Développement d'une méthode mécanique de caractérisation de la souplesse des gants de protection


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Développement d’une méthode mécanique de caractérisation de la souplesse des gants de protection, validée par des mesures d’électromyographie de surface et des tests psychophysiques.

Aucune méthode de test standard n’est actuellement disponible pour mesurer la souplesse des gants, un paramètre majeur déterminant le port des gants par les travailleurs et l’impact de ces gants sur l’aptitude à la réalisation de tâches par ceux-ci. Une méthode mécanique biaxiale de caractérisation de la souplesse des gants de protection, le test de la double courbure, a été développée de manière à simuler les sollicitations subies en service par ceux-ci. Une caractérisation de la souplesse de vingt-huit modèles de gants de protection sélectionnés de manière à couvrir un large éventail de degrés de souplesse (du plus souple au plus rigide) a été effectuée selon deux grandes catégories de tests : des tests mécaniques exécutés sur bancs d’essais, dont ce test de la double courbure, et le test Kawabata, et des tests avec sujets humains (qui prennent en considération l’influence possible de l’interface main-gant), dont un test de perception et un test biomécanique par électromyographie de surface.

Des corrélations élevées ont été obtenues entre les critères mécaniques et les deux critères mesurés chez les sujets humains, ce qui suppose que le rôle joué par l’interface main-gant n’est pas très important, du moins pour le type de tâche étudiée (prise globale). Comparativement au test Kawabata, le test de la double courbure a démontré les meilleures corrélations avec les tests de perception et biomécanique. Ce test de la double courbure, en plus d’apporter essentiellement la même information que les tests impliquant des sujets humains, est beaucoup plus simple à mettre en place, requiert moins de ressources (moins coûteux), et est plus sensible aux différences fines en terme de souplesse.

Les résultats de ces travaux ont fait l’objet d’un rapport publié par l’IRSST, de deux articles dans des revues scientifiques internationales plus un autre en cours d’évaluation, et de trois articles dans des comptes-rendus de conférences. Ces résultats servent également de source pour les travaux du comité F-23 sur les vêtements de protection de l’ASTM pour le développement d’une nouvelle norme. Ces travaux ont été réalisés en collaboration avec des chercheurs des champs Équipements de protection et Réadaptation de l’IRSST ainsi qu’avec l’équipe du professeure Sylvie Nadeau de l’ÉTS.