui distribue les biomatériaux par vaporisation. Mis au point avec ses étudiants, le mécanisme est en attente de brevet.

Une partie de ses recherches porte sur les mécanismes de libération de médicaments et les méthodes permettant de les administrer à un moment précis dans des zones spécifiques. Imaginez : dans un avenir proche, les gens n’auront plus à craindre d’oublier leurs médicaments ou de s’administrer une injection trois fois par jour, car le système sera suffisamment intelligent pour savoir où et quand administrer le médicament.              

Enseignement ou recherche : un choix difficile

Lorsqu’on lui demande où il se voit dans dix ans, soit en enseignement ou en recherche, Ali sourit et soupire : « C’est une question très difficile. » En fait, il aime les deux passionnément.

Ali avoue que lorsqu’il entre dans le laboratoire, il se sent heureux et détendu. Il en va de même lorsqu’il entre dans une salle de cours : il ne voit que ses élèves et oublie tout le reste.

En tant que professeur, il considère que sa responsabilité première est de s’assurer que tous ceux qui assistent à ses cours y trouveront leur compte, quel que soit leur vécu.

Ali Ahmadi encourage les étudiants motivés à se joindre à son laboratoire de recherche. « Je suis passionné par le développement durable de technologies pour la santé. Ceux qui partagent cette passion sont les bienvenus dans mon équipe. »

De langues et d’héritage

Ali Ahmadi parle farsi, mazandarani, anglais, un peu d’arabe et apprend le français pour mieux comprendre la culture québécoise. « Quand on connaît plusieurs langues, on comprend mieux les multiples cultures, les multiples façons de penser, ce qui aide dans le contexte de la recherche », affirme-t-il.

Sur le plan professionnel, Ali Ahmadi considère la formation comme l’un des aspects les plus importants de son travail. La réussite de ses étudiants est sa plus grande fierté. Ali leur demande toujours de lui dire quand ils obtiennent un nouvel emploi, un diplôme ou une promotion, car il en tire une grande joie. « J’espère que ce sera mon héritage : qu’on se souviendra de moi comme de quelqu’un qui a su former de très bons étudiants. »

Service des communications et du recrutement étudiant (SCRÉ)

Chantal Crevier

Conseillère en communication 

514 396-8800, poste 7893

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